Texte du Convent 2010 par le GM Roby Vandaele …

Bienvenue

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Il est bon de se sentir soutenu par ses pairs, qui vous l’avouerez ont tous l’allure altière et respectable, et  qui me voient encore bien surpris de porter même noble tenue.

C’est donc en cette dixième année de notre 21ème siècle, devant vous tous,  assistance aussi fournie que distinguée, que j’ai mission de présider au cérémonial de ce Convent, mission dont je commence à peine à mesurer et l’ampleur et la grandeur.

Car aucun doute n’est plus permis : vous toutes et tous ici présents, êtes les témoins aussi respectables que privilégiés de l’honneur qui sera fait en ce lieu  par notre noble  confrérie, à quelques personnes

qui, par leur  réputation, leurs talents,  leurs qualités de cœur, leur bonne humeur défendent notre bonne Ville et son patrimoine, jusqu’aux confins de la terre.

Mais avant tout, il m’incombe de rendre devant vous hommage à nos Baillis récemment disparus, tels Guy Vandermeulen (intronisé en 1986) et Jacky Sioen (Bailli d’honneur 2000), dont notre scribe évoquera bien mieux que moi la mémoire.

Hommage aussi à Jean Degraeve, nommé Bailli titulaire en 1988, et dont la fidélité à la Ville de Mouscron et à notre ordre a été exemplaire sans discontinuer.

Jean Degraeve était un grand voyageur par goût et de par sa profession de Juge d’Instruction. On le connaissait comme un homme intelligent, généreux .Malgré ses lourdes charges professionnelles, sa simplicité et sa délicatesse faisaient l’admiration de ses nombreux amis mouscronnois. Qu’il repose en paix.

Il est certes tâche bien plus agréable pour moi, en préambule à ce Convent, de m’adresser, et de  remercier  de leur présence et de leurs sages conseils mes prédécesseurs Grands Maîtres Luc Vanoverschelde et Daniel Salomon, ainsi que  les Baillis titulaires, les Baillis d’honneur et tous ceux qui d’une manière ou d’une autre, m’ont aidé dans la préparation de ce Convent.

Bien entendu, je joins à ces remerciements notre talentueux Bailli scribe Paul Lippinois, qui, de sa verve habituelle, et de son bel organe, nous entretiendra séance tenante des faits ayant marqué sa sagacité, et donc la nôtre, au cours de l’année écoulée.

Bailli scribe, je vous cède la parole.

Discours du Grand Maître

Gentes Dames, Gracieuses Demoiselles, Nobles Seigneurs,

De mes prédécesseurs, il m’a plu d’apprendre et d’ici répéter que l’Ordre des Baillis de Mouscron a le privilège, non seulement de recevoir et d’honorer d’excellents citoyens et amis de notre Ville, mais aussi a comme mission de faire revivre, au travers de notre folklore, un passé dont nous sommes héritiers.

Ainsi, au fil des convents, les Grands Maîtres Alphonse Ferret, puis Luc Vanoverschelde nous ont rappelé ou appris à travers de bien belles anecdotes qui furent les seigneurs successifs de Mouscron, quels furent leurs titres, leurs actions.

Au fil des ans, nous sont apparus plus proches et plus familiers  Godefroid de Louvain, le Comte Basta,  Tiecelet, Oste et Cornille de la Barre.

Notre Grand Maître sortant  s’est également attaché à nous parler du peuple de Mouscron, car dit-il « les seigneurs passent, mais le peuple reste, avec ses qualités demeurées intactes au fil des siècles ».

A mon tour, je me suis donc mis à la tâche, en quête d’autres images ou références, et j’ai cherché dans notre Patrimoine local, ce qui mérite respect et attention.

J’abandonnai d’emblée les pistes de nos ancêtres déjà abondamment balisées.

Décemment, je ne pouvais pas non plus  prendre pour idéal et encenser l’un des Baillis ici présents, si empli de noblesse soit-il,  sauf à  risque de passer auprès des autres pour un « hurlu berlu ».

L’an dernier, en cette même grande occasion m’étais-je autorisé quelque détour historique en prenant comme modèle un autre héros, hurluberlu de notre  temps, homme d’action espiègle, aventurier, mais toujours grand cœur : Tintin , dont l’écho me revient encore à travers le nom de nos 2 nouveaux Baillis de l’an dernier  nommés Bintin et Nénin, noms aux consonances qui raisonnent comme un air bien de chez nous, car comme on dit ici : « ben tin, si Tintin n’est nin Bintin, Nenin n’est nin Bintin nin pu.  »

Mais nous voilà en l’an de grâce 2010, alors, en ce 36ème  Convent, une fois n’est pas coutume, mettons à l’Honneur une grande Dame…

Oh, ne vous méprenez pas trop vite !

Il n’est nullement question ici de faire diversion à une coutume ancestrale, à laquelle  nous ne pouvons pas… encore… déroger : celle d’honorer pour leurs mérites… uniquement des hommes… mais dont chacun avouera volontiers aujourd’hui…sous le sceau du secret que ces hommes ne seraient pas ce qu’ils sont sans la douce et discrète complicité de leurs compagnes…

Cette grande Dame est, si j’ose dire, d’un autre genre, puisque c’est de Dame Nature qu’il est question ici,  la Nature,  source d’inspiration pour tout le genre humain, et qui, à ce titre, sera  notre guide  au cours de ce Convent.

 C’est  George Sand qui écrivit ce poème sur la Nature  intitulé « à Aurore » , dans lequel il donne à Dame Nature toutes les qualités recherchées par l’Homme, et que je m’en voudrais de ne pas vous remettre en mémoire  :

La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même.

—-

Et  Dame Nature est présente  ici même, au cœur de notre bonne ville de Mouscron, par les travées de  notre magnifique parc communal, car, le saviez-vous, notre parc de Mouscron est l’un des plus remarquables de notre pays.

Ici, quasi toutes les variétés d’arbres existants  sous nos climats sont présentées en alignements et en bouquets.

Pas moins de 109 espèces y sont répertoriées, chacune ayant sa silhouette, ses forces et faiblesses, ses qualités. Toutes caractéristiques si proches du caractère humain, qu’il m’a paru bien tentant d’y puiser les métaphores devant souligner les qualités des personnalités honorées ce jour…

Osons donc ce raccourci phytoesthétique entre dame nature et nos héros de ce jour, et prenons fait et cause pour ne voir en cet endroit paradisiaque bien de chez nous, pétri de notre histoire locale, qu’un  même symbole des valeurs qu’en ce lieu nous défendons.

Ce convent s’ouvrira donc comme une histoire, où les personnages sont autant de héros, où chacun, à sa manière aura marqué d’une belle empreinte, d’un trait marquant la renommée et la fierté de notre Ville et de son peuple.

Présentation de Daniel SALOMON, Grand Maître honoraire 

Notre noble confrérie a ses traditions. Elle a aussi ses exigences.

Ainsi, si les 12 fiefs recouvrant la seigneurie de Mouscron sont confiés à nos 12 Baillis titulaires, il en est un 13ème dont la garde précieuse est confiée au Grand Maître en exercice.

C’est à ce titre que notre ami Daniel Salomon avait la charge du fief d’Audenarde.

Mais est-ce parce qu’il a passé la main, que dis-je, le sceptre, qu’il se verrait privé de toute reconnaissance honorifique.

Que nenni !

Ne restons pas de marbre ni de bois sec devant tant d’années de talent et de dévouement passées au service de notre confrérie.

Sans aller jusqu’à rouvrir les « grimoires de l’astrologie celtique »,  dont mon prédécesseur aimait d’ailleurs à s’inspirer, Dame Nature me pousse vers  un choix d’arbre de toute grande beauté qui agrémente les allées de notre parc et qui devrait parfaitement  convenir à notre homme : l’érable.

Non pas l’ « acer pseudoplatanus », vulgaire faux platane, davantage connu pour être arrosé en cas d’urgence le long de nos routes que pour ses mensurations imposantes.

Mais l’ « acer argenteovariegatum », qui côtoie les plus grands chênes et autres frênes.

Autrement dit l’érable,  dont l’astrologie celtique dit justement qu’il représente quelqu’un qui, bien que réservé, déborde d’imagination, de créativité.

L’érable,  dont les feuilles sont à la fois d’un vert tendre, tel le cœur de notre ami Daniel , et les arêtes décorées de ciselures argentées tel le raffinement teinté de richesse culturelle dont nous avons été gratifiés grâce à lui, durant tant d’années.

L’érable atteint l’apogée de sa beauté une fois centenaire.

C’est tout le mal que nous te souhaitons, cher Daniel, en t’élevant au titre honorifique de Grand Maître Honoraire que tu porteras, j’en suis sûr,  de très nombreuses années au sein de notre confrérie.

En guise de reconnaissance, écoute raisonner dans cette salle les chaleureux applaudissements qui te sont adressés.

Présentation de Christian DERYCKE, nouveau Bailli titulaire

Nobles Seigneurs et Gentes Dames,

Si je vous dis :

« Quô qu’t’in pinses Monseigneur » 3 akes, 1996

 « D’ichi in vôt la mer » 3 akes, 1998

 « Acoute les ojos »  2 akes, 2004

 « Dégroul’te cha presse » 3 akes, 2006… et le hautement subtil :

« Entr ya person »

Vous me répondez : « a tin ben sûr, ché l’théat wallon, et donc ché Christian Derycke, el fils à sin père ».

Ce n’est pas lui faire affront, ni d’ailleurs trop me vieillir, que d’avouer que je l’ai connu en courtes culottes.

Mais il y a de ces arbres qui dès qu’on les plante, ils prennent raçine et n’ont qu’une hâte : celle de se montrer toujours plus grand, plus beau, plus fort.

Le « Carpinus betulus  Fastigiata », … vous l’aviez de suite deviné, est de cette trempe.

Qu’on ne s’y trompe pas :

Bien qu’Il possède un port conique, et que sa base soit plus large que son houppier, sa croissance est parfaitement régulière.

Nous voilà rassurés.

Il est vrai aussi que son tronc se présente parfois tordu, mais il n’en apparaît que plus vigoureux.

Mais  quand je vous dirai que le nom commun de ce bel arbre est « le charme » ,  arbre élégant ayant en plus de son attrait esthétique, un intérêt économique tant son pouvoir calorifique est grand, alors, plus aucun doute n’est permis : C’est bien de notre homme qu’il s’agit.

D’ailleurs, tout comme lui, il peut se trouver  isolé dans une cour de récréation,  ou servir de brise vent pour les soirées chantantes de feus de camp, ou pencher délicatement le tronc vers ceux qui l’approchent, non parce que, comme le dit le titre  d’une autre pièce« la-hôt ch’est plus tchir », mais pour être à la hauteur de ceux qui veulent l’admirer de plus près.

Oui, je sais Christian, tu me diras « Mais Tchi qui a eu éc’t’idée folle » ?

La réponse est très simple :

L’Ordre des Baillis à travers son comité de Baillis titulaires,  souhaite te rendre hommage et t’assurer de la gratitude de toute la population mouscronnoise pour la médecine douce, faite de rire et de bonne humeur contagieuse, qu’avec toute ton équipe tu leur prodigues depuis tant d’années, avec tant de compétence et de succès.

C’est pourquoi, à l’unanimité, nos Baillis titulaires ont souhaité t’accueillir parmi eux en te nommant 13ème Bailli titulaire.

Comme à chacun d’eux, ce titre te confère également la charge d’un fief. En l’occurrence, il s’agit du Manoir d’Audenarde.

De prestigieux Titulaires en ont gardé précieusement les clés avant toi, puisqu’il s’agit d’André Coppin, puis Jules Debaes, et enfin Daniel Salomon. Comme on dit ici : « que du beau mond ! ».

Nobles Seigneurs, Gentes Dames,

Pour remercier Christian Derycke de tant de beau langage et de bons moments partagés par toute une population, je ne risque pas « d’arracher l’sac » en  vous proposant, de l’accueillir, une fois de plus,  il en a tellement l’habitude,   par de chaleureux applaudissements.

Présentation de Michel FRANCEUS, Grand Officier

« L’arbre et l’homme ont un destin commun », lit-on dans la littérature juive,  tous deux sont « debout », « porteurs de fruits », et tous deux offrent leur protection à ceux qui en éprouvent le besoin. »

Tel est le « prunus serrulata « Kanzan », ce cerisier du japon, bien connu de ceux qui ont la bonne idée d’arpenter les allées ombragées de notre parc communal.

Bien debout et porteur de fruits,  petit arbre à port érigé, s’étalant avec l’âge. Souvent utilisé pour garnir nos trottoirs, il sera aussi bien en valeur isolé au milieu de votre pelouse.

La ressemblance avec notre Bailli officier Michel Franceus est frappante.

De taille moyenne à port érigé, il l’est, et ne lui demandez pas d’étaler ses compétences. L’homme est discret et sa seule ambition est d’être heureux.

Ses réalisations dans le domaine culturel, théâtre, littérature, musique, sont trop nombreuses pour les citer ici.

Tout ce qui touche à l’art, le passionne. Notamment la musique. Savez-vous qu’il a été guitariste dans un groupe yé-yé « les Blues Jazzmen », reprenant les Shadows dans les bals.

Il avoue par contre n’avoir aucun talent pour le dessin et la peinture, et même avoir été « saqué » par un instituteur, (en l’occurrence son propre futur beau-père !!), parce qu’il avait dessiné et mis en couleur un matériau qui ne pouvait être que gris : le béton.

Ah s’il avait pu bénéficier des avis de notre ami Bailli titulaire Patrick Declerck, le grand bâtisseur et digne… successeur de son papa Eric Declerck, lequel nous a malheureusement quitté récemment, et dont le tout  Mouscron a salué la mémoire.

Mais Michel Franceus avait d’autres ambitions… plus politiques, et d’autres couleurs… plus orangées à défendre :

Sa popularité ? Il dit ne pas la mettre comme objectif essentiel et ne recherche ni gloire ni honneurs.

Mais peut-on croire telle affirmation de la bouche d’un homme politique aussi exposé dans notre commune !

Car, contrairement cette fois à notre «  prunus serrulata », qui aime aussi s’épanouir, isolé, au milieu d’une pelouse, l’homme politique se doit de marquer  son territoire de représentations multiples et bien en vue de tous, afin de récolter dans les urnes les fruits de son action.

Au risque d’heurter sa modestie, et dans le seul but de l’encourager à continuer de prodiguer compétences et amour de sa ville bien au-delà de son pré carré… et de ses affinités coloristiques,  l’Ordre des Baillis a tenu à lui octroyer à titre exceptionnel le grade de  « Grand Officier » de notre ordre.

Point besoin d’urne pour en voter l’unanimité, c’est l’applaudimètre que vous  allez faire… rougir par vos bravos chaleureux.

Présentation de Bernard HERLIN, Officier

Notre ordre prévoit que les Baillis chevaliers intronisés depuis au moins 5 ans et qui ont témoigné d’un attachement permanent à notre ordre et à notre ville peuvent être élevés au grade d’Officier.

C’est le cas cette année pour le Bailli chevalier Bernard Herlin, dont je m’en vais prestement vous rappeler les mérites.

S’il est un autre endroit de belle nature qui est devenu une véritable institution à Mouscron, et mérite une mention spéciale, c’est bien « La Prairie ».

Voilà en effet près de 30 ans que cet endroit magique donne aux enfants et à bon nombre d’associations,  l’occasion de vivre les activités de la ferme, et de renouer avec la nature.

Notre Bailli chevalier Bernard Herlin, en est son infatigable directeur-fondateur. On ne compte plus aujourd’hui le nombre d’associations, d’organismes d’aides aux handicapés, de maisons de jeunes, dont il est membre et qui ont pris modèle sur cette formidable initiative.

Pour beaucoup, jeunes et moins jeunes, « la prairie » est devenue un lieu de ressourcement, « un véritable paradis terrestre ».

Mais pas d’Eden sans pommier.

Rassurez-vous,  celui là est inoffensif, et se retrouve également dans notre parc communal, puisqu’il s’agit du « Malus hybride », surtout apprécié pour sa spectaculaire floraison printanière, et dont l’été venu personne ne touche aux grappes de petites pommes rouges, puisqu’elles y restent accrochées jusqu’à tomber au milieu de l’hiver !

A ce stade, toute comparaison avec notre ami Bailli devient impossible.

Je me contenterai donc d’en revenir à l’essentiel :

Gentes Dames, Nobles Seigneurs,

C’est par vos vibrants applaudissements biologiques que vous rendrez hommage à notre nouvel Officier, en étouffant tout autre malencontreux sous-entendu.

Présentation de Gonzague DELBAR, Bailli d’honneur

Nobles Seigneurs et Gentes Dames,

De tous temps, et j’en prends dame Nature à témoin,  la gestion de l’eau et des déchets a été un élément déterminant de notre qualité de vie, et, en des temps pas si lointains, de notre survie.

Et s’il est une  personne qui mérite ce jour nos éloges et ceux de dame Nature, c’est bien l’avant-gardiste en matière environnementale qu’est notre ami Gonzague Delbar.

Car gérer pour notre quotidien des éléments aussi essentiels que l’eau et les déchets nécessite une parfaite connaissance de ces sciences de vie et du terrain.

Gonzague Delbar est Mouscronnois pure souche et de longue lignée, Ayant usé ses fonds de culotte au Zef jusqu’à sa majorité, c’est à notre Grand Maître Honoraire, professeur très apprécié en cet endroit ( !),  qu’il doit d’avoir appris à aimer les maths !

Diplômé Ingénieur Agronome, section aménagement du Territoire en 1978, c’est-à-dire bien avant la naissance du parti Ecolo, c’est au sein de l’ancienne intercommunale Sideho qu’il a fait ses premières armes comme ingénieur de projets en traitement de déchets, épuration des eaux, et j’en passe et des moins odorantes.

Dix ans plus tard, il gravit les échelons de Ipalle (Intercommunale fondée en 1976 qui, comme son nom ne l’indique pas, se définit comme étant l’Intercommunale de Propreté Publique de la région du Hainaut Occidental, recouvrant 23 communes).

En 2006, il en devient le directeur général.

Il est également administrateur d’à peu près tout ce qui a trait de loin ou de près aux problèmes environnementaux liés à l’eau, au traitement et au recyclage des déchets en wallonie.

Cette montée aux cimes de sa profession est entrecoupée de quelques haltes dans les branches ministérielles, comme chef de cabinet adjoint puis comme expert au cabinet du ministre de l’environnement Guy Lutgen.

Autant il est vrai que les problèmes du rapport des hommes à leurs ordures ne datent pas d’hier, (et je ne fais aucun lien bien entendu avec le ministère précité)… autant il est également vrai que de tout temps, l’homme s’est  ingénié à endiguer  » la marée montante des ordures  » et à parfaire leur traitement, pour les transformer en ressources utilitaires, artistiques ou ludiques, dans les contrées industrielles…, telles .

Que dire à ce propos de notre propre parc communal dont on a peine à se souvenir aujourd’hui que cet espace éventré dans notre paysage  fut à l’origine une décharge publique. Mais que dès 1928, des travaux d’aménagement en jardin public y  ont été entrepris.

C’est à Mr. Seroen, à l’époque architecte en chef, que l’on doit l’idée lumineuse de tirer profit des dénivellations pour créer étangs et ruisseaux, allées et escaliers, écrans et perspectives, parterres et pelouses.

Mais aujourd’hui, c’est bien  grâce à l’information diffusée par Ipalle, qu’on apprend aussi que si les ordures tuent, elles peuvent transformer les paysages urbains, mais aussi donnent vie, et même chauffer et éclairer nos maisons !

Pour expliquer à nos jeunes combien ces domaines sont source d’idée et de progrès, Gonzague Delbar s’investit personnellement en organisant des animations gratuites pour les écoles et en participants à des salons et foires à thèmes.

Très récemment encore, le service prévention d’Ipalle a tenu un stand  d’information à l’occasion  de la 47ème édition d’un salon appelé… « la Feuillerie », ça ne s’invente pas… surtout quand on sait que ce salon s’est tenu… à Celles !!!

Mais me direz-vous, cet homme là est sur la brêche 24h sur 24 ?

Il est vrai que tant d’occupations ne  lui laissent que peu de temps pour les loisirs.

Sans doute que chez Gonzague Delbar,travail et loisirs se confondent, car  notre nouveau Bailli aime aussi les plaisirs naturels, simples et sains : tels que le jardinage, le bricolage… et le bon vin.

On le dit même particulièrement connaisseur en cette dernière matière.

Dans ces moments de détente, comme tout bon mortel, on comprend qu’il préfère le vin d’ici à… l’au…-delà !

Pour cet homme qui, tel le « Quercus Palustris », ou chêne des marais de notre parc communal, a la main  verte et sait avoir les pieds dans l’eau tout en gardant la tête bien haute, notre ordre a décidé de l’orner ou disons plutôt  de l’honorer en  l’intronisant comme Bailli chevalier, cela, bien entendu, sous une bienfaisante pluie d’applaudissements.

Présentation de Jean-François STORME, Bailli d’honneur

Jusqu’au milieu du XVIIIe s, Mouscron fut un village agricole

Puis, l’activité textile prit de l’importance, d’abord avec la fabrication de molleton (mélange de lin et de laine), puis du coton.

 A partir de 1850 environ, le besoin de main d’oeuvre dans le nord de la France attira quantité d’ouvriers flamands à Mouscron.

Vers 1900 et entre les deux guerres mondiales, des patrons français investirent chez nous et construisirent nombre de filatures et  usines de tapis, attirant de très nombreux travailleurs frontaliers.

Ce fut une période prospère pour Mouscron.

Cette expansion modifia radicalement le visage rural traditionnel de notre cité, surtout entre 1919 et 1939,

Le Nouveau-Monde, le Tuquet, le Mont-à-Leux et leurs grandes lignées de maisons  ont fait que l’agglomération de Mouscron ne forme plus aujourd’hui qu’une conurbation avec la métropole du nord de la France.

Or, pendant que le textile donnait à Mouscron ses lettres de noblesse, i une autre activité économique allait se développait sous nos yeux, en plein centre ville.

C’est que le commerce des épices allait bon train, et fin 19ème siècle, chaque village avait ses négociants dont les plus ambitieux se lançèrent dans le négoce et la torréfaction du café.

Chez nous ils avaient pour nom Delbar, Dumortier… et Storme.

Tel le « Quercus Robur », ce chêne résistant à toutes les vicissitudes du temps qui passe,  l’entreprise Storme a vu le jour en 1896, et Jean-François Storme, ici présent,  est le digne héritier de 4 générations  qui ont embaumé nos narines et nos papilles gustatives depuis plus d’un siècle maintenant.

Mais comme dans toute société, la vie n’y a pas été un long fleuve tranquille.

Si l’entreprise  a connu une croissance fulgurante dans les  années 60, avec notamment la création de son propre réseau de grande distribution, dont l’enseigne « Codi » fleurissait un peu partout dans notre région,  il y eut aussi les crises des décennies qui ont suivi et qui ont mis à mal sa propre  survie.

Aussi, lorsque Jean-François Storme, encore jeune docteur en droit, rentra dans la firme en 1982, il savait qu’il aurait à  broyer du noir.

Mais que demander de mieux pour un torréfacteur !

Qualité, rigueur et Service avaient fait les beaux jours de la société, ce sont les mêmes ingrédients que  dès 1988, lorsqu’il en prit la direction générale, Jean-françois allait  remettre au « goût du jour », redonnant pas à pas à ce fleuron économique de notre cité,  son lustre et son arôme d’antan.

Un tel parcours suffirait à ce que notre ordre lui en soit reconnaissant.

Mais Jean-François aime Mouscron. Et il sait que si Mouscron doit beaucoup à son entreprise familiale, il s’estime tout autant redevable de ce que Mouscron lui a apporté.

Le voilà ainsi tout à la fois Juge Consulaire au Tribunal de commerce, administrateur de la Chambre de Commerce, membre du club Rotary Val d’Espierre,  et… last but not least : président du Comité d’Honneur du Cercle des Amis Policiers de Mouscron, tout comme le fut d’ailleurs son père Jean, lui aussi trop tôt décédé, et dont le tout Mouscron a également célébré la mémoire.

Jean-François, toi qui as déjà été nommé Chevalier de l’Ordre de Léopold,  c’est aujourd’hui notre ordre qui tient à t’accueillir en te nommant  Bailli chevalier, soutenu par les applaudissements de tout un public de mouscronnois qui te connaissent et t’apprécient.

Présentation de Gabriel GALLOVICH et Michaël CALLENS,
 Prix « Jeune Talent – Hommage à Thibaud Vanoverschelde »

Depuis quelques années, le Grand Maître Honoraire Luc Vanoverschelde avait pris l’heureuse initiative, dans le cadre de ce convent, de mettre aussi à l’honneur un jeune talent mouscronnois.

Il aurait été logique, et cent fois mérité que le propre fils de notre ami Luc, Thibaud Vanovershelde, soit mis à l’honneur au cours de l’un de nos prochains convents.

Car jeune talent, il était.

Chef d’entreprise avisé malgré son jeune âge. Il savait de qui tenir,  en succédant à son père à la tête des établissements Vano.

Homme d’action, fier de sa ville, et se dévouant pour elle. Il l’a prouvé de par ses nombreux mandats locaux et régionaux.

Vice-président de la chambre de commerce de Wallonie picarde, il était appelé à en devenir le plus jeune président.

Hélas, le destin en a décidé autrement.

A travers ce drame, c’est toute une population qui s’est sentie en deuil.

Les Baillis tiennent à  rendre hommage à ce jeune talent disparu trop tôt en ajoutant  désormais au vocable « prix jeune talent » la mention « Hommage à Thibaud Vanoverschelde ».

Thibaud aurait aimé qu’on donne à l’annonce de ce prix tout l’enthousiasme qui convient à de vrais jeunes talents.

C’est donc avec cet enthousiasme que je suis heureux d’accueillir au nom de leur équipe,  Messieurs Gabriel Gallovich et Michaël Callens, respectivement entraineur et capitaine de l’équipe des dauphins Mouscronnois, championne de Belgique en titre.

Nobles Seigneurs et Gentes Dames,

Les années se suivent et ne se ressemblent pas.

Le football était roi chez nous, et le voici déchu, avant sans doute de remporter de nouvelles batailles, foi de Hurlu.

Mais notre Ville a d’autres atouts sportifs de premier plan. Son centre de formation sportive, certes, le 2ème de Belgique, mais aussi ses magnifiques installations de piscine olympique attirant un énorme public régional.

Faisant sans doute moins de vagues que leurs collègues des terrains de foot, nos dauphins mouscronnois, puisque c’est bien d’eux qu’il s’agit, n’en sont pas moins remarquables, tant ils nous démontrent qu’en mouillant bien le maillot, on peut surfer sur la vague du succès.

Après un championnat aussi passionnant qu’indécis jusqu’au dernier match, nos braves dauphins ont remporté de haute lutte le titre de champion de Belgique pour la saison 2009/2010.

Ici, point d’allusion possible ni aux étangs, ni aux arbres de notre parc communal. Et ne comptez pas sur moi pour vous trouver quelque ressemblance avec l’arbre dénommé  «  juglans nigra », non seulement parce que, contrairement à nos athlètes,  son tronc très élancé est dénudé en partie basse, mais surtout parce qu’il est bien mal à propos de parler ici de « noyer ».

Pour  féliciter nos valeureux dauphins de  s’être plongés à l’eau avec la motivation et la détermination des vrais champions, et avant le bain de foule qui leur est réservé, nous invitons leurs dignes représentants  à faire un saut de carpe vers nous, bien entendu sous la vague d’applaudissements  du public de supporters ici présents.

Envoi final

Voilà, c’est ici que nous fermons l’album de nos héros du 36ème Convent.

Il ne reste plus au Grand Maître tout en nage devant vous, tel un noyer des marais… mais comblé par votre si longue et si bienveillante attention, qu’à vous remercier, Nobles Seigneurs et Gentes Dames,  et  vous gentils Baillis, de tant de compréhension et de patience.

Les hommes passent mais les traditions restent, et il en est une, instaurée par le Grand Maître Daniel Salomon à laquelle je ne peux qu’adhérer : c’est de clore ce Convent avec quelques mots de remerciements exprimés en vers.

Et pour ce faire, quoi de plus normal que de s’inspirer une dernière fois de Dame Nature,

Je vous emmènerai donc en quelques quatrains dans les allées de notre beau parc communal, à la recherche d’inspiration arboricole.

Votre attention et votre participation vocale sont ici essentielles, puisque vous tous ici présents me soufflerez, sans langue de bois bien entendu,  le nom de l’arbre remarquable terminant chacun de ces quatrains.

Alors, puisque vous voilà tous prêts,  allons-y

A nos grands Maîtres Honoraires,

Qui, une fois devenus centenaires

Se compteront leurs Convents mémorables

Au parc, à l’ombre d’un bel… érable

A notre scribe, qui de sa belle voix,

Des Baillis clame les exploits

Si… de rires, il nous sort des larmes

Ce n’est que partie de son… charme

A notre Héraut Laurent Harduin,

Grand Maître en matière de quatrains,

Dont les rimes tombent du cahier

Comme les pommes du…pommier

Et vous « les autres »… musiciens,

Dont les voix s’accordent si bien,

Vous écouter est un bonheur

A faire sourire un saule… pleureur

Sonnez encore clairons, trompettes,

Car sans vous, que serait la fête,

Un Convent sans vos tintintintin

Serait comme Noël sans… sapin

Et quant à vous gentil public,

Votre patience tombe à pic

Puisqu’il était question de vers,

Vient enfin celui qu’on vous sert

Et avant que d’en boire une

Qui ne  vous coûtera pas une tune

Il nous faut nous égosiller

Et bien fort ensemble chanter…