
Hommage à Jacques Leclercq
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Avant même que d’entamer ce Convent, qui se veut et se doit d’être un événement heureux et haut en couleurs de notre vie mouscronnoise, il nous tient particulièrement à cœur à nous Baillis, de rendre ici un solennel hommage à notre ami Jacques Leclerc, Titulaire du fief « Le Sartiel », dont l’absence nous est tout simplement insupportable.
Madame Marie-Paule Leclercq ne pouvait être présente pour cet hommage, mais elle a tenu à se faire représenter ici par sa fille Sophie.
Chère Sophie, chère famille ici présente, avec le décès de Jacques, les Baillis de Mouscron ont perdu un membre qui personnifiait à merveille les qualités que notre ordre se plait à mettre en exergue : entrepreneur attaché à son terroir, personnage haut en couleur aimant le bon goût et le bon mot, il était autant admiré et aimé pour ses qualités d’homme d’affaire que d’homme sociable, dévoué et attachant
C’est à l’un de ses plus fidèles compagnons de vie, Paul Lippinois, que j’ai demandé d’évoquer ici en notre nom à tous sa mémoire.
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Sans doute plus encore aujourd’hui, il est bon de se sentir soutenu par ses pairs.
Leur allure altière et respectable contribue à donner à ce Convent la solennité d’événements que tant à travers l’actualité triste qu’à travers les événements heureux de notre ville, nous tenons à évoquer en cette heure et en ce lieu prestigieux.
C’est donc en cette onzième année de notre 21ème siècle, devant vous tous, assistance aussi fournie que distinguée, que j’ai mission de présider au cérémonial de ce Convent.
Car aucun doute n’est plus permis : vous toutes et tous ici présents, êtes les témoins aussi respectables que privilégiés de l’honneur qui sera fait en ce lieu par notre noble confrérie, à quelques personnes qui, par leur réputation, leurs talents, leurs qualités de cœur, leur bonne humeur défendent notre bonne Ville et son patrimoine, jusqu’aux confins de la terre.
Il est certes tâche très agréable pour moi, en préambule à ce Convent, de m’adresser, et de remercier de leur présence et de leurs sages conseils mes prédécesseurs et Grands Maîtres Honoraires Luc Vanoverschelde et Daniel Salomon, ainsi que les Baillis titulaires, les Baillis d’honneur et tous ceux qui d’une manière ou d’une autre, m’ont aidé dans la préparation de ce Convent.
The show must go on.
Version locale : ch’est nin l’momin de tcher in rak.
Jacques Leclercq aimait écouter la façon pleine de malice et d’humour dont notre scribe Paul Lippinois évoque chaque année les faits ayant marqué sa sagacité, et donc la nôtre, au cours de l’année écoulée.
Paul, c’est aussi faire hommage à notre ami Jacques que de perpétuer ce rituel sur ce ton qui te va si bien et qui nous enchante déjà.
Mais attention Paul, pas question d’en abuser : ton talent ne doit pas prendre plus de 4 minutes pour pouvoir … pleinement s’exprimer.
Bailli scribe, je vous cède la parole.
Discours du Grand Maître
Gentes Dames, Gracieuses Demoiselles, Nobles Seigneurs,
De mes prédécesseurs, il m’a plu d’apprendre et d’ici répéter que l’Ordre des Baillis de Mouscron a le privilège, non seulement de recevoir et d’honorer d’excellents citoyens et amis de notre Ville, mais aussi a comme mission de faire revivre, au travers de notre folklore, un passé dont nous sommes héritiers.
Ainsi, au fil des convents, les Grands Maîtres Alphonse Ferret, puis Luc Vanoverschelde nous ont rappelé ou appris, à travers de bien belles anecdotes, qui furent les seigneurs successifs de Mouscron, quels furent leurs titres, leurs actions.
Notre Grand Maître Honoraire Daniel Salomon s’est également attaché à nous parler du peuple de Mouscron, car dit-il « les seigneurs passent, mais le peuple reste, avec ses qualités demeurées intactes au fil des siècles ».
A mon tour, je me suis donc mis à la tâche, en quête d’autres images ou références, et j’ai cherché dans notre Patrimoine local, ce qui mérite respect et attention.
J’abandonnai d’emblée les pistes de nos lointains ancêtres déjà abondamment balisées.
Décemment, je ne pouvais pas non plus prendre pour idéal et encenser l’un des Baillis ici présents, si empli de noblesse soit-il, sauf à risque de passer auprès des autres pour un « hurlu berlu ».
L’an dernier, en cette même grande occasion m’étais-je autorisé quelque détour facétieux en prenant comme modèle … Dame Nature bien présente au cœur de notre bonne ville de Mouscron, par les travées de notre magnifique parc communal de Mouscron, l’un des plus remarquables de notre pays.
Mais nous voilà en l’an de grâce 2011, alors, en ce 37ème Convent, en ces temps où nos repères se perdent dans les dédales de querelles institutionnelles, peut-être trouverons nous source d’inspiration , voire de valeurs qui nous rassemblent, en nous laissant aller, une fois n’est pas coutume, dans le dédale des rues de notre bonne cité, …
Leurs noms sont autant de témoins illustres ou pittoresques de notre histoire locale.
Or bon nombre parmi nous, surtout parmi les plus jeunes, en ignore l’origine et la signification.
C’est à la plume de notre ami Bailli Jacques Mercier que l’on doit ce commentaire plein de tendresse et de candeur :
« Si on ne connaissait la rue du Beau-chêne, celle des Pré-des-Haies ou celle de la Fontaine Bleue, on croirait que Mouscron est une cité verdoyante, aérée… Peut-on à ce point conjurer le sort par des mots ? »
Sans doute notre Bailli Jacques Mercier n’avait-il point été attentif à notre récit de l’an dernier, évoquant à travers les 109 espèces d’arbres de notre parc communal, un centre-ville bien plus verdoyant et aéré qu’il ne le laisse ainsi supposer.
Mais il ajoutait, à juste titre cette fois :
« Lorsqu’on vit dans une ville, les noms des rues perdent leur vrai sens, parce qu’on les connaît par cœur, parce qu’on les a prononcés tant de fois sans y attacher d’importance ».
Dès lors, en ces temps de trouble, prenons référence sur ces noms de personnalités qui ont marqué l’histoire de notre localité.
Nous ne courrons qu’un seul risque : retrouver nos repères, les valeurs qui nous unissent, grâce à l’exemple donné par quelques unes de fortes personnalités qui ont émaillé l’histoire de notre cité.
Charles Clovis Selosse, fondateur du Cercle d’Histoire de Mouscron, y a consacré patience et méticulosité, en en dressant un inventaire précis, y ajoutant quelques commentaires… généreusement saupoudrés d’encens aux effluves très ecclésiales.
Juste hommage lui en a été rendu d’ailleurs, puisque depuis quelques années seulement, et grâce à l’initiative de notre ami Bailli titulaire Claude Depauw, le passage entre la rue de Bruxelles et la « rénovation urbaine » s’appelle désormais « passage Charles Clovis Selosse ».
Ce lieu bien connu, proche de St Barthélémi, correspond bien à l’image de Charles Clovis Selosse, homme en tout point irréprochable, droit comme un cierge, et pur comme l’eau des bénitiers, produits sacrés dont les collégiens de mon âge se souviennent encore, tant il en faisait commerce au milieu de multiples autres bondieuseries, dans ce qui fut et reste l’un des plus authentiques magasins de la belle époque, rue de Tournai…
Le grand Mouscron compte plus de 600 rues, et autant d’appellations.
Relativement peu, une petite centaine, porte le nom de personnalités.
D’Edouard Anseele à Guillaume Van Zeveren, et donc de A à Z, nous en avons recherché le parcours.
Tous n’ont pas laissé une trace indélébile à la postérité, tant s’en faut !
Dieu merci, il reste du beau monde et des noms qui méritent notre respect et notre souvenir
Très aisément, nous retrouverons dans la personnalité de ceux que nous honorons ce jour l’exemple d l’un ou l’autre de ces illustres personnages.
Osons donc ce raccourci entre nos héros d’hier et nos héros de ce jour, et prenons fait et cause pour n’y voir qu’un même symbole des valeurs qu’en ce lieu nous défendons.
Ce convent s’ouvrira donc comme une histoire, où les personnages sont autant de héros, où chacun, à sa manière aura marqué d’une belle empreinte, d’un trait marquant la renommée et la fierté de notre Ville et de son peuple.
Présentation de Marcel CHRISTIAENS, Officier
Notre ordre prévoit que les Baillis chevaliers intronisés depuis au moins 5 ans et qui ont témoigné d’un attachement permanent à notre ordre et à notre ville peuvent être élevés au grade d’Officier.
C’est le cas cette année pour le Bailli chevalier Marcel Christiaens, à qui je demande de bien vouloir se lever, et dont je m’en vais prestement vous rappeler les mérites.
Né à Luingne, c’est sans doute son premier mérite comme dirait notre Bailli Alfred Gadenne, il a exercé durant toute sa carrière l’un des plus beaux métiers du monde : instituteur.
C’est qu’Il en a vu passer des générations de gamins !
Ce qui est sûr c’est que tous doivent bien se souvenir de ses jardins cultivés avec soin, du musée créé à l’école, du bac à sable rempli de reconstitutions historiques, de la recette du beurre faite sous leurs yeux étonnés, et de bien d’autres astuces dont il usait avec bonhommie pour les garder intéressés et attentifs.
Marcel fut également, et est toujours, Dieu merci, un indéfectible défenseur du patrimoine luingnois, notamment à travers le comité local de Vigilence du Patrimoine, et grâce à son implication constante dans la Commission du Musée du Folklore et dans la Société d’Histoire de Mouscron.
Mais c‘est en fait un public bien plus large qu’il est parvenu à toucher, tant géographiquement que par le cœur, grâce à une autre facette tout aussi attachante de sa personnalité : Marcel Christiaens est en effet l’auteur à succès d’une traduction très savoureuse en patois luingnois des fables de Lafontaine.
Et, chance pour moi, un autre illustre mouscronnois, Alfred Henno, dont la rue du même nom relie la chaussée du Risquons-tout à la place de la liberté, était auteur lui de chants patoisants, cette fois plus politiques que patriotiques, ce qui lui valut d’ailleurs fin du 19ème siècle le titre de « chansonnier mouscronnois au service du socialisme ».
Mais le chemin entre fable et politique est-il si éloigné ??
A chacun sa façon de s’exprimer :
Quand Alfred Henno chantait :
« j’ai toudis tchninté d’après m’conscience, Et ceux qui n’sont po contints, y n’ont qu’à ltchinter eux même. »
Notre ami Marcel répondait :
« te sés, y a dins n’import’ qui un e sequo d’bin qui y est muchi »
Gentes Dames, Nobles Seigneurs,
In vla 2 en tout cas qui éto fir d’êt mouscronno.
Aussi, c’est par vos vibrants applaudissements que vous rendrez hommage à notre nouvel Officier, c’ braf garchon qu’ a fait tant d b’in aux aut.
Présentation de Emmanuel MAHIEU, Officier
Autre Bailli méritant, il me plaît de demander à mon ami d’enfance Emmanuel Mahieu de bien vouloir se lever.
Chacun sait que la rue Camille Busschaert fait angle avec la rue Léopold : 2 rues qui séparaient d’un rien, pas même de la largeur du Riez, l’espace filles de l’institut alors appelé « dames de Marie », d’avec l’espace garçons, alors ciblé « Zef » ou « collège St Joseph ».
Ah, Camille Busschaert, est-ce grâce à ce prénom harmonisant si bien le masculin et le féminin que tant d’Idylles ont connu leurs premiers émois sous ton regard attendri, … au nez et à la barbe des professeurs, prêtres et nonnes des 2 camps, pourtant garants de la bonne moralité de ces fragiles ouailles.
Nous nous éloignons de notre sujet et de notre ami ci-devant, me direz-vous ?
Pas tellement, si vous me permettez encore un petit détour qui me semble valoir la peine :
Camille Busschaert donc, marié en 1884 à Jeanne Gillis, eut quand même10 enfants.
C’était donc un homme… fertile, certes.
Mais c’était aussi un homme… cultivé, ayant beaucoup œuvré pour le développement culturel et économique de notre cité.
Il fut notaire, échevin de l’instruction publique, puis député de Mouscron début du 20ème siècle, défendant avec hargne et compétence les intérêts de sa ville et de ses commerçants.
Son fils n’est autre qu’Augustin Busschaert, auteur de notre hymne local « A toi Mouscron » qu’il créa en 1933, et qu’aujourd’hui encore on a +- plaisir à entendre chaque demi heure au carillon de St Barthélémi !
Voilà qui méritait bien un petit détour historique.
Mais quels points communs avec notre ami Emmanuel Mahieu ?
Hé bien je l’admets, par quelques détours :
Egalement issu d’une famille très nombreuse, notre Bailli Emmanuel est le fils de celui que tous appelaient , Monsieur Fernand, instituteur, qui a appris à lire, compter et écrire à des générations de petits mouscronnois, arrivant tout penauds en première année primaire au grand collège St Joseph…
Or la classe de Monsieur Fernand donnait précisément sur la rue… au nom de l’illustre échevin de l’Instruction : Camille Busschaert !
J’en garde personnellement un souvenir très net, puisqu’il se fait qu’Emmanuel et votre serviteur se sont trouvés la même année 1956 sur les mêmes bancs de 1ère année, face à Mr Fernand !
Ah ! T’en souviens-tu, Emmanuel, lorsque nous regardions, ensemble, les étoiles,… lorsque l’avenir était la toile, qu’ensemble, nous tissions…
Ces mots que je te renvoie, cher Emmanuel, sont issus de ton livre « les mots de toujours », parfois je les relis, et me souviens à mon tour de toutes ces années que nous avons passées de la première primaire avec ton papa, jusqu’à la dernière année d’humanités.
Enseignant toi aussi jusqu’il y a quelques années, ta culture, mais aussi ta sensibilité, t’ont poussé à consacrer aujourd’hui davantage de temps à l’écriture, avec à ton actif de nombreux recueils de poésie et romans.
Tu es membre de plusieurs sociétés littéraires, tes poésies ont été publiées dans les Grandes Anthologies et dans l’Encyclopédie Poétique des éditions Jean Grassin à Paris.
C’est dans ton roman « le clan » que tu nous fais revivre les temps heureux ou troublés de ta famille et de ta région.
C’est également dans ce livre que tu relates la brillante carrière de ton grand père maternel, Henri Duchatel, dont le nom est aussi gravé dans notre cité, aux coins de la chaussée de Lille et de la rue du Labyrinthe, lui qui fut conseiller communal très dévoué, mais aussi député puis sénateur de 1921 à 1933.
Mais c’est sans doute dans ton livre « Pour Toi » qu’à mon sens tu t’es le plus profondément dévoilé, forçant ta pudeur enfouie dans ta grande carcasse, pour laisser éclater, et avec quel talent, toute ton émotion trop longtemps contenue et ton amour pour un père dont tu n’avais osé avouer que bien tard combien tu le chérissais.
Gentes Dames, Nobles Seigneurs,
C’est avec aussi une sincère émotion que je vous demande de féliciter notre ami Emmanuel pour tant de mots si délicatement couchés sur papier. Par vos vibrants applaudissements, vous rendrez ainsi un juste hommage à notre nouvel Officier.
Présentation de Pierre-Henri VAN BESIEN, Officier
Il nous plait d’appeler maintenant à se lever, ce qui est normal dans la magistrature debout, notre ami Bailli Pierre-Henri Van Besien, et lui proposer tout simplement d’écouter ces quelques mots, sans y répliquer, ce qui pour un avocat, convenons-en, est déjà moins aisé.
Mesdames et Messieurs, et nous serions tentés d’ajouter ; chers membres du jury,
On se demande parfois d’où provient telle ou telle loi, tel ou tel règlement.
Savez-vous qu’à Mouscron, c’est à partir de 1898 que les rues ont reçu leur première appellation.
Cette décision fut prise à la demande de La Poste qui ne parvenait plus à s’y retrouver dans la distribution du courrier, faute d’indication suffisamment claire quant à l’adresse du destinataire.
Certaines personnes aujourd’hui, contrariées de recevoir trop souvent leur courrier en retard, diront qu’en fait la situation n’a pas tellement changé.
Certes, il nous aurait fallu un homme de loi de la trempe de notre Bailli Pierre-Henri Van Besien pour mettre dès le début de l’ordre dans tout cela.
Comme déjà évoqué il y a quelques moments, au début du 20ème siècle, les noms de rues étaient essentiellement liés à des thèmes rappelant soit le paysage environnant, soit liés à l’activité qui y régnait.
Il en fut ainsi des rues du Beau-chêne, des Pré-des-Haies ou de la Fontaine Bleue déjà citées, mais aussi de la rue du télégraphe, celle des tailleurs, des cordonniers, des tanneurs, des brasseurs, voire la rue des fabricants.
Ce n’est que bien plus tard qu’apparurent au front de nos rues quelques noms propres, mais de notoriété certaine tels que Charles-Quint, l’empereur, cotoyant si l’on ose dire, Ste germaine, Ste Thérèse ou St Achaire, ainsi que Saint Antoine d’on ne sait Padoue, ou plutôt si : du Mont-à-Leux.
Mais à un moment donné, la nature et le calendrier des saints ne suffirent plus à dénommer nos artères citadines. Mais alors qui ?
A côté de la galerie de bourgmestres, sans doute méritants pour la plupart, on se demande si la brusque notoriété de certains, que par décence je ne citerai pas ici, ne fut pas directement liée aux cordons de leur bourse, ou à leur complaisante cécité.
La politique locale a parfois des raisons que la raison ne connaît pas !
Charles Baudelaire disait :
« Il n’existe que trois êtres respectables : le prêtre, le guerrier, le poète. »
Vous remarquerez que Baudelaire ne semble pas avoir considéré les politiques comme étant des êtres respectables.
Nous savons aujourd’hui, expérience l’appui, qu’il ne s’agissait là que d’un malencontreux oubli.
En tout cas, nos élus semblent avoir aussi faite leur cette sage parole, puisqu’outre les poètes locaux, plusieurs noms d’hommes d’église et de nombreux noms de résistants sont venus identifier nos voies et accès locaux :
En citer quelques uns, c’est leur faire hommage à tous, ce qui en ce lieu et ce moment nous a paru tout-à-fait opportun : Ils ont pou nom :
Raymond Beaucarne – Achille Bettens- Achille Debacker – Henri Debavay – Roger Decoene – Marcel Demeulemeester – André Frisque – Adhémar Vandeplassche – Roland Vanoverschelde – Guilaume Vanzeveren, et bien sûr l’abbé de Necker fusillé par les allemands à Loppem le 1 novembre 1942, comme le rappelle le mémorial érigé à la place qui porte son nom.
En 1984, avec la fusion des communes, une nouvelle règle entra en vigueur sur tout le territoire belge : puisque, sauf pour les nouveaux lotissements bien entendu, plus question de changer les noms de rues d’un iota.
C’est ainsi que par exemple, l’honorable avocat Gérard Kasiers… a subi, si l’on ose dire, la perte de sa place dans les années 70, en même temps que le réaménagement complet du lieu !
Ce brillant avocat n’en reste pas moins une figure marquante de notre cité, lui qui fut l’ardent défenseur de la Ligue Wallonne, et qui bâtonnier, siégea au Conseil de l’ordre de 1941 jusqu’à son décès en 1961.
Sans doute un tel avenir professionnel est aussi à la portée de Maître Pierre-Henri Van Besien. Mais c’est aussi pour des raisons extra-professionnelles que notre ami se voit proposé au grade d’Officier de notre ordre.
Car s’il continue sans relâche de faire profiter de ses conseils avisés ses clients fidèles, ce sont aussi de nombreuses associations professionnelles et sociales, qui ont la chance de le compter comme membre.
C’est le cas de l’asbl « Alexandre », s’occupant de dons d’organes, et dont il est membre fondateur.
C’est également le cas du Rotary de Mouscron, dont il est l’actuel et infatigable président, pour ne citer que ces exemples là.
Bien qu’il ne soit pas de coutume d’applaudir un avocat s’approchant de la barre, c’est de cette façon que je vous propose d’accueillir notre ami Pierre-Henri, à qui je serai heureux de remettre les insignes d’Officier de notre ordre.
Présentation de Thomas GADISSEUX, Bailli d’honneur
Je vous le disais, bon nombre de politiciens, mais tous décédés, figurent au nom de nos rues. Mais je proclame à ceux et celles de nos édiles communales qui en feraient ombrage qu’il vaut sans doute mieux être bien vivant, en bonne santé et ne pas figurer sur nos murs, plutôt que d’être couvert d’honneurs, mais 6 pieds sous terre.
Ceci dit, il me semble malgré tout étonnant de ne pas voir figurer dans les 600 rues de notre entité certaines personnalités défuntes, politiques ou autres, dont la voix résonne encore dans nos oreilles et dans nos cœurs, et qui ont marqué durablement notre entité.
Certes, il ne suffit pas d’être politique et même excellent tribun pour être respectable, car l’on sait notamment que les promesses de campagne électorale n’engagent que ceux qui les écoutent.
Permettez-moi de saisir cette occasion pour rendre un nouvel hommage à deux d’entre eux qui sévissaient sous nos cieux il n’y a pas si longtemps.
J’ai nommé : notre Grand Maître Fondateur, Alphonse Ferret, très longtemps Sénateur PRL et grand entrepreneur de la région, et son adversaire politique de toujours le député-bourgmestre PSC Robert Devos.
Ils avaient en commun la longévité de leurs mandats successifs, mais aussi cette formidable faculté de communiquer.
Leur discours était le plus souvent improvisé, ce qui ne lui donnait que plus de conviction.
Les vérités politiques dont ils assommaient leur auditoire changeaient au gré des campagnes, certes, mais dans ces cas le fond s’estompe tant la forme est envoûtante.
Aujourd’hui, notre avenir politique se débat bien moins à la tribune et à la chambre, que dans les médias.
C’est ainsi que le rôle des journalistes politiques a pris une importance que certains n’hésitent pas à qualifier de démesurée, tant il est vrai qu’il est parfois difficile de discerner entre questions et réponses, qui tient les ficelles d’un débat radio ou télé.
Or, nous comptons parmi les élus non pas politiques, mais ceux de l’audimat, un enfant de chez nous, don la carrière ne cesse de nous étonner, mais aussi de nous inspirer à nous Mouscronnois, admiration et fierté.
Non, je ne vous parle pas de Stéphane Pauwels, figure mouscronnoise de talent, faisant bien entendu corps avec cette autre partie de notre patrimoine historique, celle des inclassables hurluberlus.
Je ne vous parle plus davantage du parcours et du talent de notre ami journaliste sportif Benjamin Deceuninck, qui a déjà rejoint nos rangs.
Je veux parler d’un autre jeune journaliste, également issu de notre bonne cité, et qui chaque dimanche sur nos petits écrans écrase de sa belle carrure les politiques de haut grade dans un duel à fleuret à peine moucheté. Vous l’aurez reconnu, c’est Thomas Gadisseux.
Lui que j’ai pourtant côtoyé durant ses études, lorsqu’il venait gagner quelques sous en jobiste chez Vprint, comment ai-je pu le laisser filer vers d’autres médias que le papier !
Ah, quelle maman n’a pas rêvé de ce beau jeune premier comme gendre, admirant tant sa « mise en plis » délicieusement broussailleuse que les « mises au point » du débat politique qu’il mène avec aisance et autorité.
Toutes s’imaginent assises là, si proches, dans ce sofa en forme propice à la confidence, plongeant dans son regard lors de « l’indiscret » entretien qu’il leur tiendrait en tête-à-tête.
Hélas pour nous tous ici présents, c’est maintenant, à cette heure précise, qu’il est en pleine action, et que non seulement je prive les mamans ici présentes de ce spectacle, mai chose plus désolante encore : il ne peut dès lors entendre en ce même moment, en direct, l’hommage que notre ordre tient à lui porter devant vous.
Heureusement, sa maman et son premier cercle de fans, dont notre Bailli Walter d’Andréa est le porte-drapeau, sont ici en première ligne, et transmettront, avec l’exagération qu’on leur pardonne déjà, les qualités qu’ici devant le peuple de Mouscron nous lui reconnaissons.
Pendant que je demande à Madame Nicole Gadisseux, de bien vouloir s’avancer, en son nom, et recevoir ce diplôme confirmant mes paroles, nous admirons les insignes que nous remettrons à Thomas, lors de l’adoubement de cet après-midi, avec la solennité qui s’impose, en présence de témoins moins nombreux, mais néanmoins éminents.
Nobles Messieurs, Gentes Dames, que retentissent donc et parviennent jusqu’aux studios de la RTBF vos très médiatiques applaudissements,
Présentation de Patrice DEDECKER, Bailli d’honneur
C’est au début du 20ème siècle et entre les deux guerres mondiales que de nombreux industriels de chez nous, mais aussi de France et de Flandres sont venus s’établir à Mouscron. Ils y ont construit un véritable empire textile avec nombre de filatures, usines de tissus et de tapis, attirant jusqu’à 8.000 travailleurs et assurant la renommée industrielle de notre ville.
Ce fut une période prospère pour Mouscron.
Alphonse et Antoine Motte furent ainsi les fondateurs en 1906 de ce qui allaient devenir les Ets Motte, situés derrière la gare, et dont la place reliant la rue de Luingne à la rue du Bornoville porte encore le nom.
Dans les années 60, l’expansion était à son apogée, avec la construction d’ Euromotte et des Moulinages Motte.
Parmi les premiers à déménager sur le zoning industriel de Portemont, seul zoning de l’époque à Mouscron, ils furent rapidement suivis d’autres petites, moyennes t grandes entreprises.
Passé glorieux, suivi de longues périodes de crise, puisque d’année en année, rien qu’en textile, les fermetures se sont succédées et de grands noms tels que Motte, Verniers, Tyberghien, Masurel, et plus récemment De Poortere ont quasi disparu de notre paysage industriel.
Mais si aujourd’hui, les quelques 7.000 emplois perdus en 35 ans dans le secteur textile ont pu être compensés par autant d’emplois nouveaux dans d’autres secteurs, c’est grâce au développement d’autres entreprises qui pas à pas ont su traverser les crises et les décennies, et continuer de grandir, pour notre bien et l’essor de notre cité.
Et c’est bien le cas de l’entreprise Feronyl, dont nous sommes fiers d’accueillir aujourd’hui comme nouveau Bailli l’un de ses patrons : Patrice Dedeker.
Une belle histoire de famille en fait puisque Patrice, son frère Philippe et leur sœur Annick ont succédé à leur père Liévin, fondateur de la société, et lui-même, faut-il le rappeler, longtemps Bailli de notre ordre.
A l’origine, c’est dans un petit atelier de la chaussée d’Aelbeke que Liévin Dedecker a eu l’idée d’exploiter un brevet de fusion de granulés en nylon, aussi solides que du fer, disait-il, et d’en produire des pièces d’équipements mécaniques.
Lier les avantages du Fer au Nylon : le nom Fer-o-nyl était tout trouvé, et allait devenir synonyme, comme son produit, d’entreprise solide et flexible aux évolutions du marché.
Déjà dans les années 70, l’atelier devenant trop exigu, Liévin Dedeker qui savait pouvoir miser sur la jeune génération, décida de s’installer au fameux boulevard industriel.
Et là même où d’autres commençaient à péricliter, l’entreprise Feronyl n’arrêtera plus de grandir.
Après un premier bâtiment en haut du boulevard Industriel, ce fut rapidement la construction juste en face d’une unité de « décolletage », produisant les articles de moulage servant à couler les formes de pièces produites par Feronyl.
Ce fut ensuite l’acquisition des anciens ateliers Grimonprez, avenue du château, qui depuis ont déménagé au zoning de Dottignies, pour permettre leur développement et leur croissance continue, sous la direction de la 3ème génération représentée par Xavier Dedeker, fils de notre ami Patrice.
Ce fut enfin le rachat d’une partie des activités de l’usine Permeke, spécialisée dans les équipements pour engins de chantier.
Bref, le groupe Feronyl, occupant aujourd’hui plus d’une centaine de personnes, est bien l’une des grandes entreprises familiales de notre territoire.
Et pourtant, son patron, notre ami Patrice est resté un homme aussi discret qu’efficace.
On le dit convivial et d’une intégrité à toute épreuve,
Ce qu’il aime avant tout, c’est sa vie de famille, avec son épouse Nadine, ses 3 enfants, ses 4 petits enfants (bientôt 5 !) et ses nombreux amis, qu’il invite régulièrement dans son havre de paix du côté de la côte d’Opale.
Cet homme aux mains et au cœur d’or est depuis toujours un excellent bricoleur, ayant l’œil expert sur tout ce qui risque de tomber en panne, tant dans ses usines qu’à la maison.
C’est aussi un passionné de la belle mécanique.
Les voitures grosses cylindrées qu’il aime conduire, disons, à très vive allure, tombent parfois en panne, certes, mais c’est presque chance pour quelqu’un qui comme lui se plait à les réparer lui-même.
Ses affaires aussi, il les mène tambour battant, et pourtant, de l’aveu de ses amis du Lions Club de Mouscron, ce sont essentiellement sa sagesse et sa pondération qui le caractérisent le mieux, et ne doivent pas être étrangères à la brillante carrière qu’il continue de mener.
Pas étonnant dès lors qu’il fut récemment élu par ses pairs comme Président des Juges Consulaires au Tribunal de Commerce de Tournai.
Faisant ainsi également honneur à notre cité.
Patrice, pour toutes ces qualités et leur rayonnement bien au-delà de notre bonne cité, c’est aujourd’hui notre ordre qui tient à t’accueillir
en te nommant Bailli chevalier, soutenus tels mains de fer dans gants de nylon par un engrenage d’applaudissements de tous ceux qui, ici présents, te connaissent et t’apprécient.
Présentation de Alain SCHOON, Bailli d’honneur
Messires et Gentes Dames,
Qu’il me soit permis d’accueillir et de demander à Alain Schoon de bien vouloir se lever.
Avec l’attention que vous voudrez bien porter à notre 3ème et dernier nouveau Bailli chevalier, je m’en vais vous faire étalage de ses nombreux mérites.
Son CV est plus long que la liste des courses hebdomadaires de mon épouse, c’est dire !
Près de 3 pages A4, bien serrées !
Et encore, il n’y apparaît que les diplômes et responsabilités académiques postérieures à ses humanités gréco-latines au collège de Mouscron, la ville à laquelle il est resté attaché, comme en témoigne l’adresse qu’il y a gardé depuis sa naissance, rue de Flandres n° 32.
Connaissant mal ses goûts et convictions, je ne sais si notre ami a connu juste en face de chez lui, au n° 33, l’un des premiers cinémas de notre ville, ou s’il a fréquenté le temple évangélique « Béthel » qui y a pris place par la suite.
Toujours est-il que cette proximité de la gare allait lui servir de piste de lancement pour une carrière aux voies multiples.
Alors, tel un train « grandes lignes », partons d’étape en étape vers les hautes sphères de la politique et de l’éméritat, en posant un regard furtif sur les grandes étapes de l’impressionnant parcours du professeur Alain Schoon, ici présent.
Première étape : 1971 : Licence en Sciences Economiques Appliquées des Facultés Universitaires Catholiques à Mons. Etape que ma foi je parcourus également à la même époque, à la grande différence que dan mon cas il s’agissait déjà de la gare terminus.
Deuxième étape : 1973 : direction l’ULB : Licence spéciale en Analyse et Politique économique.
Troisième étape : 1985 : Doctorat en Sciences économiques, avec grande distinction, cela va de soi.
Quatrième étape : 1986 à 1998 : plusieurs haltes non comme chef de gare, mais comme chef de cabinet-adjoint des ministres Liénard et Grafé
En même temps : il participe à de multiples expertises dans et hors Belgique. C’est ainsi qu’on le retrouve notamment sur sa terre natale dans le cadre du dossier de la rénovation urbaine du centre-ville.
Depuis 1993, Professeur Emérite des Facultés Universitaires Catholiques de Mons, récemment fusionnées avec l’UCL, il a prodigué son savoir à des générations d’étudiants dans la plupart des universités belges.
Il est l’auteur de nombreuses publications faisant autorité en matière de management privé et public et est un habitué des séminaires, colloques et autres conférences traitant de matières économiques, politiques et sociales.
Bref, voilà un mouscronnois d’origine qui brille au firmament des hautes sphères académiques belges.
Mais, noble assistance, pour avoir usé bien longtemps nos fonds de culottes sur les mêmes bons, je puis vous assurer que cet homme brillant est aussi un homme de cœur, mélomane, aimant les arts, et attaché à son terroir et à ses amis.
Mesdames et Messieurs,
Notre Ordre des Baillis a décidé d’accueillir dans ses rangs ce garçon bien de chez nous, qui, par sa carrière étincelante a porté bien haut la renommée de notre ville, et de le nommer Bailli chevalier, titre qi en vaut bien d’autres, et ce dans un chahut d’applaudissements très estudiantins.
Présentation de Fabian LE CASTEL,
Prix « Jeune Talent – Hommage Thibaut Vanoverschelde »
Depuis quelques années, le Grand Maître Honoraire Luc Vanoverschelde avait pris l’heureuse initiative, dans le cadre de ce convent, de mettre aussi à l’honneur un jeune talent mouscronnois.
Il aurait été logique, et cent fois mérité que le propre fils de notre ami Luc, Thibaud Vanovershelde, soit mis à l’honneur au cours de l’un de nos convents, pour ses talents de jeune chef d’entreprise, vice-président de la Chambre de Commerce, fier de sa ville et se dévouant pour elle.
Hélas, le destin en a décidé autrement.
Les Baillis tiennent à rendre hommage à ce jeune talent disparu trop tôt en appelant désormais le « prix jeune talent », « Hommage à Thibaud Vanoverschelde ».
Thibaud aurait aimé qu’on donne à l’annonce de ce prix tout l’enthousiasme qui convient à de vrais jeunes talents.
C’est donc avec cet enthousiasme que je suis heureux d’accueillir un jeune talent : Fabian Le Castel.
Non, non, Fabian, je ne vous demande pas d’entamer votre impressionnant spectacle, même si je serais tenté de vous demander un petit extrait de vos imitations de chanteurs dont Pascal Obispo ou Arno dont vous vous appropriez de façon stupéfiante la voix rocailleuse et l’accent.
La presse, et plus précisément le journal « l’Avenir » écrivait récemment à votre sujet :
« Fabian est l’hurlu qui monte », alors pensez que nous chez les Baillis, un hurlu qui monte, déjà, ça nous intéresse.
Et quand l’article en remet une couche en disant « A Mouscron, certains ont eu mal aux abdominaux lorsqu’ils l’ont vu au centre culturel, en première partie d’André Lamy, d’Elliot ou de Tex. »,
Et puis quand on nous informe que le mouvement d’enthusiasme s’amplifie, notamment après le spectacle à « la comédie centrale » de Charleroi …
Là, vous pensez bien on vérifie !
Et on constate, qu’en fait derrière un physique d’enfant joufflu se cache une véritable bête de scène, qui par sa jeunesse sans doute, mais surtout par son talent et son travail acharné a le culot de se frotter à tous les grands de ce monde impitoyable des humoristes imitateurs.
Il faut dire que dès l’école, vous étiez le pitre de service. Et vous n’aviez pas peur de confondre l’estrade avec la scène et vos condisciples avec un public déjà tout acquis à vos facéties vocales.
Consultant quelques archives de noms de nos rues, j’en ai trouvé une, à la limite entre Mouscron et Aalbeke que vous me pardonnerez de considérer faute de mieux comme seule accroche au fil conducteur de mon propos, et qui porte un nom bien connu chez nous : la rue du Piroo Lannoy, située entre la rue du Plavitout et la rue de Forest.
L’histoire est bien ancienne puisqu’elle date de 1739, période à laquelle Pierre de Lannoy y tenait un cabaret.
Et je vous avoue que cela m’arrangerait bien de croire que s’agissant de cabaret, les chansonniers de l’époque venaient y chanter, sans doute avec moins de talent que vous, leurs textes guerriers ou polissons.
Pourtant, vous savez bien que d’un passé bien plus récent à aujourd’hui, notre ville regorge de talents du spectacle.
Mais peu, à part Marius Staquet, ont jusqu’ici eu des honneurs officiels, voire leurs noms gravés sur bâtiments ou rues de notre cité.
Et si d’emblée vous preniez pour modèle Raymond Devos, qui, fortuitement peut-être, mais de fait avéré, est né à Mouscron… sachez qu’un autre lien pourrait vous unir à cette star internationale du rire, puisque c’est au lieu dit « Castel Les Tourelles » qu’effectivement il fit sourire d’aise son premier public.
C’est en tout cas dans l’espoir de vous voir briller de plus en plus dans le firmament parmi les grandes étoiles de l’imitation et de l’humour que notre ordre a pensé à vous, en vous octroyant ce prix, et en vous félicitant pour ce début de carrière, déjà couronné de nombreux prix, dont celui de Picard de l’année 2010 et prix du public et de la presse au 19ème festival international des imitateurs.
En attendant d’autres cascades de rires et d’autres bravos, voici, offert par votre public de fans, un échantillon ma foi, bien imité.
Présentation de Fanny LECLUYSE,
Prix « Jeune Talent – Hommage Thibaut Vanoverschelde »
Nobles Seigneurs et Gentes Dames,
Remarquez que nos deux jeunes talents de ce jour ont les mêmes initiales, puisqu’à Fabian Le Castel, succède au hit parade de nos éloges Fanny Lecluyse.
En des temps plus anciens, on aurait pu dire qu’ils sont de la même lignée, et avoir même blason, puisque serti des mêmes initiales.
Ils auraient fière allure, sur fond des armes de notre bonne ville, lesquelles qui, pour mémoire, datent du Comte Basta qui, en 1676, en fit leg officiel à notre commune de l’époque.
Mais nos 2 jeunes héros d’aujourd’hui n’ont de commun que leur talent, car, c’est vrai, tous deux ne nagent pas dans la même catégorie.
D’ailleurs n’est pas encore né celui qui serait capable de suivre sur 100 et 200m brasse et 4 nages notre championne Fanny Lecluyse, ici présente, et même très bien accompagnée, puisque son entraineur, Monsieur Horatiu Droc, Jean-François Hoste, président du club, Bernard Parez, responsable des dauphins… ses parents, Lauren, Christian, et nombre de ses amis ont tenu à être témoins de l’hommage que, par notre ordre, toute la population mouscronnoise tardait à lui rendre.
Dans notre ville, qui peut s’enorgueillir d’avoir aujourd’hui des infrastructures, et donc la possibilité de développer des équipes sportives de tout premier plan, la natation est devenue un sport phare, arrivé aux plus hauts sommets de la hiérarchie nationale, voire européenne.
L’an dernier, ce sont nos dauphins mouscronnois, champions de Belgique toujours en titre, que nous avons voulu honorer, et à qui nous avons voulu montrer notre fierté et notre reconnaissance
Cette année, avec Fanny Lecluyse, championne de Belgique du 200m brasse, sortie 2 fois demi-finaliste des derniers championnats du monde, avec 3 nouveaux records de Belgique à la clé, et surtout une sélection pour les JO 2012, il nous faudra trouver d’autres qualificatifs pour la définir.
Je m’en remets dès lors aux commentaires de Bernard Perez, qui suit de très près la perle mouscronnoise et confiait récemment à la presse : « Fanny ne cesse de progresser, et elle progressera encore. Je la compare à Philippe Gilbert. Elle est gentille, mais elle a du caractère et une énorme volonté ».
C’est vrai qu’il valait mieux ne pas la comparer au sergent Ghiers, que personne ne connaît d’ailleurs, sauf ceux qui habitent la place du même nom, reliant la rue Général Fleury à la chaussée de Lille.
Là où notre jeune Fanny bondit tel un ange dès le coup de feu du starter, le sergent Ghiers lui, ne doit son héroïsme qu’à un seul coup de feu, celui par lequel son canon et lui-même explosèrent, faisant quand même de lui la seule victime héroïque de l’échauffourée du Risquons-Tout, le 28 mars 1848 !!
Pour Fanny, ce sont les chronos qui explosent dès le coup de feu donné, et ce sont bien ses supporters qui explosent de joie dès la fin de ses courses aux records.
Quand on lui demande quel est le secret de sa progression, cette jeune étudiante de 19 ans répond avec autant de sincérité que de modestie : « J’ai travaillé beaucoup plus cette année, tant dans l’eau qu’à sec ».
Sachez, chère Fanny, que pour notre part, il n’est nulle question de fêter vos performances ni à l’eau, ni à sec.
Et pour vous féliciter de vos être plongée à l’eau avec la motivation et la détermination des vrais champions, et avant le bain de foule qui vous est réservé, je vous invite à venir recevoir votre prix, bien entendu sous la vague d’applaudissements du public de supporters ici présents.
Envoi final
Voilà, c’est ici que nous fermons l’album de nos héros du 37ème Convent.
Il ne reste plus au Grand Maître tout en nage devant vous, mais comblé par votre si longue et si bienveillante attention, qu’à vous remercier, Nobles Seigneurs et Gentes Dames, et vous gentils Baillis, de tant de compréhension et de patience.
Les hommes passent mais les traditions restent, et il en est une, instaurée par le Grand Maître Daniel Salomon à laquelle je ne peux qu’adhérer : c’est de clore ce Convent avec quelques mots de remerciements exprimés en vers.
Et pour ce faire, quoi de plus normal que de s’inspirer une dernière fois des noms de rue les plus connus de notre chère bonne ville.
Je vous emmènerai donc en quelques quatrains dans les allées de nos rues, à la recherche d’inspiration …
Votre attention et votre participation vocale sont ici essentielles, puisque vous tous ici présents me soufflerez, …
le nom de la rue… terminant chacun de ces quatrains.
Alors, puisque vous voilà tous prêts, allons-y :
A nos grands Maîtres Honoraires,
Qui, une fois devenus centenaires
Se compteront leurs Convents
Sur les bancs de la rue du… Couvent
A notre scribe, qui de sa belle voix,
Des Baillis clame les exploits
Ecoutez jeunesse, ce bon vieux briscard
Dont l’écho vous parvient, rue Camille … Busschaert
A notre Héraut Laurent Harduin,
Dont Fabian est le poulain,
Member of « The King of Comedy »
Comme chante le coq anglais, rue de la Co… quinie.
Et vous de la troupe Canal’DO »,
Dont les voix s’accordent si haut,
Quand donc l’Académie aura l’honneur
De vos leçons rue des… Brasseurs
Sonnez encore clairons, trompettes,
Car sans vous, que serait la fête,
Un Convent sans vos refrains
C’est Dottignies sans … place de … la Main
Et quand à vous gentil public,
Votre patience tombe à pic
Puisqu’il était question de vers,
Vient enfin celui qu’on vous sert
Et avant que d’en boire une
Qui ne vous coûtera pas une tune
Notre hymne à nous il faut chanter
Mais une fois n’est pas coutume,
C’est Canal’Do qui, en exclusivité,
En votre honneur a concocté,
Un pot-pourri chantant Mouscron,
Ce sera le clou de cette édition…
Canal’Do, allez-y, et Vive Mouscron !
