Texte du Convent 2021, par le GM Roby Vandaele

Convent du 3 octobre 2021

Hommage à Paul Lippinois

Gentes Dames, nobles Seigneurs, et vous tous amis de Mouscron et de la Confrérie des Baillis,

Mais il nous faut hélas trop souvent précéder ce moment heureux et joyeux de la vie de notre confrérie, par le rappel douloureux du décès de l’un ou l’autre de nos membres. Or voilà déjà 2 années écoulées depuis notre dernier Convent, et 2 années que la Grande Faucheuse, elle, n’a pas arrêté sa funeste besogne.

C’est ainsi que fin 2019, le 8 novembre exactement,  à peine avions-nous refermé le livre de notre 45ème Convent  que nous apprenions le décès d’un membre éminent de notre Confrérie : notre grand ami Paul Lippinois, Bailli titulaire de notre Ordre.

Paul était notre aîné, un sage admiré et  aimé de tous.

Nommé Bailli d’Honneur en 1981, et  devenu Bailli titulaire de notre Ordre des Baillis il y a 28 ans, il en était devenu bien plus que la mémoire.

Son intelligence, sa prestance, son élégance, ont marqué plus d’une génération de Baillis.

Mais c’est surtout son incroyable jeunesse qui nous fascinait tous.

Il aimait participer activement à toutes nos activités,  où tous les âges, toutes les opinions s’entremêlent.

Lors de nos agapes amicales, il se prêtait sans qu’on l’y force à nous délecter de couplets traditionnels, puisés au plus profond de ses racines dottigniennes, sûr qu’il était du succès que ses refrains emporteraient.

Mais Paul savait aussi se souvenir avec tact et éloquence d’amis disparus :

A ces moments-là, rappelant qu’il avait plus de 2000 fois assisté une maman à la merveilleuse aventure de la naissance, son message était plus fort que tout : croire en la vie, en son renouveau, son éternel recommencement.

Cher docteur, cher Bailli Titulaire, cher Paul, merci de nous avoir appris à renaître chaque jour.

Comme un signe du destin, une envie d’amour continu et éternel, ton épouse Edwige t’a rejoint seulement quelques mois plus tard.

En hommage à ce couple qui a marqué l’existence de bon nombre de mouscronnois, levons-nous quelques instants.

Hommage à Jean-Marie Baelen

L’an dernier, le 7 novembre, quasi jour pour jour un an après le décès de notre ami Paul Lippinois, c’est un autre membre éminent de notre confrérie, Jean-Marie Baelen, qui brusquement disparaissait.

Jean-Marie était très actif comme indépendant au sein de son union professionnelle, et fut, à ce titre décoré en 2007, en même temps que son illustre concitoyen, Alfred Gadenne.

Il aimait sa Ville et fut d’ailleurs l’un des initiateurs de la fête des Hurlus.

Grand officier de notre Ordre, il était d’un naturel optimiste et joyeux.

Grand amateur de photographie, Jean-Marie était très présent à toutes nos manifestations, même quand sa santé l’obligeait à se déplacer en voiturette. Rien ne l’arrêtait, pas même les escaliers !

Pour nous Baillis, son souvenir restera au travers des centaines de photos témoignant aujourd’hui de nos activités, mais aussi de son talent, comme une signature toute personnelle de son long parcours.

En ce jour de fête il nous revient comme un flash, il nous manquera, et Francine, son épouse, sait combien lui revient notre sympathie pour elle et ses enfants.

Hommage à Emmanuel Mahieu

Avant de refermer cette trop longue page d’hommage à nos amis disparus, il me faut rappeler le décès d’un autre ami, d’un autre artiste, mais dans l’écriture cette fois, un ami d’enfance en ce qui me concerne : Emmanuel Mahieu, décédé le 9 octobre 2020, après une longue maladie.

Officier de notre Confrérie, docteur en littérature, enseignant, Manu était homme de lettres par excellence, écrivain et poète de renommée internationale, lauréat de nombreuses distinctions, publié tant en Français qu’en Anglais, et même en chinois.

Comme l’écrivait délicatement un journaliste lors de son décès : » Manu nous laisse, ainsi qu’à son épouse Claudette et sa famille, des souvenirs joyeux, de la tendresse et des livres à lire et à relire ».

Son dernier livre s’intitulait » voyages », sans doute prémonitoire de la découverte d’un autre monde.

En hommage à nos 3 amis disparus qui ont porté fièrement les insignes de notre Confrérie, levons-nous quelques instants

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Gentes dames, nobles Seigneurs,

Voilà plusieurs années que nous, Baillis de Mouscron,  sommes sans domaine fixe, certains diront même SDF.

Après le château des Comtes de nos aïeux, l’hôtel de ville et la maison picarde de nos aïeuls, s’en suivit l’église de nos Pères et du bon Dieu, mais un seul lieu n’avait pas encore enregistré l’émoi de nos mises à l’honneur : le Staquet pardi ! et bien, nous y voilà !

Si vous saviez le bonheur que j’éprouve en vous accueillant dans ce lieu magique !

Ouvrir avec vous la belle histoire de la 46ème édition de notre Convent, on finissait par ne plus y croire !

Oh, il est vrai que les circonstances nous y ont quelque peu contraints, mais quelle magnifique aubaine ! quel symbolique appel ! Quel coup de théâtre !

Et le théâtre ! Parlons-en du théâtre !

Le dramaturge français Henry Bataille disait : « Regarder, c’est être peintre. Souffrir, c’est être poète. De l’union de la plastique et de l’âme, on peut faire naître le plus bel art vivant intégral : le théâtre ! ».

Oui, le théâtre a souffert durant ces mois de confinement et tant les acteurs que le public ressentent profondément ce manque de communier en un lieu où, comme disait Louis Jouvet, « le monde visible et le monde invisible se touchent et se heurtent ».

Car oyez braves gens et sachez, que notre bonne ville de Mouscron est fière de compter pas moins de 9 troupes de théâtre amateur, qui ont besoin de votre soutien, de notre soutien.

Et plus que jamais, si nous voulons réellement aider au rebond des activités théâtrales, si nécessaires à notre propre santé, rien n’est plus simple : répondons présent à leur appel et allons les écouter, les voir et nous combler d’émotions avec eux !

Car n’oublions pas cette évidente citation de Molière : « le théâtre n’est fait que pour être vu ».

A notre façon, c’est grâce à la complicité de mes chers amis baillis titulaires, professionnels de la scène, que nous essayons nous aussi d’accompagner de quelque faste théâtral nos éloges aux nouveaux promus.

Alors avant même que d’y procéder, entamons ce Convent  en associant toutes les troupes de théâtre amateurs de Mouscron, et frappons aujourd’hui les 3 coups : le premier pour nous réveiller tous de ce mauvais rêve pandémique, le deuxième pour que nos théâtres revivent, et le troisième pour en donner le signal de départ.

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Cher ami Christian Debaere, toi l’acteur, le metteur en scène, le directeur, toi qui les connais tous, de ton bel organe, sois leur porte- voix, et en leur faisant honneur, en lieu et place de nos habituels intermèdes musicaux ponctuant nos adoubements, tu nous conteras le parcours de ces troupes qui nous ont tant manquées cette année et que nous avons hâte de retrouver aux 4 coins de notre bonne ville de Mouscron dès la saison prochaine.  

1ère salve de textes sur les théâtres amateurs de Mouscron.

Cher Grand Maître ô combien vénéré

Laissez-moi, je vous prie, des théâtres par vous cités

Faire en quelque sorte l’apogée

Et vous dire pourquoi les respecter.

Tout à l’heure vous parlâtes du Sieur Paul Lippinois,

Dottignien pur jus comme il se doit.

Eh bien, à Dott’gnies, ils ne font rien à moitié

Et ce n’est pas moins de deux troupes qu’il faut compter :

A ma gauche, le théâfanfare, emmené par l’un des frères Moré

Et, à vrai dire le moins énervé,

Pierre, tel est son nom, qui sut en quelques saisons

Amener ses gamins vers des contrées, des horizons

Que nul autre ici présent n’aurait osé affronter

Ils vont, tous les mardis en soirée

Du classique au nouvel espiègle

De Shakespeare, Molière à Jean-Pierre Allègre

Rien ne les rebute, rien ne les arrête

C’est avec plaisir qu’ils ingurgitent les textes et leurs arêtes !

A ma droite, l’autre frère Morest emmène sa troupe

Le cabaret dottignien, qu’il a sous sa coupe,

Adopte, eh oui, nos parlaches

Souvenez-vous « si t’es d’ichi, parle comme ichi »

Cela est devenu en quelque sorte leur adache

Leur marque de fabrique, leur  chichi?

La seule chose vraiment que par malheur il pourrait qu’il advienne

C’est qu’ils ne puissent terminer leur cabaret par la dottignienne…

Puisque de langue endogène nous parlons,

Permettez, grand maître, que de leur grand frère je clame le renom

La Cie Marius Staquet, puisque maintenant tel est son nom,

Emmenée de main de maître par un homme

Dont la plus grande qualité, finalement, tient dans le prénom

Derycke Christion,

Oui, c’est lui, god verdomme !

C’est lui qui, à la suite de Marius, bailli d’entre les baillis,

Emmena sa troupe cueillir plusieurs prix :

Dont le très convoité prix du Roi avec sa pièce « Carnaval »

La seule pièce pas drôle, ce n’est pas banal …

Eh oui car si le garçon n’a pas toujours tous les rayons

Bien placés sur son biclou

Par contre, il a plus d’une corde à son biniou !

(oui, Grand maître, ceci est un private joke

Entre le Bailli Derycke, son vélo et moi)

Je vois, grand maître l’heure qui tourne et votre œil qui frise

Ou le contraire…

Et je m’en vais donc continuer si l’affaire m’est permise.

… Dans Quelques instants…

Intronisation par le GM de Gonzague DELBAR comme bailli titulaire

Nobles Seigneurs et Gentes dames,

Certes les grades hiérarchiques de notre Ordre n’ont que valeur symbolique.

Il n’empêche que les marches s’y gravissent au rythme de la reconnaissance plus qu’à celui de l’âge.

Ainsi donc le grade suprême, celui de Bailli titulaire, n’est attribué qu’à 12 de nos membres, chacun se voyant octroyer la bienveillante surveillance d’un fief, lequel ne se transmet que par décès, ou plus récemment par démission, tel le cas de notre ami Pierre Dekimpe, qui comme Benoît 16 a préféré laisser à successeur plus jeune une charge qu’il estimait devenue trop lourde, tout en gardant pleine vie et  honneurs !

Cette année, suite à cette démission, mais hélas aussi suite aux décès de 2 de nos éminents représentants, à savoir Réal Dujardin (dont éloge fut fait au dernier Convent) et Paul Lippinois justement précité,  c’est non seulement un mais trois fiefs qu’il nous revient de confier à de nouveaux promus.

Et pour annoncer le premier d’entre eux, je vous lance un indice, sous forme de proverbe :

« C’est quand le puits est sec que l’eau devient richesse ».

Oui, en ces temps de réchauffement climatique,  nous avons à parler ici de la gestion de l’eau et des déchets, éléments plus que jamais déterminants de notre qualité de vie, voire de notre survie.

Et c’est vers l’intercommunale Ipalle et à l’écoute de son président que nous nous tournons pour l’entendre proclamer récemment : « s’il est une  personne qui mérite ce jour nos éloges et ceux de dame Nature, c’est bien l’avant-gardiste en matière environnementale qu’est notre ami Gonzague Delbar, lui qui durant toute sa carrière a géré pour notre quotidien des éléments aussi essentiels que l’eau et les déchets, en  parfait expert de ces sciences de vie et du terrain ».

Gonzague Delbar est Mouscronnois pure souche et de longue lignée, Ayant usé ses fonds de culotte au Zef jusqu’à sa majorité, c’est à notre GM Honoraire, professeur très apprécié en cet endroit ( !),  qu’il doit d’avoir appris à aimer les maths !.

Diplômé Ingénieur Agronome, il gravit, en quelques années, les échelons de l’intercommunale Ipalle  qui, comme son nom ne l’indique pas, se définit comme étant l’Intercommunale de Propreté Publique de la région du Hainaut Occidental, recouvrant 23 communes.

En 2006, il en devient le directeur général.

Cette montée aux cimes de sa profession est entrecoupée de quelques haltes dans les branches ministérielles, comme chef de cabinet adjoint puis comme expert au cabinet du ministre de l’environnement Guy Lutgen.

Autant il est vrai que les problèmes du rapport des hommes à leurs ordures ne datent pas d’hier,( et je ne fais ici bien entendu aucun lien avec le ministère précité),..  autant il est également vrai que l’homme s’est efforcé de tous temps à endiguer  » la marée montante des ordures  » et à parfaire leur traitement, pour les transformer en ressources utilitaires, artistiques ou ludiques.

Voilà qui colle parfaitement au rôle moteur et visionnaire joué par notre ami Gonzague Delbar durant toute sa carrière au service de notre belle région.

Gonzague Delbar vient de prendre sa retraite.

Doué d’un profond sens humain, il adorait ses équipes et ses équipes le lui rendaient bien.

Certes, personne n’est indispensable, mais chez Ipalle, il cumulait les directions financière, exploitation et secrétariat général …, et ils ont quand même dû s’y mettre à 3 pour le remplacer !

.., telles .
En signe de reconnaissance pour une si belle carrière au service de notre population, l’Ordre des Baillis de Mouscron est fier d’accueillir Gonzague Delbar comme nouveau Bailli Titulaire, et bienveillant gardien du fief  dit « le grand tilleul » et cela, bien entendu, sous une bienfaisante pluie d’applaudissements.

Elévation et remise de la toge, et de la médaille à Gonzague Delbar

Cher Gonzague, je te demande maintenant de proclamer ton obédience à la cause qui est la nôtre et dont tu voudras bien répéter après moi la teneur, en levant la main droite:

« Je jure fidélité à la Ville de Mouscron.

« Je promets de la servir, de l’illustrer et de la défendre en tous lieux,

«  en toutes circonstances et de toutes manières ».

En présence de notre assemblée, et par les droits qui me sont conférés, je t’admets, te reçois et t’installe en qualité de Bailli Titulaire du fief  dit «Le Grand Tilleul ».

Intronisation par le GM de Jean-François STORME comme bailli titulaire

Notre deuxième promu au grade de titulaire est tout droit issu d’une lignée ancestrale d’entrepreneurs mouscronnois.

C’est que dès la fin du 19ème siècle,  le commerce des épices allait bon train.

Chaque village avait ses négociants dont les plus ambitieux se lancèrent dans le négoce et la torréfaction du café.

Chez nous ils avaient pour nom Delbar, Dumortier… et Storme.

L’entreprise Storme a vu le jour en 1896. L’aïeul fondateur se prénommait Hector.

Saviez-vous que le prénom Hector vient du verbe grec « ekhein » qui signifie diriger !

Dans la mythologie grecque Hector est connu pour son esprit de compétition. Il ne tolère pas la défaite et peut se montrer très agacé si cela arrive. Il est considéré comme un mauvais joueur, Hector est un homme d’action qui ne supporte pas la monotonie du quotidien. Il a régulièrement besoin de changements et de nouveaux défis à réaliser.

N’en déplaise à son aïeul, notre ami Jean-François, ici présent a certes gardé l’esprit combattif de son fondateur historique, mais n’en a gardé aucun défaut. Peut-être le café Storme incite moins à l’énervement que jadis !

Représentant la 4ème ,et maintenant avec son fils François  déjà la 5ème génération, ils marquent tous deux leur parcours professionnel de bon nombre de nouvelles activités dans le secteur Horeca, tout en préservant toujours le goût et la saveur 100 fois imitée et jamais égalée des bons cafés Storme !

Mais la renommée de notre ami Jean-François va bien au-delà de ses mérites professionnels.

Sa modestie m’empêche de citer toutes les associations locales et régionales qui ont eu la chance de faire appel à son dévouement et à ses compétences.

Mais je me dois d’en citer deux qui montrent à quel point il est attaché à sa ville, suivant en cela les traces de son père Jean Storme.

D’abord la présidence du comité d’Honneur de l’Amicale de la Police, où avec notre ami commissaire, mais aussi Bailli Jean-Michel Joseph, il entretient une magnifique solidarité entre notre police locale et la population mouscronnoise.

Et puis la présidence des juges consulaires du Tribunal de l’Entreprise de Wallonie Picarde, où, durant de nombreuses années, il a montré et démontré combien la justice et les juges professionnels ont besoin de la sagesse et de la clairvoyance des hommes de terrain et du monde de l’entreprise.

Un tel parcours suffirait à ce que notre Ordre lui en soit reconnaissant. Mais Jean-François aime Mouscron. Et il sait que si Mouscron doit beaucoup à son entreprise familiale, il s’estime tout autant redevable de ce que Mouscron lui a apporté.

Le moment est venu de marquer d’un lien plus fort encore ce qui lie l’un à l’autre.

Jean-François, toi qui as déjà été nommé Chevalier de l’Ordre de Léopold,  c’est aujourd’hui notre Ordre qui tient à te faire gravir un pas important dans notre hiérarchie toute symbolique (attention à la marche !) en te nommant Bailli Titulaire de notre Ordre, avec la charge du fief  dit «  fief de la Poullerie », et ce  soutenu par les applaudissements de tout un public de mouscronnois qui te connaissent et t’apprécient.

Elévation et remise de la toge, et de la médaille à Jean-François Storme

Cher Jean-François, je te demande maintenant de proclamer ton obédience à la cause qui est la nôtre et dont tu voudras bien répéter après moi la teneur, en levant la main droite:

« Je jure fidélité à la Ville de Mouscron.

« Je promets de la servir, de l’illustrer et de la défendre en tous lieux,

«  en toutes circonstances et de toutes manières ».

En présence de notre assemblée, et par les droits qui me sont conférés, je t’admets, te reçois et t’installe en qualité de Bailli Titulaire du fief  dit « Fief de la Poullerie ».

Intronisation par le GM de Carine REMMERY comme baillie titulaire

Il aura fallu 42 ans à notre Ordre pour enfin réconcilier tradition et raison en intronisant en 2017 la première dame Baillie d’Honneur .

Combat gagné à force de patience.. et de bon sens, face à une fronde aussi sympathique que passagère d’une certaine caste féminine, aujourd’hui plus réjouie qu’ébahie, si j’ose dire, de notre évolution.

Certes, 42 ans, c’est long, mais dans ce cas, comme disait Lapalisse, 4 ans c’est court, très court .. surtout pour gravir d’un seul grand pas tous les échelons de notre symbolique hierarchie !

Or à peine intronisée Baillie d’honneur en 2018, voilà que ces quelques années auront suffi pour décider le Conseil de notre Ordre à appeler dès 2019 Dame Brigitte Aubert, suivie dès aujourd’hui de Carine Remmery, à qui en ce Convent lui est également octroyé le grade suprême de Baillie Titulaire, venant ainsi doubler d’un seul coup la représentation féminine au sein de notre honorable Conseil. 12 hommes et 2 dames : nous sommes très proches de l’équilibre… des forces de persuasion en présence!

Il faut reconnaître que Carine n’a pas eu de grandes difficultés à rendre nos votes unanimes.

Déjà lors de sa première intronisation en 2018, nous ne savions par quel bout prendre les mérites de notre directrice de la bibliothèque, tant la liste était longue : car des livres, oui, dans tous les domaines et pour tous âges, mais la bibliothèque de Mouscron, c’est aussi la création continue d’activités culturelles, ludiques, artisanales, sociales…

Certes le Covid a freiné voire annulé trop longtemps bien des initiatives, mais pas l’ardeur et la créativité de l’équipe de notre directrice, saisissant cette « opportunité » pour se pencher plus intensément sur le développement des outils numériques déjà très performants mis à notre disposition.

A chacun sa FAQ, la tienne ne s’appelle pas « Faculté Universitaire »,où l’on passe quelques années de sa vie,  mais « Foire Aux Questions » dont on ne se lasse jamais et qui se posent toute une vie durant.

Oh bien sûr, Carine n’attendait pas les Baillis pour être reconnue et honorée dans le monde littéraire, culturel et social, et ce bien au-delà de nos frontières, mais peut-être trouvera-t-elle dans l’honneur qui lui est fait aujourd’hui, une saveur particulière, celle de la reconnaissance tacite d’hommes et de femmes de Mouscron et d’ailleurs, qui la côtoient chaque jour, sans penser, sans prendre le temps de lui dire simplement : MERCI Carine.

Sur ton blog, (mais oui, même chez les Baillis on est branché !), sur ton blog donc chacun peut lire cette citation de Sidney Sheldon : « Les bibliothèques ouvrent des fenêtres au monde. Elles stockent l’énergie qui alimente l’imagination ».

Merci de nous donner, davantage encore en ces temps de pandémie,  accès à tant de nouveaux horizons. Merci à toi qui nous offres chez nous de quoi contaminer en beauté et sans aucun risque le monde qui nous entoure.

Gentes dames, nobles seigneurs, avec vous public mouscronnois, nous sommes heureux et fiers d’accueillir Carine Remmery, deuxième dame Baillie titulaire de notre confrérie.

Elévation et remise de la toge, et de la médaille à Carine Remmery.

Chère Carine, je te demande maintenant de proclamer ton obédience à la cause qui est la nôtre et dont tu voudras bien répéter après moi la teneur, en levant la main droite:

« Je jure fidélité à la Ville de Mouscron.

« Je promets de la servir, de l’illustrer et de la défendre en tous lieux,

«  en toutes circonstances et de toutes manières ».

En présence de notre assemblée, et par les droits qui me sont conférés, je t’admets, te reçois et t’installe en qualité de Bailli Titulaire du fief  dit « Fief du Clorbus ».

2ème salve de textes sur les théâtres amateurs de Mouscron.

Or donc, dans l’horizon de nos troupes d’amateurs,

Le Tuquet, quartier ô combien cher à mon cœur

Compte pas moins de trois troupes

Ce qui fait une de plus que Dott’gnies, je sais, ça vous la coupe !

Nous avons, grand maître, sous votre HHHHHoulette,

Visité Dottignies, une partie de Mouscron et de ses garlousettes…

Venons-en maintenant à des choses un peu plus sérieuses…

Je vous rassure plus sérieuses dans le nom

Mais point dans la façon.

En effet, si les Compagnons de la Sainte Famille

En jettent quelque peu de par leur patronyme

Au Tuquet, l’on sait que ce n’est que rire et bonhommie.

Et même si maintenant elle est ROYALE, oui Madame

Qu’elle a été fondée par l’abbé Mullier en 1933, yes Monsieur

Qu’elle est donc la plus vieille parmi nous

Eh bien je dis que cela ne se voit guère

Tant il est vrai que chaque année, l’on rit de bon cœur

Tant devant Une paire de pères (d’un auteur déjà cité)

Que derrière la Soupière.

Il faut reconnaître qu’elle est maintenant présidée par un jeune

Un qui en veut

mais qui a un nom un peu plus difficile à prononcer que « Mullier » si vous le permettez… –

C’est donc Cédric Vanryckeghem qui en assure la pérennité

Epaulé à la mise en scène

par un Bailli que nous n’avons que trop cité !

Ensuite, toujours au Tuquet

On compte aussi pas moins de 3 autres troupes…

L’atelier théâtre de la Ruche fondée en 1980

Et emmenée par Claude Beyen(s)

C’est une troupe qui privilégie la création collective

Même si elle ne rechigne pas à jouer l’un ou l’autre auteur.

Elle a à son actif une douzaine de pièces

Et aussi une création remarquable, en extérieur

En effet, l’atelier théâtre est d’une balade contée à la genèse

Appelée « La nuit des Fichaux »…

Epaulé par Anne-Sophie Rogghe, Mathidle VanDorpe

et quelques autres

Le Claude Beyens sut mener ses brebis

sans encombre à l’orée du Bos.

Et puis le Moulin Ruche, née au même endroit mais en 2017

Guidée par Guillaume Delroeux,

La troupe du Moulin Ruche, Ruche, grand maître,

Ruche… on se calme…

La troupe, disai-je, anime aussi quelques ateliers tant pour les jeunes

         Que… pour nous…

Gommages corporels est le titre de son spectacle pré-Covid.

Gageons que le corps restera et que le Covid gommera…

 Encore au Tuquet, Grand Maître

Eh oui, le Tuquet le Tuquet le Tuquet !

Mais je m’égare… d’Herseaux, tout le monde descend !

Au Tuquet, donc, mais aussi un peu partout dans l’entité

Des comédiennes et des comédiens à foison

Une trentaine environ, forment le Théâtre du Lointain

Qui, comme son nom l’indique, n’est jamais très loin

D’un bon texte, d’une bonne adaptation,

D’un auteur à sublimer, d’une bonne tranche de rire se payer

Le tout dans la peine ou la gaieté

De Molière à Levoyer

Tout est bon pour vous amuser.

Intronisation  par le GM de Muriel Meurisse, René Esprit , Paul Jansen, Fabian Lecastel, Thomas Lefebvre, et  Edward Van Daele,  au grade d’Officier

Elévation des Baillis précités au grade d’Officier et remise des médailles

Présentation et éloge par le Bailli Nenin de Francis Walcarius

Grand Maître,

Chers Baillis de tous grades,

Belle Assemblée,

Notre vénéré Grand Maître m’a demandé d’être concis. Aussi le serai-je puisque la personne qu’il m’incombe de présenter comme candidat au poste de bailli d’honneur se nomme… Francis.

 Ne voilà – t- il pas un prénom synonyne de qualités intrinsèques quelle qu’en soit la prononciation : Francis or Francis ?

Le Francis dont il est question aujourd’hui

tient de Bacon l’esprit empiriste de la connaissance.

Il tient de Drake le goût d’entreprendre et de découvrir.

Il tient de Blanche l’humour bon enfant.

Il tient d’Amuzu le sourire éclatant après un but marqué pour Anderlecht.

Il tient de Cabrel l’attachement au terroir qu’il aime à mourir. 

Enfin, il tient de Ford Coppola un Oscar, non pas une récompense dans le domaine cinématographique… mais un fils.

Son nom comporte trois syllabes.

La première est « wal » comme wallon.

La troisième est « ius » que l’on traduit du latin en français par droit comme l’ensemble des règles qui régissent la conduite de l’homme en société. En simplifiant, je dirai les rapports sociaux.

Quant à la seconde « car »,  elle coordonne la première à la troisième.

En résumé, notre homme est donc un wallon qui excelle dans les connexions avec autrui : Walcarius !

Partout en ville et même au delà ce nom s’affiche sur des banderolles face à des constructions imposantes. 

On serait tenter de croire qu’il s’adonne à la politique. Je vous rassure Grand Maître… il s’agit plutôt de construction métallique.

Et comme Gustave, notre Eiffel mouscronnois a plus d’une tour dans son sac. 

Créée en 1973 par les parents, la société Walcarius a été reprise par les deux fils Philippe et Francis en 2003.

S’entendant comme larrons en foire et ayant chacun leur spécificité, les frères ont fait progresser leur entreprise par de judicieux plans d’investissement basés sur le long terme . Presse plieuse performante,  machine de découpe à laser dernier cri permettent à la société de tenir le haut du pavé. La ténacité, la persévérance et le travail sont les atouts majeurs de ces chefs d’entreprise mous- cronnois dans l’âme. Cettte faculté d’entreprendre et de gérer a permis à la société Walcarius de s’afficher en bonne place sur le marché de la construction métallique.

Dans le domaine des divertissements, déformation oblige, Francis a besoin, outre des relations humaines, du contact de l’acier soit en enfourchant une bicyclette ou encore en endossant une bouteille de plongée.

Il a intégré l’Association subaquatique mouscronnoise et suite à sa « Joyeuse Entrée » il a offert à la section juniors de ce club une bouffée d’oxygène au sens propre comme au sens figuré. En effet, Francis a des dons d’alchimiste puisqu’il transforme l’air liquide en argent . Et le liquide, il apprécie aussi celui qui ponctue prosaïquement les entraînements sportifs.

Homme généreux, astucieux, sociable, tolérant, ce Mouscronnois bon teint ne mériterait-il pas de rejoindre l’Ordre des Baillis ?

Aussi Grand Maître, je vous demande humblement d’accepter Francis Walcarius au sein de notre ordre. Foi de Francis… vous n’aurez pas à le regretter.  

Intronisation par le GM de Francis comme nouveau bailli d’Honneur

Présentation et éloge par le Bailli Bracaval de Grégoire Lefebvre.

Notre futur Bailli d’honneur est le directeur général d’une entreprise qui, après l’administration Communale, constitue le plus gros employeur de Mouscron.

Cette institution, que les Hurlus appellent communément le CHM, résulte pour rappel de la fusion, en 1994, de l’IMC relevant du CPAS et de la clinique « Le Refuge ».

         Né en 1967, Grégoire Lefebvre, est, à l’instar de notre regretté Alfred Gadenne, dont il était très proche, un Luingnois « pur jus », qui occupe encore la maison familiale qu’il continue, à ses rares moments de loisirs, à retaper avec les siens. Il est marié avec Sophie et heureux père de deux enfants.

         Ingénieur industriel en électronique à la base, notre Cleugnotte est amené, lors de son recrutement par le CPAS de Mouscron en 1991, à suivre à la Polytechnique les cours de conseiller en prévention. Formation à laquelle il ajoutera, par la suite, une maîtrise en gestion énergétique et une autre en qualité totale (« les fameuses normes ISO »).

         Figurez-vous que sa carrière aurait pu toutefois prendre un tout autre envol, puisqu’à l’âge de 18 ans, Grégoire avait été classé en ordre plus qu’utile pour entamer une formation de pilote de chasse.

         Lors de préparatifs et du suivi de la fusion précitée, les qualités professionnelles de l’intéressé avaient tapé dans l’œil de notre Bailli officier, René Delvaux, devenu directeur général de la nouvelle entité hospitalière. C’est donc tout naturellement, les astres s’étant alignés, que René le recrutera quelques années plus tard avec pour mission de mettre en œuvre une logistique commune pour les deux sites, devant aboutir à terme à la création d’un site unique.

         En mars 2007, Grégoire devient Directeur Général du Centre Hospitalier de Mouscron, tout en demeurant responsable de la rédaction du cahier des charges de l’actuel site unique, qui verra finalement le jour en avril 2010.

         Depuis, nombre de projets ont pu aboutir grâce à un travail continu et assidu, réalisé par notre futur Bailli et par la jeune et brillante équipe dont il a eu l’intelligence de s’entourer. Citons ainsi la radiothérapie, la résonance magnétique ou encore la polyclinique de Comines et les soins transfrontaliers.

         Les nouveaux défis ne manquent pas, qu’il s’agisse du réaménagement et de l’extension des urgences, de la rénovation du service d’anatomie pathologique ou encore du développement de la radiothérapie.

         Tout se conçoit dans une même philosophie : garantir des soins de qualité, de proximité et accessibles financièrement pour l’ensemble de la population mouscronnoise, ce qui implique une gestion rigoureuse, mais néanmoins humaine.

         Quelques-uns d’entre vous se souviendront sans doute que Grégoire a également été un sportif de haut niveau. Pendant près de vingt ans, il a en effet été actif au sein de la section waterpolo des Dauphins mouscronnois, dont il fut d’ailleurs de capitaine pendant douze ans . Avec à la clé, nombre de titres de champions de Belgique, toutes catégories d’âge confondus, plusieurs coupes de Belgique et des participations en Coupe d’Europe. Il compte 70 sélections en équipe nationale.

         Le poète français Gabriel-Marie Legouvé disait : « Derrière chaque grand homme, se cache une femme. » Cette citation s’applique assurément à Sophie, l’épouse de Grégoire, par ailleurs Docteur en Biologie, qui a entretemps embrassé d’autres horizons professionnels et qui a su gérer, avec les enfants, un rythme de vie principalement calqué sur le travail assidu et les obligations y afférentes de Grégoire. Les moments passés en commun sont, dès lors, d’autant plus précieux.

         Pour terminer, je manquerais à tous mes devoirs si je n’évoquais pas également l’ensemble du personnel du CHM qui, à l’instar de celui des autres hôpitaux, a œuvré et œuvre encore de façon extraordinaire lors de la crise sanitaire actuelle.

         Qu’il veuille bien trouver ici l’expression de la gratitude et de la reconnaissance les plus sincères de la part des Baillis de Mouscron et, je n’en doute pas, de l’ensemble de la population mouscronnoise.

         Je vous propose dès lors de lui réserver, ainsi qu’à notre nouveau Bailli d’honneur, des salves d’applaudissements nourries, à la hauteur de celles qui lui étaient adressées quotidiennement à 20 heures, voici quelques mois.

Intronisation par le GM de Grégoire comme nouveau bailli d’Honneur

Présentation et éloge par le Bailli Declerck de Christiane Vienne

L’ami Patrick ayant principalement improvisé à partir du CV de Christiane, il n’est pas possible de relater ici ce qui a été dit…

Intronisation par le GM de Christiane comme nouvelle baillie d’Honneur

3ème salve de textes sur les théâtres amateurs de Mouscron.

III. Ensuite, dans ma liste, Grand Maître et pour terminer

Trois troupes aux noms quelque peu… énigmatiques…

Les Nyctalopes d’abord, troupe unique,

Non, non Grand Maître, ce n’est ni un gros mot

Ni une marque de Bic

Les Nyctalopes, Grand Maître vénéré, sont des animals

– Animaux c’est quand ils vont par deux ! –

Qui voient la nuit…

Et il est vrai que les Nyctalopes emmenés par le Sieur Thierry Harduin

Sont connus pour s’y retrouver dans la nuit des textes étranges

Pas toujours écrits pour le théâtre mais ils s’en arrangent

Ainsi commirent-ils La Mémoire d’une citrouille transgénique

Ou encore Peter Panpan et dernièrement

Le joyeux « Tout le monde veut vivre » d’Hanock Levin!

Nous aussi voulons qu’ils vivent longtemps !

La deuxième troupe au nom sibyllin est Epidavros

Est emmenée par Dominique Steuve

Là, Grand Maître, si vous avez usé vos pantalons

sur les bancs de Math-Science

Et que du Grec vous fîtes l’impasse

Ben Epidavros va vous rester en travers de la gorge

En effet, Epidavros doit son nom au magnifique théâtre grec d’Epidaure

Qui servit de modèle à tous les autres.

A Mouscron depuis 2005, il compte une dizaine de comparses

Qui nous présenterons tout prochainement… la Poule de Noël !

Et enfin, Grand Maître,

Il me faut vous présenter notre dernière troupe

Emmené par un solide gaillard qui, durant quelques années

Fut au sein des Baillis le maître à danser

J’ai nommé Jean-Marc … ah non : Jean-Marc Hommé !

Oui c’est lui qui préside aux destinées de la Cothurne

Ici encore, Grand Maître, si vous avez opté pour football dans la cour

Plutôt que théâtre antique, vous ignorez ce qu’est une cothurne !

C’est la godasse que porte tout tragédien grec, la cothurne !

Loin de porter de telles groles, nos amis portent

Haut et clair des textes forts

Tels Rhinocéros d’Ionesco

Ou Don Quichotte

Mais aussi des contemporains : Allègre, Foissy et tant d’autres

Dont des auteurs locaux…

Leur prochaine proposition sera de la Commedia dell’arte

Et jouée masqués, s’il vous plaît !

Voilà, Grand Maître le tableau que l’on peut brosser

Des troupes d’amateurs de théâtre par chez nous.

Continuez, ami public, à les encourager

A courir les applaudir et par-dessus tout

A les aimer, car eux non plus le Covid n’a pas épargnés

Et c’est de votre amour pour le beau jeu qu’ils veulent mériter !

Rappel par le GM de l’habituelle mise à l’honneur de jeunes talents

Présentation et éloge par le GM honoraire Daniel Salomon de l’asbl « Chemins croisés »

Gentes Dames et nobles Seigneurs,

Dans une interview accordée dernièrement à l’Express, le moine bouddhiste Matthieu Ricard disait en substance ceci :

« Il faut redonner de l’espoir et une image plus juste de la nature humaine. En effet, une personne qui a 20 ans, en Europe, a vu plus de 40000 images de morts violentes dans les medias. La technologie nous met au courant de tout. Il y a une surdose du barbare et de l’aberrant. Cette distorsion nous amène à l’idée d’un monde mauvais. L’homme serait mauvais, le monde un puits de violence. On a oublié, disait-il, la banalité du bien. »

Aujourd’hui, les Baillis veulent participer à cette reconsidération du bien, à sa remise à sa juste place en mettant en lumière et à l’honneur le travail d’une association mouscronnoise, l’asbl « Chemins croisés ».

L’histoire a commencé en 2010. Une conférence proposée par l’asbl Baobab à l’institut Saint-Charles de Luingne avait sensibilisé élèves et professeurs présents à la notion d’économie durable en Afrique. A l’issue de cette conférence, quelques professeurs présents, touchés par les problèmes évoqués, se sont dit : « Et si, modestement, à notre échelle, nous tachions de participer à ce développement d’économie durable dans une région déshéritée comme le Sénégal ? » Mais leur volonté était d’y associer les jeunes élèves auxquels ils ont demandé : « Seriez-vous d’accord de remplacer le traditionnel voyage des Rhétos à Londres, Athènes ou Barcelone par une immersion de 2 semaines dans un village agricole du Sénégal et d’y partager le quotidien des paysans locaux ? »

L’accord des jeunes ne fut pas immédiat et spontané ; ils étaient, comme beaucoup d’entre nous, imprégnés par quelques clichés sur l’Afrique et ils ressentaient une certaine appréhension à s’immerger un temps dans une société tellement différente de leur quotidien … mais, forts de leur jeunesse, ils ont néanmoins adhéré au projet.

Après avoir mené plusieurs actions pour financer en partie leur voyage, un premier groupe de 25 élèves et 3 professeurs s’envola vers le Sénégal pendant les vacances de carnaval en 2011. On peut dire que le choc culturel ressenti là-bas par nos jeunes Belges, habitués au confort et à l’insouciance matérielle, que ce choc culturel fut grand et ce, dès leur descente d’avion et leur embarquement dans un bus brinquebalant qui les a amenés de l’aéroport jusqu’au village choisi de Guélack (il faut dire que, présenté dans nos contrôles techniques belges, ce bus aurait reçu la panoplie complète des cartes rouges !)

Et pendant deux semaines, ces jeunes ont partagé la vie des paysans locaux, vivant à leurs côtés et à leur rythme, en participant à leurs activités, en travaillant à la ferme ou aux champs ou jouant et échangeant avec les jeunes du village. Ils ont pelleté, sarclé, nettoyé et repiqué des légumes …Ca changeait des fastes de Londres et des soirées festives de Barcelone ! Nos jeunes Mouscronnois ont découvert là une population qui disposait de peu pour vivre, de très peu même, mais qui s’en contente et qui est même prête à partager ce peu avec un plus démuni, mais le tout vécu avec cet indéfectible optimisme africain qui nous surprend toujours.

Nos jeunes, impressionnés par ces leçons de vie et de générosité ne sont pas revenus indemnes de ce voyage et ont été amenés, tout naturellement, ce qu’un simple discours ne saurait faire, à une enrichissante ouverture d’esprit et à une réflexion sur leur propre mode de vie.

Les professeurs à la base de l’initiative, voyant le bénéfice humain engendré par ce voyage, ont décidé de renouveler l’opération et voilà donc 10 ans déjà que les échanges se perpétuent avec, chaque année, un groupe différent d’élèves de l’institut Saint-Charles de Luingne et une fois avec les adolescents du Conseil communal des jeunes de la ville de Mouscron.

Mais à côté de cet enrichissement humain, les professeurs accompagnants ont aussi perçu sur place de réels besoins qui, s’ils pouvaient être rencontrés, amèneraient une nette amélioration de la qualité de vie de ces paysans sénégalais. Une asbl a donc été créée « Chemins croisés »pour tenter de rencontrer ces besoins et en 10 ans, grâce au soutien de partenaires, pas moins de 11 projets ont pu être menés à bien dans ces régions reculées du Sénégal.

J’épingle notamment, dans ces projets menés à terme, la création d’une ferme-école où les élèves se familiarisent avec des manières modernes et diversifiées de pratiquer l’agriculture, l’ouverture d’un hall de foire agricole où les paysans peuvent proposer leurs produits à la vente, l’équipement d’un local de sciences dans ce centre de formation,  la création d’un fonds de crédit de 9000 euros qui aide les jeunes agriculteurs à lancer leur micro-ferme afin d’atteindre l’autonomie alimentaire, l’achat de bovins européens qui, croisés avec les zébus locaux ont permis d’obtenir des animaux hybrides qui produisent 10l de lait par jour, au lieu des 1 ou 2 litres produits par le zébu, améliorant aussi sensiblement les rendements en viande et apportant ainsi des compléments nutritifs précieux ..et d’autres projets encore dont la création d’un internat destiné aux jeunes paysans habitant loin de Guélack et l’ouverture d’un centre de santé qui pourra concerner 4000 habitants. Tous ces projets sont menés à bien en étroite collaboration avec des acteurs locaux tels Ousmane et Doudou, hautement diplômés tous les deux,  mais soucieux de l’amélioration de la qualité de vie de leur village.

Et pour alimenter ces projets, l’asbl s’est adjointe l’aide de généreux partenaires tels l’Organisation des 24 h de Mouscron, la firme Lutosa qui a fourni 34 tonnes de plants de pommes de terre, la savonnerie Vandeputte et les services-clubs locaux.

Il y aurait 100 anecdotes chaleureuses à raconter sur ce qu’ont vécu là-bas ces jeunes et leurs professeurs au cours de ces 10 années d’échanges comme l’histoire de ce jeune Malik, orphelin, ne sachant ni lire, ni écrire, qui, après avoir suivi longuement l’enseignement au centre de formation agricole, a reçu un crédit pour s’installer dans sa micro-ferme de un ha, micro-ferme qui est devenue un modèle de développement … mais si je dépasse mon temps imparti de parole, le GM, toujours bienveillant, me fera quand même des yeux grondeurs et m’en tiendra petite rigueur !

Nobles Seigneurs et Gentes Dames, peut-être ai-je été trop long dans la présentation de ces vastes projets  mais la générosité et la bienveillance qui les animent méritaient, je crois, un digne moment de présentation. Je souscris d’ailleurs volontiers à ce mot de Beaumarchais : « Ce n’est faire de mal à personne que de dire du bien de ceux qui le méritent ! ». Et cette asbl rencontre tout-à-fait aussi le désir exprimé en début de présentation par le moine bouddhiste Matthieu Ricard, de redonner de l’espoir et une image plus juste de la nature humaine.

Le Conseil des Baillis a été impressionné par l’humanisme et la générosité de cette asbl menée par des Mouscronnois ; il a donc été décidé de mettre ici aujourd’hui cette asbl « Chemins croisés » en lumière et à l’honneur et de l’aider financièrement. Notre Grand Maître va donc appeler près de lui 3 chevilles ouvrières/fondateurs de cette belle initiative qui perdure : Christophe Hovelaque, Olivier Casteleyn et Annaëlle Verlinden. Je vous invite à les accompagner dans leur déplacement avec vos plus chaleureux applaudissements.

Remise du chèque et du diplôme par le GM à l’asbl « chemins croisés ».

Remerciement par le GM et envoi final

Voilà, c’est ici que nous fermons l’album de nos héros de ce 46ème Convent.

Et permettez-moi, gentes dames, nobles seigneurs, d’adresser mes plus sincères remerciements à tous ceux qui ont rendu possible cette 46ème édition de notre Convent, et ils se reconnaîtront aisément.

Le défi d’organisation dans ce nouveau lieu était de taille.

Merci aussi à nos autorités communales de nous avoir permis d’occuper ce lieu symbolique où tant de souvenirs de milliers de mouscronnois sont déjà gravés.

En cette année du centenaire de la naissance de Marius Staquet, nous ne pouvions mieux honorer sa mémoire.

Osons enfin souhaiter que les Baillis retrouvent dès l’an prochain les ores de notre ancien Hôtel de Ville et son style Gothique flamboyant qui nous sied si bien.

Enfin avant que d’en chanter et de trinquer en leur honneur, félicitons encore nos heureux élus de ce 46ème Convent en leur adressant un tonnerre d’applaudissement.

Appel du GM à Christian Derycke afin de le rejoindre et clôturer le Convent en chanson avec le public dans un vibrant «Bé qu’in est fir d’êt mouscrono »