Texte du Convent 2016, par le GM Roby Vandaele

Convent des baillis 2/10/2016

1. Le GM  rend hommage aux 2 baillis décédés

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Gentes dames, nobles Seigneurs,

Avant même que d’entamer ce Convent, qui se veut et se doit d’être un événement heureux et haut en couleurs de notre vie mouscronnoise, il nous tient particulièrement à cœur à nous baillis, de rendre ici un solennel hommage à ceux qui nous ont quittés au cours de l’année.

Or cette fois, deux décès ont marqué l’histoire et la notoriété de notre Confrérie :

André Waignien, né le 28 janvier 1942 à Mouscron et décédé le 22 novembre 2015. André était rentré comme bailli en 1999.

Compositeur, trompettiste, il a créé plus de 600 œuvres pour orchestre d’harmonie, mondialement interprétées. L’un de ses derniers souhaits était de composer une œuvre à la gloire de Mouscron et qu’il voulait intituler « la marche des baillis de Mouscron ». Il souhaitait en faire un événement en invitant l’orchestre d’harmonie de l’armée de terre à Mouscron pour une exécution en primeur mondiale …, vœu qu’il n’aura malheureusement pas eu le temps d’exaucer.

Par ailleurs, c’est avec tristesse mêlée d’incompréhension que nous avons appris le décès le 21 février 2016 de notre ancien bourgmestre et ex-bailli Jean-Pierre Detremmerie.

En dépit d’une fin de parcours politique largement controversée, il fut pour Mouscron et sa population une figure de proue du développement économique et social de notre  ville qu’il aimait profondément.

De lui, nous retiendrons l’image du bâtisseur, promoteur infatigable, vendeur dans toutes les langues des atouts de sa ville, mais il fut aussi un homme en perpétuelle recherche du bien-être de ses concitoyens.

Pupille de la nation, il n’avait de cesse de justifier son action par un juste retour des bienfaits reçus de la ville qui l’a aidé à grandir.

Son dernier combat perdu ne peut faire oublier toutes les batailles gagnées pour sa Ville.

C’est en hommage de ces 2 fortes personnalités qui ont marqué, chacune à sa manière, l’histoire de Mouscron, que je vous demande de vous lever pour quelques instants. 

2. Sonnerie courte

3.Tribunal d’introduction du Convent

La scène comporte trois personnages.

  1. Le Grand Maître des Baillis veut nommer X nouveaux baillis d’honneur
  2. Un échevin conteste ces nominations au nom de la commune
  3. Le Président du tribunal a été commis d’office et ne s’y intéresse guère

Grand Maître des Baillis :

Nobles Seigneurs, Gentes Dames, naïfs paltoquets, je viens d’être saisi d’une cabale qui me tombe bien pesante sur l’estomac.

Alors que j’entreprends d’adouber quelques baillis méritants et d’en élire quelques nouveaux, après consultation propre et unique de mes raisons personnelles, je reçois une missive rédigée en mauvais françois qui me fait grief de mes choix et me conduit ici devant votre Cour afin d’y être jugé et d’établir sans tambour ni trompette si je suis bien dans mon droit.

Sans vouloir être le Primus Inter pares, je me présente à vous tout esbaudi de cette convocation. 

L’Echevin :

Oui, Président. (S’adressant au public) Permettez-moi de vous présenter le Président, le seul que j’ai trouvé à cette heure précoce de la journée, lequel recèle toutes les qualités mentales et salutaires afin de rendre justice à notre bonne ville. Il permettra d’établir si les Baillis adoubés et nouveaux sont en passe d’illustrer notre Cité.

Le Président :

Cessez de dégoiser, Monsieur l’échevin et venons-en au fait. J’ai encore des poules à nourrir et du grain à moudre avec pas mal d’entre elles.

Si j’accepte de présider, c’est que la question est d’importance et mérite sur le champ d’être traitée.

Comment, en effet, nourrir ces Baillis supplémentaires, comment leur accorder la pièce de vêtement digne de leur Ordre, comment les rassasier jusqu’à plus soif quand on sait qu’à Mouscron beaucoup sont capables d’avaler tcherques et tonneaux, comme on dit ici, soit les barriques mais aussi les fers qui les ceignent ?

Voilà toutes les questions qui se posent à nous.

J’en viens tout de suite à l’acte d’accusation :

Le Grand Maître, qui à l’instant présent rempile pour un bail, nous propose ci-devant une nouvelle rafale de Baillis d’honneur, lesquels auraient fait leurs preuves dans bien des domaines, notamment la haute trotte, le rigodon, la sacquebutte et le vieux Tombrouck.

En conséquence de tous ces arts bien perchés, il les propose à notre suffrage sans que nous détenions la moindre preuve de leurs capacités.

  En conséquence, je mets au défi le grand Maître des Baillis d’étayer ses propositions et de nous faire le serment hic et nunc de ne nommer que des Mouscronnois bien Hurlus et charpentés.

Grand Maître des Baillis :

Monsieur le Président, tout ceci sent le complot et le vieux maroilles. Néanmoins, en vertu des pouvoirs qui me sont enlevés, je m’en vais vous conter l’histoire de notre Ordre afin que nul n’en ignore.

L’Ordre des Baillis de Mouscron est un ordre folklorique, ce qui indique que ses membres ne se prennent pas au sérieux même si en faire partie constitue un honneur dont le plus grand nombre aimerait se parer.

La Ville de Mouscron est une entité jeune par rapport à l’histoire et de petite race.

Elle n’a pas comme ses voisines de cathédrale romane ni de tombeau équestre à faire valoir.

Elle est née de la laine et du rouet comme d’autres accouchent debout et mal sanglés.

Pour lui donner des lettres de noblesse, il a donc été conclu que les Hurlus du Bois Fichaux et du Mont-à-Leux unifieraient leur destin patriotique, cornemuses et biaux sarreaux, pour constituer l’ordre des Baillis de Mouscron, lesquels fêteraient leur destin houblonné le premier week-end d’octobre suivant le calendrier grégorien en vigueur dans toutes les bonnes brasseries. Néanmoins, pour effacer du poids des ans l’irréparable outrage, il est de coutume de renouveler le cheptel chaque année et, comme s’en vont les Baillis bien chenus rongés par l’implacable mathématique du calendrier,  en naissent d’autres fort alertes, bien aises de figurer altiers dans la docte société.

Le Président :

J’entends bien votre plaidoirie, Grand Maître et vos arguments pèsent leurs quintaux.

Néanmoins, il me semble que vous biaisez et tentez d’emmener notre tribunal sur une sente orpheline à mille lieux du propos initial. Je vous invite donc à rejoindre le droit chemin et à rencontrer nos objections : cmint qu’in va faire pour élever tous ces Baillis ?

L’Echevin :

Bien parlé Président. Le Grand Maître n’en mène pas large et dans ses biaux habits il est tout riquiqui.

Le Président :

Du calme, Monsieur l’Echevin. Vous n’ignorez pas que la justice se rend sereinement et que les jugements commotionnels n’y sont pas de mise. Répondez Grand Maître et au fait, je vous prie.

Le Grand Maître

Merci Président.

D’abord, je clame haut et clair que nos Baillis nouvellement désignés ne coûteront rien à la collectivité.

Leur pièce de vêtement de haute taille est coupée dans un brocard de la meilleure veine grâce à la compétence du personnel de van Outrijve, C’est ce qui lui donne ce lustre et ce bel azur, lequel sied si bien à leur majesté.

Malheureusement après des siècles d’existence, il nous faut ici craindre pour cette usine le même sort que bon nombre de nos usines textiles, avec à la clé un avenir moins glorieux.

Quant au repas dont nous les gratifions, il est des plus frugaux et leur permet seulement de garantir une panse à demie pleine jusqu’au soir.

Les plus menus risquent même de défaillir jusqu’à ce que mort s’en suive. Enfin pour ce qui est du liquide, le Bailli Gonzague Delbar nous confirme que l’eau de Mouscron figure dans le palmarès mondial des aquaphiles, ce qui explique nos nombreuses brasseries passées et présentes car la bière, si fraîche en nos contrées, ne contient jamais que 95% d’eau.

Voilà pourquoi nombre de nos compatriotes laissent toujours un léger fond au-dessus de la dernière strie du verre, ad libitum, descendat super vos et maneat semper.

L’Echevin

 Permettez-moi d’intervenir, Monsieur le Président et de demander à la Cour que le Grand Maître ne nous bombarde pas d’expressions étrangères, lesquelles nous laissent dans l’ignorance et donnent de notre bon peuple l’image d’un troupeau de demeurés.

Le Président

Vous avez raison, Monsieur l’échevin, le Grand Maître n’est jamais à une sourate près et ne ménage guère nos oreilles habituées à notre joli langage vernaculaire. Néanmoins, ses arguments ne manquent pas d’impact. En conséquence de quoi j’autorise le Grand Maître à nous présenter les candidats.  

4. Sonnerie courte

5. Le GM fait son discours de bienvenue

Mesdames, Messieurs,

Nobles baillis Titulaires, grands Maîtres Honoraires,  grands Officiers, chevaliers, roturiers et manants, votre présence nous honore.

Il est temps de quitter verbiage et langage de vieux françois, dont les mots,  bien que ciselés et peaufinés durant tant de siècles par nos aïeux, n’ont plus guère écoute aujourd’hui.

Même si c’est à regret, il nous faut  bien constater que nos braves concitoyens comprennent bien mieux ce que sont I-phone, I-pod et autre I-pad, et restent heureusement esbaudis devant des mots tels que  escobar, matois ou chafouin, qui pourraient leur être proférés, ignorant que leur signification n’est autre que faux-cul ou sainte-nitouche.

C’est donc en cette seizième année de notre 21ème siècle, devant vous tous,  assistance aussi fournie que distinguée, que j’ai mission de présider au cérémonial de ce 42ème Convent.

Il est vrai que voilà déjà la 3ème année que notre Convent s’offre le privilège d’intronisations devenues bisexuées, grâce à l’insistance  des uns … et au bon sens des autres !.

Avec nos 42 ans d’existence, quel bel âge !,  nous avons enfin atteint la pleine maturité de notre noble Confrérie.

42 ans que votre présence témoigne de votre attachement à Mouscron et à ceux qui, bien humblement, s’efforcent d’en souligner les valeurs, à travers les honneurs que nous rendons ici même annuellement à quelques personnes qui,  par leur  réputation, leurs talents,  leurs qualités de cœur, leur bonne humeur défendent notre bonne Ville et son patrimoine, jusqu’aux confins de la terre.

Mais avant que d’en discourir il plaira certainement à cette noble assistance de partager une première pause musicale dont je laisse à notre échevin compétent, c’est en tout cas lui qui l’affirme, le soin de nous en présenter la teneur.

 6. L’Echevin présente l’animation musicale

7. PREMIERE animation musicale

8. Le GM présente le gouverneur Tommy Leclercq

Gentes Dames, Gracieuses Demoiselles, Nobles Seigneurs,

A l’entame de notre 42ème Convent, nous partirons une fois encore à la quête de symboles puisés dans notre patrimoine local pétri des valeurs qui méritent respect et attention, et  illustrent celles de nos héros de ce jour.

Mais il faut bien reconnaître qu’il n’y a pas beaucoup de trace de gouverneur dans l’histoire de notre bonne Ville.

C’est qu’en fait il faut viser plus haut que notre vieille seigneurie, qui est  celle des familles d’Audenaerde au 12ème siècle jusqu’au marquis Balthazar d’Ennetières, comte de Mouscron décédé en 1817, soit peu d’année avant l’indépendance de notre pays.

Et si j’évoque ici sa mémoire, c’est qu’en fait il fut le premier président de l’administration du département de Jemappes, dont les contours ne sont rien d’autres que ceux de notre actuelle province du Hainaut.

Or braves gens, oyez plutôt : quasi 200 ans plus tard, nous avons l’honneur de recevoir en cette salle gothique chargée d’histoire, précisément l’actuel  Gouverneur de notre province du Hainaut, j’ai nommé Monsieur le gouverneur Tommy Leclercq, présent ci-devant.

Pour un tel titre, vous imaginiez sans doute un homme d’âge plus qu’avancé, le dos tout couvert de ramée, et se déplaçant avec peine.

Or vous avez devant vous un homme jeune encore,  né il y a bien moins d’un demi-siècle à Lobbes, en Thudinie, (qui n’est pas un pays de l’Est de l’Europe, mais un coin charmant du val de Sambre, entre Charleroi et la frontière française) et qui depuis peu est devenu le plus jeune gouverneur de Belgique.

Certes en sa qualité de commissaire du gouvernement fédéral, et de trait d’union avec les autres instances communautaires et régionales, ses missions sont essentiellement liées à son autorité sur les organes de sécurité civile, policière, mais aussi sur les services incendie  de sa province, bref sur tout ce qui fait notre confort et notre sécurité, ce qui, avouons-le, n’est pas une sinécure par les temps qui courent.

Mais déjà dans notre bonne ville il peut compter sur une gestion sans faille de ces organes de sécurité, et, si j’ose dire, sur ceux de notre bailli titulaire Guy Bracaval pour le seconder.

L’actualité récente nous démontre qu’ailleurs en Hainaut, forains et camionneurs pensant imposer leurs revendications, se sont butés à la détermination de notre gouverneur et ont pu ainsi goûter à son sens de l’autorité directe.

C’est sans doute à son ami de longue date Elio Di Rupo qu’il convient de cerner le profil de notre illustre invité de ce jour, disant de lui :

« Lorsqu’il était jeune étudiant en sciences politiques, j’ai directement perçu chez ce jeune homme à la fois de réelles capacités intellectuelles mais aussi un réel goût pour la politique et sa détermination à y prendre une part active ».

Cette prédiction n’a fait que se confirmer tout au long de la carrière de notre hôte, puisqu’avant d’être notre gouverneur, il a baigné dans la ferveur des meetings et exercé de hautes responsabilités politiques notamment comme chef de cabinet de différents ministres.

Notre Ordre est dès lors fier de faire acte d’allégeance auprès de son nouveau gouverneur et de l’appeler ci-devant afin de lui décerner, devant vous tous ici présents, le titre de Grand Officier de notre Confrérie des baillis de Mouscron.

9. Quatrain du « président »

10. Elévation par le GM de Tommy Leclercq au grade de Grand Officier

« Par la grâce des pouvoirs qui me sont conférés, je vous confère le titre honorifique de  Grand Officier de l’Ordre des Baillis de Mouscron.

Je t’admets, te reçois et t’installe en qualité de Grand Officier de l’Ordre des Baillis de Mouscron. »

11.Sonnerie courte

12.Le GM présente les 4 nouveaux baillis Officiers

Notre Ordre prévoit que les Baillis chevaliers intronisés depuis au moins 5 ans et qui ont témoigné d’un attachement permanent à notre Confrérie et à notre Ville peuvent être élevés au grade d’Officier.

Or, comme dans les armées, il y a des levées de disette et il y a des promotions où le tir est carrément groupé.

C’est le cas cette année pour 4 de nos vaillants chevaliers aguerris, tous, mais est-ce un hasard, ayant en cours, ou juste derrière eux, une brillante carrière professionnelle liée à un dévouement sans faille dans nos associations locales.

Point n’est besoin ici de rappeler leurs faits d’armes et mérites, leur modestie en souffrirait trop, et  puisque chose en a été faite il y a un lustre de cela, bornons nous à les prendre chacun à témoin d’un point commun, et déjà marquant aux temps immémoriaux des débuts de notre vie mouscronnoise.

Car Baudouin Domicent, Gonzague Delbar, Patrice Dedecker et Jean-François Storme, sont gens d’affaires certes, mais aussi gens aimant savourer les moments  de convivialité avec leurs concitoyens.

Et parions une tournée qu’aucun d’eux ne refuserait de prendre  dans sa taverne favorite ce qu’on appelait un « potz », ce récipient au format 25cl mais de contenance 33 pour fêter leur présente nomination au grade d’Officier !

Ecoutons à ce propos ce qu’en écrivait le cher Abbé Coulon, notre inénarrable historien local en soutane :

«L’homme a de tous temps été ce qu’il est, et n’a jamais pu se contenter de vivre dans l’austérité de mœurs, sous la protection autoritaire des seigneurs, baillis et autres échevins ou curés. Or, même sous la répression du début du 18ème siècle, avec 507 estaminets, soit 1 pour 27 habitants ( !),  le cabaret, et ses dérivés plus ou moins honnêtes, devinrent le lieu de rencontre favori du peuple à l’occasion de fêtes, jeux de boule (en tous genres…) , jeux de paume et autres rassemblements sur la grand’place. »

Et bien , la Grand’Place, nous y sommes, et s’il faut encore attendre un peu avant d’abreuver nos gosiers altérés par tant de patience, il n’est que temps de se mettre dans l’ambiance festive du jour en invitant nos nouveaux officiers à se voir remettre hic et nunc un nouvel insigne digne de leur rang, celui d’officier de l’Ordre des baillis de Mouscron, sous vos applaudissements.

13. Quatrain du « président »

14. Nomination par le GM des 4 baillis au grade d’Officier

Remise des broches

15. Sonnerie courte

16. Le GM présente Joël Pollet comme bailli d’Honneur

Dès le 14ème siècle, le prestige des Seigneurs grandissait hors de leur fief, et notamment auprès de la Cour de leur Suzerain, ce qui les incitait à déléguer leurs pouvoirs à des hommes de confiance.

Or il se fait que le premier et le plus important fonctionnaire seigneurial de Mouscron n’était autre que le Bailli, nommé à vie, et dont les premières traces à Mouscron remontent à 1332 avec Jehan du Coullombier.

Les missions et responsabilités du bailli étaient  très larges à l’époque. Et notoirement, il veillait à l’observation des coutumes, mais aussi à la rentrée de taxes en tous genres, telles que fermages des manants et des censiers, vaillants ancêtres de nos cinsis !

Cher Monsieur Pollet, cher Joël,

N’en déplaise à nos troublions de Président et échevin de tribunal de pacotille doutant du bien fondé de nos choix, qu’il est doux de nous rendre compte aujourd’hui qu’il ne faut plus être au service d’un Suzerain ou d’un seigneur et encaisser à son seul profit impôts de toutes natures pour être digne d’être bailli.

Mais bien au contraire, c’est aujourd’hui dans la générosité  au service des plus fragiles et des plus pauvres d’entre nous, que notre Ordre puise désormais ses nouveaux membres les plus méritants.

Et s’il est un Mouscronnois qui, tout au long d’une vie déjà bien remplie, mais encore pleine de promesses, n’a cessé de se préoccuper du bien-être de ses concitoyens, c’est bien toi, cher Joël.

Certes, au cours de ta vie professionnelle, tu monnayais tes services d’ingénieur en installations de chauffage, mais rien de grave puisque c’était en France que tu te renflouais, et que c’était chez nous à Mouscron que tu dépensais, bien secondé il est vrai, comme tout un chacun, par ta chère, en l’occurrence ta très chère épouse Henriette.

Mais c’est une fois l’âge de la retraite bien sonné que tu te mis à faire fructifier davantage encore tes talents de créateur et d’organisateur de services aux plus démunis de notre bonne ville.

Qu’on en juge par quelques exemples, loin d’être exhaustifs :

Membre de la Conférence de St Vincent de Paul du Tuquet ;

Membre puis président de la maison d’accueil Terre Nouvelle ;

Membre des P.O. de l’école du Tuquet et du collège Ste Marie.

Fondateur de la Banque alimentaire de Mouscron dont notre ami bailli Jacques Vanderstrick assume aujourd’hui la présidence non seulement locale, mais internationale et même européenne !

Dans toutes ces instances, ton écoute, ta discrétion et ton sens de l’organisation font aujourd’hui merveille.

Gentes dames, nobles seigneurs,

Si notre Ordre a attendu tant d’années avant d’accueillir Monsieur Joël Pollet, c’est que nous pensions qu’il avait bientôt l’intention d’arrêter ses activités. Il aurait été temps alors de lui faire honneur pour tant de mérites.

Mais nous devons nous rendre à l’évidence, ce temps de retraite n’est pas à son programme des prochaines décennies, c’est pourquoi nous estimons qu’il est temps dès ce jour de souligner les bienfaits rendus à la population en le nommant Bailli, et chevalier  de notre confrérie. 

17. Quatrain du « président »

18. Intronisation de Joël Pollet comme bailli d’Honneur

« Pour services rendus à la ville de Mouscron, par la grâce des pouvoirs qui me sont conférés, je vous intronise Chevalier de l’Ordre des Baillis de Mouscron.

Je t’admets, te reçois et t’installe en qualité de Chevalier de l’Ordre  des Baillis de Mouscron. »

19. L’ « échevin » présente la deuxième animation musicale

20. Deuxième animation musicale

21.Le GM présente Vincent Yzerbyt comme Bailli d’Honneur

On peut dire, en abusant d’un large raccourci historique, que Mouscron à, du moyen-âge jusqu’aux décennies récentes, fait l’objet de dépendances de tutelles très diverses, tant religieuses qu’administratives.

 Et bien entendu, chaque revirement était le résultat de lutte d’influence, voire de combats acharnés, donnant victoire et pouvoir quasi absolu au vainqueur.

Il en était déjà ainsi au 13ème siècle des bisbrouilles entre seigneurie de Saint Pierre de Lille et les seigneuries de la famille de la Barre de Mouscron, puis à la fin du 16ème siècle entre les mêmes lillois et le seigneur de Mouscron Antoine de Liedekerke.

Que serait devenue notre société, que serait devenue Mouscron à travers les âges si le bon sens de nos dirigeants avait pu les amener à cerner à la fois les facteurs qui alimentent le rejet de l’autre, et ceux qui contribuent à une vie sociale plus harmonieuse ?

C’est que nos dirigeants de tous temps et de tout poil n’avaient jamais entendu parler des bienfaits de la psychologie sociale, cette science qui étudie la question des relations parfois tumultueuses entre les groupes.

Et que dire de nos responsables politiques d’aujourd’hui ? …

Sans doute qu’à Mouscron  la recette pour franchir les écueils de la politique locale tient en quelques règles de conduite hautes en couleurs … :

Passer au bleu les décisions de la majorité antérieure, qui du coup voit rouge, et avoir pour principe de base : bloquer le signal à l’orange et ne jamais attendre qu’il passe au vert. C’est ainsi qu’à Mouscron on roule dans ..le bon sens !

Or, détrompez-vous, en psychologie sociale, il ne s’agit pas seulement de bon sens, mais bien de connaissance scientifique, dont les développements, bien que récents, font aujourd’hui autorité bien au-delà des cercles universitaires.

Et nous avons l’honneur et la chance d’avoir parmi nous en ce lieu prestigieux l’une des plus éminentes autorités en la matière, en la personne de Monsieur Vincent Yzerbyt, psychologue de formation, docteur en psychologie sociale et en statistiques,  et vice-recteur de l’UCL, et à ces différents titres  aussi  connu dans les hautes sphères universitaires que dans sa propre ville.

Sans doute Mouscron a le réflexe bien compréhensible de penser à Damien dès que le nom Yzerbyt est prononcé, mais si la mémoire de Damien est encore très vive et perpétuée dans notre ville, c’est aujourd’hui le frère, Vincent qui mérite toute notre amicale attention.

Car c’est vers lui que se tournent spécialistes des troubles sociaux et  médias pour écouter ses analyses scientifiques tant de conflits sociaux récents (tel que celui des « nuits debout ») , que des questions liées à l’afflux des réfugiés (dont il décortique préjugés et remèdes), que dans un tout autre ordre les matières délicates de sexisme hostile ou bienveillant dans notre société ( là où il dénonce notamment les risques et dangers des stéréotypes).

Pas étonnant dès lors que ses livres sur la psychologie sociale  soient autant de références reconnues autant dans les milieux scientifiques qu’éducatifs.

Et pour que la boucle soit bouclée, qui ne se souvient de Vincent comme dirigeant de l’ESTU ou comme animateur-organisateur pionnier des fameuses 24 heures de course à pieds de Mouscron créées par notre ami Luc Tyberghien ?

Gentes dames, nobles seigneurs,

Si Vincent a pu puiser dans ses racines familiales et locales tant de richesse sociale pour en faire bénéficier un plus grand nombre au niveau national et international, c’est qu’il est temps aujourd’hui d’en souligner les mérites et de l’inviter à rejoindre notre Confrérie en le nommant Chevalier de l’Ordre des Baillis de Mouscron.

22. Quatrain du « Président »

23. Intronisation de Vincent Yzerbyt comme Baillis d’Honneur

« Pour services rendus à la ville de Mouscron, par la grâce des pouvoirs qui me sont conférés, je vous intronise Chevalier de l’Ordre des Baillis de Mouscron.

Je t’admets, te reçois et t’installe en qualité de Chevalier de l’Ordre  des Baillis de Mouscron. »

24. Sonnerie courte

25.Le GM présente Xavier Haspeslagh comme Bailli d’Honneur

Jules Debaes et Robert Vandenberghe sont 2 mouscronnois de souche ayant traversé le 20ème siècle et ayant tous deux retracé l’histoire  de notre Ville dans un livre intitulé « Mouscron : Itinéraire du Village paysan à la cité industrielle », et dans lequel votre humble serviteur a puisé nombre d’informations.

Un chapitre y est consacré aux « conséquences de l’immigration et des mouvements flamands à Mouscron dès la fin du 19ème siècle ».

A cette époque, même si déjà Mouscron se montre très  accueillante à leur égard, nos historiens écrivent qu’ «ils arrivent chez nous en tel grand nombre qu’on sent chez eux une volonté de former une communauté afin de se rassembler … et même de s’imposer » !!…

Leur slogan aussi sournois que prémonitoire était  : « Nous Vous Aimons », en abrégé : N.V.A…

Cette situation a sans doute précipité dès 1914 un réflexe de défense d’une frange importante de décideurs mouscronnois, contre ceux que Anthime Parmentier, l’un des fondateurs de la « ligue wallonne », appelait les « brayoux » .

Or, oyez braves gens, beste vrienden,  

Nous, peuple de Mouscron, savons que la force de notre histoire locale est bien dans notre bon sens, traversant les aléas des frontières qui nous entourent :

Notre essor, qu’il soit d’origine locale, ou qu’il vienne de Flandres ou encore du Nord de la France, nous le devons  au dynamisme  de tous ces entrepreneurs, d’où qu’ils viennent, accueillis, soutenus et guidés par nos instances locales.

Comment dès lors ne pas se réjouir de la présence parmi nous de Xavier Haspeslagh, représentant familial  de l’un des fleurons de notre industrie agro-alimentaire, originaire de Flandre Occidentale, là où sa famille a construit un véritable empire industriel, le groupe ARDO, groupe comptant aujourd’hui près de 4.000 personnes, qu’il administre avec 6 de ses cousins.

Mais c’est  à Mouscron, parce qu’il y trouve les conditions idéales pour de nouvelles implantations, que Monsieur Xavier Haspeslagh  décide en 2001 de lancer seul une activité complémentaire à celle de son groupe. Et c’est ainsi qu’il se lança dans de lourds investissements en construisant d’abord et en rachetant ensuite en 2010 d’énormes entrepôts de stockage de produits surgelés et frais.

Il devient ainsi patron d’une entreprise qui occupe aujourd’hui plusieurs dizaines de personnes.

Et quel patron ! : Aux dires de son personnel il est tout simplement génial, tant il est préoccupé de leur bien-être !

Mais il y a plus, car s’il est un véritable leader, Xavier est aussi un passionné de grande montagne. Et pour partager ses valeurs d’engagement physique et d’immersion dans la beauté des milieux naturels, il organise des safaris dans des pays aussi variés que la Russie, l’Altaï, le Canada ou l’Espagne. Avis aux amateurs de sensations fortes !

Alors, Gentes dames, nobles seigneurs,

A ce capitaine d’industrie, grand aventurier nous venant du Nord mais ayant choisi Mouscron  comme point central de ses activités, au point de déjà y faire partie de plusieurs associations, les baillis titulaires de notre Ordre, dans un énième geste d’apaisement communautaire, et avec l’accord de son épouse Inge,  ont décidé à l’unanimité d’introniser notre ami Xavier  Haspeslagh comme chevalier de l’Ordre des baillis de Mouscron.

26. Quatrain du « président »

27. Intronisation de Xavier Haspeslagh comme bailli d’honneur

« Pour services rendus à la ville de Mouscron, par la grâce des pouvoirs qui me sont conférés, je vous intronise Chevalier de l’Ordre des Baillis de Mouscron.

Je t’admets, te reçois et t’installe en qualité de Chevalier de l’Ordre  des Baillis de Mouscron. »

28. Sonnerie courte

29. Le GM présente Françoise Dutrieux comme baillie d’Honneur

Jusqu’en 1855, la police mouscronnoise est purement rurale. Il y avait bien une brigade de gendarmerie, institution datant d’avant la révolution française, et installée localement depuis 1846 à l’angle de la rue des brasseurs et de la rue du Luxembourg.

Mais au 19ème siècle,  une commune telle que Mouscron avec ses 7.000 habitants méritait bien de disposer d’un véritable commissariat, qui veillerait à la sécurité de sa population.

C’est que les risques liés à la proximité frontalière étaient bien réels, avec ses mouvements migratoires, et l’accès direct à Mouscron  via la toute nouvelle gare de chemins de fer inaugurée dès 1842. Et qui peut prétendre que l’histoire ne se répète pas ?

Bien évidemment, à l’époque, point trace de femmes dans nos casernes, pas plus dans la gendarmerie que dans  la police, ni même chez les pompiers, dont le corps armé, exclusivement masculin lui aussi, venait également d’être constitué en garde civique en 1848.

Alors combien de temps faudra-t-il attendre pour aussi assister à un bouleversement dans les murs et dans les mœurs machistes de nos garnisons ?

La réponse est énorme : 130 ans !!, et encore …

Et oyez bien gentes dames, nobles seigneurs, car l’histoire mérite d’être contée par le menu

Nous sommes en l’an de grâce 1978, lorsqu’une jeune roubaisienne,  étudiante infirmière au CHM de Lille, laisse tomber ses études, pour sauter dans les bras  d’un vaillant mouscronnois, et décide de le suivre .. du bon côté de la frontière.

Jusques là me direz-vous, quoi de plus normal, les mouscronnois sont tellement séduisants !

Oui mais voici la suite : le jeune mari, nous l’appellerons …, se porte candidat pour rentrer à la police de Mouscron et se voit signifier un refus, faute de posséder les diplômes requis.

Mais notre jeune amoureuse, nous l’appellerons Françoise, est bien décidée à ne pas en rester là.

Car elle, ce diplôme requis, elle l’a ! Alors pourquoi ne présenterait-elle pas dès lors sa propre candidature ? Il n’y a pas encore de femmes dans la police de Mouscron ? Et alors, la belle affaire ! Homme ou femme, tout le monde est égal, devant la loi, et La loi c’est la loi, ..

Si tôt pensé, sitôt fait : En femme de caractère, notre Françoise est bien décidée à faire valoir ses droits si chèrement acquis devant ce quart-de-rond d’hommes chargés de son recrutement.

Oh ! la tête des recruteurs !…

C’est qu’il aura encore fallu près de 3 ans à notre suffragette pour faire entendre raison à ces messieurs. Et c’est du haut de ses 26 ans, et « sacrément enceinte » comme elle le dit elle-même, qu’à force de taper sur la table, elle finit par réaliser son ambition : être une policière d’action, sur le terrain, comme ses collègues masculins.

Gentes dames, braves gens,

Si les siècles passent bien vite, que dire de 35 années passées depuis cet épisode où Françoise Dutrieux est devenue la première femme policière de Mouscron.

Du caractère, certes elle en a à revendre, mais toujours au service des autres. Mais elle a aussi et surtout un cœur gros comme ça où tant de personnes ont pris place tant dans son métier qu’en dehors.

Oui, Françoise a dû et a su par sa compétence et son charisme se faire respecter et se faire apprécier, tant en interne que sur le terrain. Mouscron lui doit énormément, et aujourd’hui elle peut être fière des traces de son travail qui marquent notre ville, car :

Le premier salon de la sécurité routière à Mouscron, c’est elle ;

Les grands concours pour les écoles au Centr’expo, c’est elle ;

La présidence de l’amicale de la police, c’est encore elle.

Et infatigable, aujourd’hui après 35 ans d’une vie trépidante, elle exerce ses talents en organisant des voyages ou en président le club disons « d’anciens jeunes », club dont le nom évocateur est « Tamalou » , pour lequel, comme toujours Françoise mène ses activités avec sensibilité et passion.

Alors, ne demandez pas ce dont elle est le plus fière aujourd’hui : elle qui a été pionnière au point d’attirer  dans son sillage 23 policières en tenue, sa voix se noue quand elle parle de la police comme de sa famille, mais avoue aujourd’hui être heureuse d’enfin pouvoir se consacrer à ses enfants et ses 5 petits enfants,.. avec son mari, le dernier homme à essayer de lui tenir tête.

Ainsi, braves gens, nobles seigneurs, s’il est vrai qu’un ordre bien éphémère étonnement dénommé « les Ebaillies », a pu placer notre amie Françoise Dutrieux un court moment sur le devant de la scène, c’est aujourd’hui à titre ferme et définitif que l’Ordre des Baillis de Mouscron, recruteur occasionnel et charmé,  à l’honneur d’introniser notre Inspecteur Principal de la police de Mouscron Françoise Dutrieux au grade de Dame Chevalier de l’Ordre des Baillis, grade qu’elle partage désormais tout naturellement en pionnière avec Michèle Sioen et Muriel Meurisse, formant le premier trio féminin de notre Confrérie.

30. Quatrain du Président

31. Intronisation de Françoise Dutrieux comme Baillie d’Honneur

« Pour services rendus à la ville de Mouscron, par la grâce des pouvoirs qui me sont conférés, je vous intronise Chevalier de l’Ordre des Baillis de Mouscron.

Je t’admets, te reçois et t’installe en qualité de Chevalier de l’Ordre  des Baillis de Mouscron. »

32. L’ « échevin » présente la 3ème animation musicale

33. TROISIEME ET DERNIERE ANIMATION MUSICALE

34. Le GM présente Joy Halsbergh, prix « challenge Thibaud Van Overschelde »

On ne peut pas dire que la renommée sportive de Mouscron date de temps immémoriaux.

C’est au sport cycliste que revient la palme de l’ancienneté dans notre cité, avec la création en 1893 du club « le vélo sport » dont le siège était sur la grand place, au café sportif tenu par Raymond De Baes.

Vint ensuite le football dans les années 1920 avec dès 1930 la mise à disposition généreuse des terrains actuels du canonnier par son propriétaire de l’époque Léonce Busschaert.

Et ce n’est en fait qu’à partir des années 50 que se développèrent tous les autres sports connus aujourd’hui.

Et encore, combien savent qu’aujourd’hui nous avons dans notre entité un club de karaté appelé « Shotokan Karaté Herseaux » dont les performances font pâlir de jalousie les plus grands clubs de notre pays.

Et pour qu’un club marche, il faut des pionniers, en l’occurrence la famille Haslebergh, dont 3 générations successives ont emporté tant de concours que l’étagère familiale déborde littéralement de coupes et trophées de plus en plus prestigieux.

Le patriarche, c’est Francis, aujourd’hui 6ème Dan, et sans doute le plus titré de nos karatekas régionaux, et puis il y a son fils Laurent, actuel entraineur du club, et enfin il y a Joy, notre jeune talent que nous avons le plaisir d’honorer ce jour.

C’est que Joy est tombé tout jeune dans la potion magique qui le prédestinera à la fulgurante carrière qui est la sienne aujourd’hui.

Il n’avait pas 18 ans quand déjà il faisait partie de l’équipe nationale belge junior de karaté.

Ce furent ses premiers championnats d’Europe, dont il s’était bien juré de gagner la plus haute marche, celle qu’il allait partager avec son équipe en 2015.

Fin de la belle histoire ? que nenni ! fin seulement du premier épisode, car un Halsbergh ne s’arrête jamais de progresser, d’autant que dans son cas, comme le dit son papa Laurent « sa marge de progression est encore énorme » !

Déjà vice-champion d’Europe junior en kata individuel, Joy Halsbergh est depuis l’an dernier passé senior, là où tout va plus vite et frappe plus fort.

Son but ? devenir champion du monde, et sûr qu’il peut compter sur son club et sur son clan pour montrer à tout le monde ce dont il est capable .. et rendre fière de lui sa famille, .. mais aussi toute la population mouscronnoise.

Ce n’est donc pas l’argent qui motive notre jeune talent, .. et heureusement pour notre Confrérie dont le cœur est certes grand, mais la bourse bien petite, si j’ose m’exprimer ainsi.

Mais rassurez-vous cher Joy,  car outre ce modeste chèque, vous trouverez une médaille d’une valeur symboliquement très riche celle-là, ainsi qu’un diplôme au bas duquel vous trouverez la signature de la Confrérie de l’Ordre des Baillis de Mouscron, témoignage de la reconnaissance, les félicitations, mais aussi les encouragements de toute la population Mouscronnoise envers l’un de ses citoyens les plus méritants.

35. Quatrain du « président »

36. Remise de la médaille, du prix et du diplôme à Joy Halsbergh

37. Sonnerie courte

38. Le GM présente Fantine Harduin, prix « challenge Th. VanOv.

S’il y a bien une chose qui est viscéralement ancrée dans notre bonne ville, c’est ce qu’on appelait à l’époque « les plaisirs de la scène ».

Dès la fin du 19ème siècle, opérettes, comédies légères mais aussi drames sociaux servaient de thèmes aux nombreuses troupes fleurant bon les couleurs politiques en place, qui quant à elles, n’ont pas vraiment changé.

Mais à côté des officiels « Cercle Avenir », «  Cercle Saint-Joseph » et autre « Casino », il était écrit que le Mouscronnois aime chanter, rire et s’amuser.

A côté des « cabarets des filles de joie », apanage du quartier du Mont à Leux, il y avait pour les « braves gens » ce qu’on appelait « les cabarets chantants », source de générations de chansonniers, dont le pionnier fut sans conteste Alfred Henno, poète patoisant, suivi quelques décennies plus tard,  de groupes aux noms porteurs de bonne humeur tels que : « les maboules du Haut Judas », « les imbéciles rigolards », « les francs lurons », « les boum boums », et bien d’autres encore.

Certes grâce au dynamisme de notre académie et de notre centre culturel, Mouscron regorge toujours de talents artistiques mis en valeur par des activités dont le niveau est reconnu bien au-delà de nos frontières.

Mais jamais, dans toute l’histoire de notre ville, le talent n’avait percé si jeune.

Oserions-nous dire que la personne qui nous occupe, au risque d’offusquer notre tribunal d’opérette, n’est encore qu’une très jeune adolescente, ce qui ne l’empêche pas de déjà faire parler d’elle dans le gotha du monde cinématographique !

Mais qui est donc cette enfant au talent exceptionnel ?

Il faut dire qu’elle a de qui tenir avec un papa acteur, nous l’appellerons Laurent,  qui emmenait son bébé en maxi cosy dans les coulisses du Staquet, et en fit très vite la mascotte sur scène des spectacles « fou rire garantis » qu’il présentait déjà en sa compagnie.

Pas question pourtant de forcer le trait. D’ailleurs, avec son naturel enfantin,  comme toutes les gamines de son âge, elle est gourmande, apprécie toutes les cuisines, sauf les pommes de terre cuites à l’eau.

Elle est aussi très fière et même protectrice de son petit frère de 9 ans.

Pourtant, c’est en 2012, alors qu’elle n’a encore que 7 ans, que déjà elle séduit le jury de l’émission télévisée « Belgium got talent », et débute ce qu’il est bien convenu d’appeler aujourd’hui  une véritable carrière de comédienne.

Dès ce moment,  il faudrait  être d’un autre siècle et avoir jugement frappé de sénilité, pour ne pas avoir lu son nom écrit en lettres de plus en plus grosses sur les génériques et affiches de télévision et de cinéma.

Si Harduin est son nom, elle se fait bien vite un prénom révélateur et si doux de consonance,  comme pour prévenir le spectateur d’une évidence : cette actrice est jeune, très jeune, c’est encore.. une EN..FANT, c’est une histoire enfantine :  FANTINE.

Ne soyez donc  pas surpris si après avoir tourné avec Cécile de France, et suite au tournage qu’elle passe cet été  aux côtés d’Isabelle Huppert et Jean-Louis Trintignant, dans un  film réalisé par  Michaël Haneke, vous  retrouviez notre héroïne de ce jour : Fantine Harduin, l’an prochain en leur compagnie sur les marches du Festival de Cannes.

Ma chère Fantine, on dit de toi que tu as l’audace, la répartie et la justesse à l’état pur, et que tu as devant toi l’avenir d’une grande comédienne, avenir que nous te souhaitons et que tu mérites, sans aucun doute.

Mais écoute bien ceci : même si les sirènes de renommée te chatouillent déjà les oreilles, tes parents et tes professeurs  t’ont aussi donné ce regard innocent, pétillant, qui ajoute ce qu’il faut de modestie et de lucidité comme ingrédients indispensables à une grande carrière….  Comprends-tu cela ?

Gentes dames, nobles seigneurs,

Vous avez devant vous Fantine Harduin,  une enfant dont non seulement les parents, non seulement la famille et les amis ici présents, mais dont toute la population mouscronnoise peut légitimement être fière.

Fantine, de la scène où je me trouve, imagine que je sois pour toi une sorte de Maître Merlin, dont la baguette magique te couvre de sympathie, celle de tous les grands prêtres  qui, ici assis autour de toi, par leurs propres mérites, et par la magie du folklore sont devenus Baillis de Mouscron.

Tu vois, malgré nos âges et nos allures quelque peu empruntées, nous avons un point commun avec toi : nous aimons Mouscron .

Et il était un homme jeune, qui comme nous tous aimait sa ville et brillait dans sa jeune carrière. Il s’appelait Thibaud Van Overschelde.

C’est en mémoire à sa jeunesse passée au service de Mouscron que le prix que tu vas recevoir porte son nom.

Et vous tous, public ici présent, soyez témoin de ce geste exceptionnel dans notre noble confrérie : celui de mettre à l’honneur le plus jeune talent jamais reçu en notre Convent et de lui décerner ce prix et ce diplôme dont la valeur symbolique vaut bien cachets et affiches futures qui seront dédiées en d’autres lieux à notre héroïne de ce jour.

39. Quatrain du « président »

40. Remise de la médaille, du prix et du diplôme à Fantine Harduin

41. Sonnerie courte

42. Remerciements par le GM et envoi final

Voilà, c’est ici que nous fermons l’album de nos héros du 42ème Convent.

Et permettez-moi gentes dames, nobles seigneurs, de m’adresser une dernière fois avec autant de satisfaction teintée de léger dédain,  à nos président et échevin de cet éphémère tribunal d’opérette :

Sieurs,  ainsi après avoir entendu les mérites de nos héros de ce jour,

Et joui de l’ambiance afropéenne de tant de troubadours,

Quittez vos airs suspicieux et envieux de l’entame de ce Convent,

Et, avant d’en chanter et trinquer,  joignez-vous à la liesse des baillis et public ici présents,

En leur adressant à tous, hinc et nunc, un tonnerre d’applaudissements.

  1. Appel de l’ « échevin »  informant l’assistance de la fin du Convent en danse et chanson