
Convent des baillis 1/10/2017
1. Le GM rend hommage aux baillis disparus
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
1.Hommage du GM à Alfred Gadenne, Luc Van Overschelde, et Jean Tyberghien
Gentes dames, nobles Seigneurs,
Pour notre Confrérie, et pour les raisons que vous savez, quelle lourde année que celle écoulée depuis notre dernier Convent !.
Ce fut d’abord Jean Tiberghien, grand Officier de notre Ordre qui devait nous quitter.
Cet ancien Directeur des usines Damart à Dottignies était aussi Consul Honoraire de France à Mouscron.
On disait de lui qu’il se dévouait corps et âme à sa mission de Consul, en tout cas, son assiduité nous prouvait qu’il était très attaché aux Baillis.
Intronisé en 1982, il était devenu le membre le plus ancien de notre Confrérie.
Et puis l’année écoulée sera définitivement marquée par, la poisse, la guigne, la fatalité, la loi des séries, tout ce que vous voudrez, car si perdre un être cher tel que Jean, même âgé est toujours une épreuve, que dire de la disparition brutale telle que celle de Luc, et de l’inimaginable sort subi par notre bourgmestre Alfred Gadenne.
Dès lors, chers amis ici présents, avant même que d’entamer ce Convent, qui se veut et se doit d’être un événement heureux et haut en couleurs de notre vie mouscronnoise, il nous tient particulièrement à cœur à nous baillis, de rendre ici un hommage tout particulier à 2 personnalités , véritables piliers de notre Confrérie que resteront à jamais Luc Van Overschelde et Alfred Gadenne.
Luc fut Grand Maître de notre Confrérie de 1994 à 2001, puis Grand Maître Honoraire.
Il nous a brutalement quittés le 8 juillet dernier, à 2 jours de son 75ème anniversaire.
Luc, le capitaine d’entreprise, bien sûr, mais aussi Luc présent, voire président dans tout ce que Mouscron et la région compte d’associatif, de caritatif, de pédagogique, de socio-économique.
Luc aimait prendre la parole. Il le faisait avec charisme et talent, en toutes circonstances, des plus joyeuses aux plus tristes, avec chaque fois le besoin quasi viscéral de parler peu mais parler vrai.
Luc savait et aimait organiser, et beaucoup de baillis ici présents peuvent en témoigner, non seulement parce qu’il fut notre grand maître pendant 8 années, mais aussi parce qu’il préparait nos voyages annuels et se faisait un point d’honneur à ce que cette sortie des baillis soit un régal culturel, festif et laisse à chacun des souvenirs inoubliables.
Luc, le visionnaire savait tracer le chemin et plaider les causes difficiles.
Qui ne connait le sigle jaune et bleu de Vano, son entreprise, qu’il a fait passer en quelques décennies du petit distributeur de matériel électrique en un groupe industriel à la pointe de la technologie.
Cette entreprise, il voulait la transmettre à son fils Thibaud, s’il n’y avait pas eu le drame de cet accident qui l’a emporté bien trop tôt.
Dans le monde économique régional, Luc était un leader : que ce soit à la chambre de commerce dont il fut président et l’un des initiateurs de la fusion des chambres de Tournai et de Mouscron , ou que ce soit au Tribunal de Commerce où il siégea de nombreuses années, il a toujours eu un rôle de rassembleur prêt à payer de sa personne et à partager son expérience au profit du plus grand nombre.
Soucieux de l’avenir de nos jeunes étudiants face au monde de l’industrie, il tenait à partager ses craintes et espoirs avec le corps professoral, notamment dans le cadre du pouvoir organisateur de l’école technique St Henri à Mouscron.
Enfin il laisse de nombreux amis dans d’autres cercles, et la liste est encore longue, mais citons l’amicale de la Police dont il fut l’un des membres fondateurs et où il savait allier bonne humeur et comportement citoyen.
Luc aimait Mouscron, profondément.
Je le vois il y a juste un an, le dimanche des hurlus, sur le balcon de l’hôtel de ville jetant les poupées hurlus, ce geste symbolique, presqu’enfantin, ce geste de connivence avec la population qu’il affectait, et qu’il n’aurait manqué pour rien au monde.
Mais Luc savait aussi en tout temps se montrer fier de sa famille, au point de cacher derrière cette fierté les drames qu’il avait trop de peine à partager.
Les baillis avaient souhaité associer le nom de son fils Thibaud, trop tôt disparu, au prix du jeune talent que nous décernerons dans quelques instants. Ce sont dorénavant les 2 prénoms que nous associerons à ce prix, en leur souvenir à tous les deux.
Comme tant d’autres, je dois beaucoup à Luc, tant il m’a ouvert de portes, jusqu’à celle des Baillis de Mouscron.
Il a donné à tous ceux qui l’ont côtoyé l’envie d’être fier de notre ville, à travers son passé et au service de son futur.
Dans cet éloge fait à Luc, n’est-il pas frappant de constater d’abord que tout ce qui vient d’être dit caractérise tout autant Alfred Gadenne que Luc Van Overschelde.
Les hommages faits au bourgmestre se sont multipliés depuis la tragédie de ce lundi 11 septembre 2017. Et par respect pour sa modestie légendaire, point n’est besoin d’en rajouter.
Mais qu’il me soit néanmoins permis de mettre plus en évidence un élément, un constat, résultat sans doute de la vie de l’homme de cœur qu’il était avant tout :
Si Alfred Gadenne a pu construire une incroyable popularité tout au long de sa vie, il la doit à l’affection profonde qu’il portait aux gens de toutes conditions, et qui le conduisait à prendre fait et cause pour résoudre les problèmes de chacun.
C’est toute une ville, et même toute la nation qui pense aujourd’hui à ses proches, mais surtout à Agnès, son épouse, dont beaucoup savent l’amour que ce couple exemplaire vivait au quotidien.
Nous, baillis, gardons un souvenir particulièrement ému de leur présence à tous deux jusque tard dans la soirée, lors de notre fête de « retour au château des comtes » en août dernier.
Nous, baillis, n’avons pas manqué d’entamer ce WE de fête des hurlus en nous rassemblant pour nous recueillir quelques instants hier encore autour de sa tombe au cimetière de Luingne.
Que de sympathie témoignée ! du plus petit au plus grand ! Dans notre jargon nous dirions du manant au régnant, amenant les uns comme les autres, jusqu’aux politiques de tous bords et à la famille royale, à se recueillir aujourd’hui devant sa dépouille.
En souvenir et en hommage à nos amis trop tôt et subitement enlevés à notre affection, Mesdames et Messieurs, Gentes dames nobles seigneurs, levons-nous quelques instants.
2. Sonnerie courte
3.Tribunal d’introduction du Convent
Grand Maître des Baillis :
Passons maintenant à la partie plus festive, mais non moins officielle de notre Convent..
Nobles Seigneurs, Gentes Dames, gentils freluquets,…
Le Président :
Grand Maître, serait-ce possible que vous empestiez la viande rôtie? Il me semble que vos dernières réjouissances se sont déroulées en août dernier et que, dès lors, vous eûtes pu faire nettoyer vos oripeaux!
L’Echevin :
C’est ce que j’appellerai « ne pas être en odeur de sainteté »…
Grand Maître des Baillis :
(Regard de mitraillette à l’échevin)
Nous verrons cela plus tard, Président, vous aussi Monsieur l’Echevin, car ce n’est pas ce qui m’amène… je viens d’être à nouveau rattrapé par une … transpiration…
L’Echevin et le Président:
…?…
Grand Maître des Baillis :
Une conspiration, pardon, c’est l’émotion qui m’étreint, l’enjeu qui m’émeut…
Une conspiration qui me tombe bien lourdement sur la cafetière (même si celle-ci ne sera inventée que dans deux siècles)…. :
Alors que je m’apprêtais à adouber, comme chaque année à la même période, quelques baillis méritants – et d’en élire quelques nouveaux et – … pas de nouvelles, il me faut le préciser…. En effet, maintenant que nous recevons également de nobles dames au sein… de notre assemblée, il me plaît à le rappeler dès que l’occasion m’en est offerte…
Le Président :
Ah, parlons-en, Grand Maître, des nobles dames, parlons-en!
L’année dernière, ici-même, vous nous cassâtes menu-menu les oreilles à leur sujet! « Nobles dames par-ci, nobles dames par là ». Vous tentâtes de nous les imposer de force allant même jusqu’à faire entrer ici – mon hyper-tension s’en souvient encore – une représentante de la maréchaussée! Et je ne sais si ce sont vos pots de vin ou vos moult bocks de bière qui firent que l’échevin ici présent accepta, au mépris de tout bon sens, de laisser ainsi entrer « eu’ djâle dins l’auberche » Toujours est-il qu’asteur, comme Adins, elle est n’dins! »
Et après tout ce brouhaha, qu’apprends-je, qu’entends-je, qu’ouïs-je? Que vous ne fûtes pas capables de nous dégotter une … dame qui pût prétendre à nous rejoindre! Pas une? Tout ça pour ça?!
Grand Maître des Baillis :
Mais, je vous en prie, Monsieur le Président, laissez-mois vous dire:
je m’en vais vous conter l’affaire…
L’Echevin :
Oui mais fissa, Grand Maître, nous n’avons que la matinée…
Grand Maître des Baillis :
Voilà-t-y pas, dis-je, que l’on me convoque en ville sans me préciser le motif mais en me laissant comprendre qu’il ne fera pas bon s’appeler « Grand Maître » sitôt l’affaire entendue… Je m’y rends…
Comme vous le savez, je n’habite pas le manoir d’à côté. Je pars donc bien à l’avance et comme j’ai bien fait! J’arrive à l’octroi, aux abords de Rekkem et là… quelle affaire! Nos voisins français n’ayant pas signé l’édit de Nantes, contrôlent chaque carrosse, chaque équipage.
D’attente et de soif, nos langues pendent jusque par terre; heureusement, me dis-je en mon for intérieur, je vais prestement montrer patte blanche ou plutôt blanc-seing. Bref, je vais sortir mes lettres de créance au déclarant sis à l’arrière de l’octroi et nous passerons facilement le barrage marédechaugigé… de chaussigé … la douane, quoi!
Mais arrivé à l’arrière de l’octroi et là: personne! D’octroi, fi!
– « Eul douane? In d’a pus! » me confie un autochtone.
Je fouette donc le cocher qui, à son tour, fouette ses chevaux et lui enjoins de nous mener au château des Comtes. Là, à nouveau: personne! J’arrive donc ici-même, au rez-de-chaussée… personne non plus… les bureaux sont vides… Je me rends alors au nouveau bâtiment, vous savez, ce donjon tout en verre … personne… j’en parle à un manant qui trainait ses guêtres dans le coin…
« – Ah ben, ch’est normal qu’y a personne, in est dimanche!!! » qu’il me fait, l’autre…
« – Te devros r’tourner à l’ancien hôtel de ville… in est l’dimanche des Hurlus, i sont à l’étache!
Et donc, Monsieur le Président, me voilà… Alors, vous pensez, avec tout cet embarras, trouver eine guern… pardon, une dame, pouah!
Quoi c’que te veux que…
Pardon: que voulez-vous? Je ne sais plus à quels seins me dévouer…
Le Président :
Ouais ouais ouais…. J’ai ouï dire que vous nommiez à nouveau à tour de bras moult baillis mais qu’à part siéger une fois l’an, toucher des écus de présence et ribouldinguer aux frais du Roi, personne ne tapait un clou, céans!
Qu’est-ce que vous dites, en bas de ça?
L’Echevin :
Permettez-moi d’intervenir, Monsieur le Président; mais « siéger sans en taper une tout en touchant des écus », en fait, ce n’est pas une pratique indigène mais bien du sud du pays… de Lîdje… C’est ce qu’on a appelé le Syndrome de l’Intercommunale « Toudisfaim » mais nous notre ville en a été épargnée…
Le Président :
Lîdje? Ouais ouais ouais… Samu… Samu… étonné aussi…
Passons maintenant, Grand Maître, à vos nouveaux intronisés… Qui sont-ce?
Grand Maître des Baillis :
Avant tout, Monsieur le Président, je voudrais avec ou sans votre permission rappeler à ces braves gens l’origine de notre Ordre afin que nul n’en ignore :
L’Ordre des Baillis de Mouscron est un ordre folklorique, ce qui indique que ses membres ne se prennent pas au sérieux même si en faire partie constitue un honneur dont le plus grand nombre aimerait se parer.
La Ville de Mouscron est une entité jeune par rapport à l’histoire et de petite race.
Elle n’a pas comme ses voisines de ministre ni même de « Aubert-Bayern » qui ferait mousser les parchemins du coin. Encore que…
Elle est née de la laine et du rouet.
Pour lui donner des lettres de noblesse, il a été conclu que les Hurlus du Bois Fichaux et du Mont-à-Leux unifieraient leur destin patriotique, cornemuses et biaux sarreaux, pour constituer l’ordre des Baillis de Mouscron, lesquels fêteraient leur destin houblonné le premier week-end d’octobre suivant le calendrier grégorien en vigueur dans toutes les bonnes brasseries. Néanmoins, pour effacer du poids des ans l’irréparable outrage, il est de coutume de renouveler le cheptel chaque année.
L’échevin :
Nous entendons bien votre plaidoirie, Grand Maître, vous nous l’avez déjà servie l’an dernier. Mais, pour cette année, quels sont vos prétendants et où sont leurs mérites?! Et surtout, combin qu’cha va ‘core coûter?!
Le Grand Maître
D’abord, je clame haut et clair que nos Baillis nouvellement désignés, comme d’habitude, ne coûteront rien à la collectivité.
J’ajouterais même, que cette année, les deux nouveaux.. sont tel’mint v’nus à rin qu’in veot presqu’à travers!
Nous avons donc cette année, Monsieur le Président, un …militaire…
Le Président (s’étranglant presque):
Un quoi?
Ah non! Après une gendarmette, un bidasse?! Y pensez-vous grand Maître?!
Le Grand Maître (presque à voix basse)
Oui mais depuis quelques années, il gère aussi un peu les finances de comment dire … l’endroit où il se trouve…
Le Président
Aaaahhhh! Fort bien, qu’il entre!
L’échevin :
Pour einfe fos, in vlà un qui pourra mette eine pinte!
Le Président
Et l’autre?
Le Grand Maître:
Un … sportif!
Le Président
Pouah, je me demande si je ne préfère pas encore le militaire…
L’échevin :
Et cha, ch’est sûr’mint ein qui bo nin!
Le Grand Maître:
Il a en effet traversé le désert de Simpson sans boire une goutte… de bière…
Le Président
Prenez exemple, vous qui n’arrivez pas à le faire rien que pour aller jusqu’à Herseaux ballons!
Grand maître, il me faut vous faire confiance une fois encore, d’autant qu’en matière de Simpson, je ne connais qu’Omer.
Procédez donc!
Le Grand Maître:
Monsieur le président, une fois encore, votre bon sens vous honore.
4. Sonnerie courte
5. Le GM fait son discours de bienvenue
Mesdames, Messieurs,
Nobles baillis Titulaires, grands Maîtres Honoraires, grands Officiers, chevaliers, roturiers et manants, votre présence nous honore.
C’est donc en cette dix-septième année de notre 21ème siècle, devant vous tous, assistance aussi fournie que distinguée, que j’ai mission de présider au cérémonial de ce 43ème Convent.
43 ans que votre présence témoigne de votre attachement à Mouscron et à ceux qui, bien humblement, s’efforcent d’en souligner les valeurs, à travers les honneurs que nous rendons ici même annuellement à quelques personnes qui, par leur réputation, leurs talents, leurs qualités de cœur, leur bonne humeur défendent notre bonne Ville et son patrimoine, jusqu’aux confins de la terre.
Mais avant que d’en discourir il plaira certainement à cette noble assistance de partager une première pause musicale dont je laisse à notre échevin compétent, c’est en tout cas lui qui l’affirme, le soin de nous en présenter la teneur.
6. L’Echevin présente l’animation musicale
7. PREMIERE animation musicale
8. Le GM présente Sarah Morant : jeune talent lauréat du challenge « prix Luc et Thibaud Van Overschelde
Certes il était grand temps, après des décennies de lutte entre tradition et raison, d’adouber, et d’accueillir annuellement, autant de dames que de messieurs en notre sein (si j’ose dire), ayant enfin décidé que les mérites, même s’ils sont du genre masculin, embrassent nécessairement, et par définition, la gente féminine.
Evidemment le démarrage n’est pas facile : avec le Nouveau Régime débuté voici 3 ans, seulement 3 dames baillies sont venues rejoindre nos dizaines de respectables titulaires, grands officiers, officiers et autres chevaliers de notre Ordre.
Aussi espérions-nous accélérer le mouvement par une entrée en force de la gente féminine en ce 43ème Convent.
Mais si bien haut nous espérâmes, bien bas nous chûmes !
Faut-il nous résoudre à croire que c’est l’excès de modestie ou la crainte déraisonnable de la charge d’honneurs pourtant bien mérités, qui font que les dames pressenties hésitent à ce point à se laisser porter par vos bravos au-devant de la scène ?
Certes, la question ne se poserait même pas si nous nous tournions pour nos choix vers le monde politique, dont la gente féminine est d’ailleurs dignement représentée dans notre commune. Mais leur intronisation serait superfétatoire, car c’est pour elles dans le cadre des élections que leur valeur est mise en avant,… ou remise en question !
Toujours est-il qu’il nous faut ici en faire le constat : cette année restera une année sans entrée de nouvelles baillies dans notre Confrérie, ce qui, bien entendu, laisse aussi augurer de beaux « rattrapages » dans les années à venir.
Par contre, bien heureusement, cette année, le prix désormais appelé « challenge Luc et Thibaud Van Overschelde », est attribué à une talentueuse jeune fille, bien de chez nous, une écrivaine des temps modernes, qui grâce aux moins de 20 ans a déjà acquis une renommée internationale : il s’agit de Mademoiselle Sarah Morant.
Sarah, voici une petite anecdote qui démontre que Musique et littérature peuvent exprimer les mêmes sentiments, et qui dans ton cas, ressemble fort à une coïncidence historique :
Sais-tu en effet, Sarah, que la mandoline, cet instrument datant du 16ème siècle, qui ressemble à un petit luth, a pour réputation d’avoir une sonorité à la fois feutrée et percutante, que l’on redécouvre dans nos concerts, et dont la presse a tout récemment souligné le retour en grâce dans nos concerts, lui reconnaissant comme un accent de « timidité » et de « fragilité » propice à rendre la musique plus humaine encore.
Alors « timidité » et « fragilité » : voilà deux mots qui te correspondent … jusqu’à en faire le titre de deux de tes derniers livres.
Car toi, à ta manière, en utilisant le web, ce moyen d’expression bien d’aujourd’hui, tu nous donnes l’occasion de clamer urbi et orbi ce que d’ailleurs le monde du livre virtuel sait déjà de toi, à savoir qu’à 17 ans, tu es une auteure à succès lue par des millions de très jeunes lectrices, en quête de partage de sentiments humains, où ces mots : « timidité » et « fragilité » prennent une place de choix.
Ainsi tu es la preuve bien vivante qu’une amoureuse des mots peut, dès l’âge de 11 ans, une tablette sur les genoux, nichée dans un coin du salon familial , protégée du monde extérieur par le halo d’une simple lampe de chevet, parvenir à toucher le cœur des millions d’enfants de ton âge, ceux là-mêmes qui vivent tes récits que tu signais à tes débuts sous le pseudo « sasa411 » ,et qui retrouvent grâce à toi le goût de l’aventure et par là même celui tant décrié de la lecture .
Il faut reconnaître que, avec toi, les expressions « prendre la plume » et « écrire » sont balayées à tout jamais, pour faire place à de nouveaux aphorismes tels que wattpads, skyblogs, et autres plateformes, vocables nés de ce nouveau monde internet ou chacun peut trouver ce qu’il recherche : le pire, mais ici en l’occurrence aussi le meilleur.
Mais auras-tu le temps d’encore écrire longtemps, toi qui ambitionne d’entamer dès l’an prochain de longues et difficiles études de médecine !
C’est certes là une autre histoire que peut-être tu viendras nous conter ici même dans quelques années.
Gentes dames, nobles seigneurs,
L’an dernier déjà, avec Fantine Harduin, nous tenions à démontrer que la valeur n’attend pas le nombre des années, et qu’il semble qu’en cela au moins ce sont les filles qui montrent l’exemple. Ouf !
Oh certes, bien que riche de sentiments, notre Ordre n’a pas la cagnotte d’un prix Goncourt, mais qui sait, le diplôme et le prix « challenge Luc et Thibaud Van Overschelde » qui sont décernés ce jour à Sarah Morant, en ce lieu prestigieux, auront belle présence dans ses souvenirs d’auteure à succès.
Dès lors, en attendant de voir Sarah Morant auréolée du titre de docteur, donnons donc à notre jeune écrivaine celui de « lauréate », digne du prix que nous nous empressons de lui offrir.
9. Quatrain du « président »
10. Remise de la médaille, du prix et du diplôme à Sarah Morant
11. Sonnerie courte
12. Intronisation de Robert Vangeneberg comme Grand Officier
Des 43 années d’existence de notre Confrérie, rares sont nos membres qui, avec assiduité, en ont égrené plus de 20 à leur compteur !
Il est dès lors une tradition bien légitime : celle non pas de sonner le glas de leur âge forcément canonique, mais bien au contraire de carillonner à tous vents lorsque l’occasion nous est offerte de remettre à l’honneur ceux de nos membres qui ont franchi ce cap avec jeunesse et fraîcheur.
Et puisque le premier de ces jubilaires est Tournaisien d’origine, profitons-en pour faire sonner les cloches de notre Cathédrale régionale, même si cette dernière, contrairement à notre hôte, a perdu les 4/5 de son capital musical à travers les âges.
A en croire les archives de notre Ordre, c’est en 1993 que notre ami Robert Vangéneberg a été adoubé non tant pour la sympathie qu’aujourd’hui chacun lui reconnait, mais pour les livres de collection que l’imprimerie Casterman offrait généreusement, lors de remises de prix… Imprimerie dont chacun sait aujourd’hui que l’essor était d’ailleurs bien meilleur au temps où c’était Robert qui la dirigeait !
A ce propos, l’inspiration poétique de notre grand maître de l’époque vaut le détour : écoutez plutôt :
« Au tournoi d’éloquence des baillis,
Notre nouveau bailli d’honneur
Chaque année offre les livres comme prix,
Un vrai Bailli … donneur »
Faut vraiment être Tournaisien pour apprécier !
A défaut de talent poétique, il aurait eu bien plus de thèmes d’inspiration à relater aujourd’hui.
C’est que chez notre ami Robert, les responsabilités sont à la mesure de ses compétences et de sa grande disponibilité.
En voici un bref aperçu, certes non exhaustif :
Administrateur délégué du Musée Hergé à Louvain-la-neuve ;
Président de la caisse d’allocations familiale du Hainaut Occidental ;
Past-président des juges consulaires en Wapi ;
Ou encore Vice-président de Défi Plus..
Pour tant de bienfaits rendus à la population tournaisienne, certes, mais aussi régionale, et donc mouscronnoise, le moment est venu de rendre honneur à notre Officier en l’élevant au grade de grand Officier de notre Ordre.
13.Quatrain du « Président » ( Christian Debaere)
14.Elévation par le GM de Robert Vangeneberg comme Grand Officier.
15.Sonnerie courte
16.Intronisation de Paul Deceuninck comme Grand Officier
Gentes Dames, Gracieuses Demoiselles, Nobles Seigneurs,
En ce Convent lié à son souvenir, permettez-moi de puiser dans l’un des textes de Convent de notre regretté Luc Vano, pour y redécouvrir quelques-unes de ses phrases qu’il proclamait avec délectation.
« Ceux qui me connaissent, écrivait-il, savent à quel point j’apprécie l’amitié qui nous unit, une amitié franche, virile, gaillarde et jubilatoire, ainsi qu’il sied à notre confrérie.
Comme les goulées d’air frais matinal, elle a le pouvoir de recharger mes énergies. C’est une sorte de générosité du cœur que j’aimerais vraiment pouvoir traduire aujourd’hui par la générosité des mots ».
Certes, l’allusion à la générosité de cœur vous aura mis sur la voie, et sans doutes que notre docteur, Paul Deceuninck, ici présent, spécialiste en la matière, se souviendra de cet extrait quelque peu homérique, qui lui était directement destiné lors de son intronisation comme Bailli en l’an de grâce 1995.
Mais se doutait-il que le temps passerait si vite, et que voilà déjà plus de 20 années qu’il témoigne d’une présence particulièrement assidue à nos activités ?
Devant cette évidence, on pourrait croire que le docteur Paul Deceuninck bénéficie depuis quelques années d’une retraite bien méritée.
Mais c’est que cet habitué des journées de travail débutant aux aurores n’a toujours pas assez de temps pour répondre à toutes les sollicitations que ses qualités professionnelles et sa longue expérience médicale lui imposent.
Il faut dire que sous la houlette de René Delvaux, autre bailli émérite, et administrateur-délégué de nos institutions médicales mouscronnoises, le docteur Deceuninck a toujours été au cœur de l’action, faisant partie de cette équipe de pionniers de la réussite du Refuge, et du non moins réussi transfert vers le CHM.
Et n’est-ce pas le moment ici de lui rendre cet hommage, en soulignant combien notre population est fière de son nouvel hôpital, qui avec ses 120 médecins et plus de 1.000 travailleurs est non seulement le premier employeur privé de l’arrondissement, mais aussi reconnu nationalement comme l’un des plus performant en terme de rapport qualité/prix des équipements et des soins prodigués.
Notre Ordre est dès lors heureux de faire acte d’allégeance auprès de son nouveau grand officier, et d’appeler le docteur Paul Deceuninck ci-devant afin de lui décerner, devant vous tous, le titre de Grand Officier de notre Confrérie des baillis de Mouscron.
17. Quatrain du « président »
18. Elévation par le GM de Paul Deceuninck au grade de Grand Officier
« Par la grâce des pouvoirs qui me sont conférés, je vous confère le titre honorifique de Grand Officier de l’Ordre des Baillis de Mouscron.
Je t’admets, te reçois et t’installe en qualité de Grand Officier de l’Ordre des Baillis de Mouscron. »
19.Sonnerie courte
20.L’« échevin » Francis Nenin présente l’animation musicale
21.DEUXIEME animation musicale
22. Le GM présente Guy Dobbelaere comme bailli d’Honneur
Nobles seigneurs, gentes dames,
Il ne vous aura pas échappé que les abords de notre Château des Comtes ont bénéficié de ce qu’on appellerait aujourd’hui un sérieux lifting.
Oh, entendons-nous bien, il s’agit des abords et non du château lui-même, qui lui reste dans un état de délabrement que le vandalisme et un gros incendie subi en 1995 n’ont fait qu’accentuer.
Mais ne boudons pas notre plaisir, et saluons comme il se doit la restauration des abords et l’avènement du centre d’interprétation Marlier, surtout nous, baillis qui sommes nés SDF, entendez Sans Domaine Fixe, voici 43 ans, et le restions jusqu’à ce jour.
Bien sûr, chaque année, c’est avec joie que nous vous accueillons dans cette magnifique salle néo-gothique de l’Hôtel de Ville, mais nous n’y sommes finalement, comment dire … qu’invités.
Car notre réelle demeure n’est autre que le château des Comtes, celui-là même où nos ancêtres familiaux, les de la Barre, de Liedekerke, Basta, et autres d’Ennetières avaient élu demeure du 14e jusqu’à la fin du 19ème siècle.
Et pour qui douterait de cette paternité que notre Confrérie revendique avec force, nous avons fait appel aux techniques les plus modernes de comparaison d’ADN entre celles de nos illustres aïeux et celles de nos baillis émérites, échevins actuels, ici présents. Et bien savez-vous qu’on a retrouvé la trace indéniable de la parenté des Comtes du Hainaut, à travers leurs initiales : C.D.H. !!
Et c’est ainsi que nous avons pu certifier le bien-fondé du retour à la maison de l’ensemble de notre Confrérie, ce qui fut d’ailleurs fêté dignement pas plus tard que le 26 août dernier.
Mais, notre histoire l’a bien prouvé : nul n’est à l’abri d’un envahisseur potentiel. Rappelons au passage qu’en 1578, nos soi-disant braves hurlus, en luthériens fanatiques, ne furent pas les derniers à dévaster et vider notre beau château de ses meubles !
Dès lors, faut-il s’étonner que nous soyons heureux et soulagés d’accueillir ce jour un homme, que dis-je : un stratège militaire qui saura nous défendre, préserver notre patrimoine et notre intégrité, ad vitam aeternam.
Car, oyez braves gens, gentes dames, nobles seigneurs,
Nous avons devant nous rien moins que le commandant militaire de notre belle province du Hainaut, ce qui n’est déjà pas mal. Mais quand vous apprendrez que le lieutenant-colonel Guy Dobbelaere ici présent est mouscronnois pure souche, alors là, vous comprendrez qu’avec de telles références, nous ayons très rapidement sympathisé !
L’écoulement d’un gros sablier, nous dirions aujourd’hui un bon quart d’heure : voilà le temps qu’il nous a fallu pour prendre connaissance attentivement des états de service de l’administrateur militaire ci-devant nous.
Je ne froisserai pas la modestie du gardien de notre sécurité en vous résumant ainsi ses états de service :
Né le 16 février 1966 à Mouscron, Guy Dobbelaere rejoint en 1984, après ses humanités à l’école royale des cadets à Laeken, la 124ème promotion toutes armes de l’école royale militaire.
Et à partir de là, ce fut un parcours en ascendance permanente, à dégoûter le meilleur grimpeur maillot à pois du tour de France ; avec, et c’est un trait marquant de la riche personnalité : un mélange de goût pour l’art militaire et pour les sciences humaines.
Jugez plutôt :
A partir de 1992 : Lieutenant d’aviation et bientôt capitaine, il enseigne des matières de haut vol telles que la philosophie sociale et la méthodologie.
1997 : il renforce ses dispositions innées pour les contacts sociaux en décrochant une licence en journalisme et communication. Il devient ainsi tout naturellement l’officier chargé des relations entre l’état-major de la Force aérienne et la presse.
En 2002 c’est le grade de Major d’aviation qu’il attrape au vol, ce qui le conduit en 2009 à faire un crochet par la direction générale budget et finances.
Encore quelques dénivelés et le voilà Lieutenant-colonel….
Enfin en 2016 : dernière étape avant le sommet et l’arrivée tant attendue de toute la population hainuyère, ainsi que de son épouse Guida et de ses enfants Thomas et Lucie, avec à la clé la direction militaire de la province du Hainaut…ce qui lui permet un retour et l’atterrissage en douceur dans notre bonne ville de Mouscron.
En fait, un seul titre manquait à son palmarès, un titre qui a lui seul résume tous les autres : celui de Bailli de notre Confrérie, que devant vous, noble assistance, nous nous plaisons à lui remettre solennellement en cette année de grâce 2017.
23. Quatrain du « président »
24. Intronisation de Guy Dobbelaere comme bailli d’Honneur
« Pour services rendus à la ville de Mouscron, par la grâce des pouvoirs qui me sont conférés, je vous intronise Chevalier de l’Ordre des Baillis de Mouscron.
Je t’admets, te reçois et t’installe en qualité de Chevalier de l’Ordre des Baillis de Mouscron. »
25. Sonnerie courte
26.Le GM présente Louis-Philippe Loncke comme Bailli d’Honneur
Gentes dames, en ce moment précis de nos adoubements, c’est à vous en particulier que je m’adresse, avec une interrogation, quasi existentielle :
Est-il possible, est-il concevable, est-il acceptable qu’en l’an 2017, il y ait encore sur terre, que dis-je sur notre bonne terre mouscronnoise un seul homme qui, pétri de qualités, d’une jeunesse éblouissante (il a tout juste 40 ans), costaud, intelligent, … soit destiné à une vie entière de célibat ??
(à ce stade de ma présentation, je sens déjà derrière moi le souffle de bon nombre de baillis espérant qu’il s’agisse d’eux-mêmes !..)
Hé non, car l’homme dont je vous parle n’est pas encore bailli, alors que ses mérites, que dis-je encore : ses exploits ont franchi continents et océans de notre planète. Sa maman, qui est bien entendu objective, dresse de lui un inventaire de qualité plus long qu’un jour de la grande famine de l’hiver 1564 dans nos contrées.
Oyez plutôt :
Il a le sens de la précision, méthodique et organisé dans son travail ;
Il a beaucoup d’imagination, un esprit créatif et inventif ;
Il est passionné, curieux, a le goût de la recherche intellectuelle ;
Il apprécie les nouvelles rencontres, qui alimentent son goût pour l’évasion et pour le rêve, et pourrait être même parfois un peu … envahissant;
Il va jusqu’au bout de ses rêves et ne tient pas compte du regard des autres ;
Il est volontaire et sait prouver ce dont il est capable à qui en douterait ;
Il aime la nature et éprouve le besoin d’embellir les choses ;
Il accepte difficilement l’autorité mais n’aime pas les conflits ;
Enfin … je veux dire juste pour en rester là, et ce n’est pas sa qualité la moins importante… : il a le sens de l’humour et de la dérision.
Ajoutons à cela qu’il a été scout jusqu’à l’âge de 23 ans, Bref, tout le profil d’un bon mouscronnois !
Sur son CV ? : .. très peu d’état de ses diplômes et de son métier d’ingénieur spécialisé en informatique, mais bien davantage sur son profil d’« explorateur et aventurier ».
Et en effet, notre ami Louis-Philippe Loncke, dont les dames ici présentes sont sous le charme depuis un bon moment, … (et que nos nobles seigneurs commencent ici à sérieusement envier) , notre ami est en effet ce que notre Lieutenant-colonel fraichement adoubé, pourrait appeler « un cas intéressant ».
Rien qu’un rapide survol de ses premières mondiales et prix reçus donnerait le tournis : alors attachons nos ceintures :
Aventurier européen de l’année 2016 ;
Porteur de la flamme olympique pour les JO de Londres 2012 ;
Fondateur de la communauté mondiale de pagayeurs-nettoyeurs d’eau ;
Membre Fellow de la Royal Geographic Society ;
Planificateur d’expéditions, avec à son palmarès 10 premières mondiales : telles que pour n’en citer que quelques unes:
- Deux fois la traversée en autonomie complète ouest-est et Nord-sud sur 300km en 12 jours du désert de Simpson en Australie ;
- le tour du lac Titicaca : 1100km en 38 jours en Kayak ;
- Première nord-sud en autonomie de l’Islande : 560 km en 19 jours ;
- Et si vous voulez du plus incroyable encore , en voici :
Traversée de la Tasmanie sauvage en 49 jours, sur 500km avec 19 sommets.. et une fin en mode survie, sans nourriture, GPS cassé et sans moyens de communication.
- Et juste comme dessert : sa marche culturelle dans l’Everest, bagatelle de 800km faite en 35 jours, avec à la clé la plus haute dégustation de chocolat (belge ?) au monde ayant permis la récolte de fonds pour le premier hôpital mobile du Népal.
Gentes dames, nobles Seigneurs,
La Confrérie des Baillis de Mouscron ne peut se passer plus longtemps d’un homme de cette trempe, qui, en le nommant chevalier de l’Ordre des Baillis, donnera l’illusion à l’ensemble de notre Confrérie d’être un peu partie prenante de ses exploits.
C’est pourquoi je l’invite sans plus tarder à franchir les derniers pas vers le sommet de la notoriété et de la reconnaissance de toute la population mouscronnoise.
27. Quatrain du « Président »
28. Intronisation de Louis-Philippe Loncke comme Bailli d’Honneur
« Pour services rendus à la ville de Mouscron, par la grâce des pouvoirs qui me sont conférés, je vous intronise Chevalier de l’Ordre des Baillis de Mouscron.
Je t’admets, te reçois et t’installe en qualité de Chevalier de l’Ordre des Baillis de Mouscron. »
29. Sonnerie courte
30.L’« échevin » Francis Nenin présente la 3ème animation musicale
31.TROISIEME animation musicale
32. Remerciements par le GM et envoi final
Voilà, c’est ici que nous fermons l’album de nos héros du 43ème Convent.
Et permettez-moi gentes dames, nobles seigneurs, de m’adresser une dernière fois avec autant de satisfaction teintée de léger dédain, à nos président et échevin de cet éphémère tribunal d’opérette :
Sieur Président, sieur Echevin, ainsi après avoir entendu les mérites de nos héros de ce jour, et joui de l’ambiance « chansonnière » de notre troubadour Christian Derycke et de son indispensable accompagnateur Didier Bidault, quittez vos airs suspicieux et envieux de l’entame de ce Convent,
Et, avant d’en chanter et trinquer, joignez-vous à la liesse des baillis et public ici présents,
En leur adressant à tous, hinc et nunc,un tonnerre d’applaudissements, qui par écho vous reviendront bien méritoirement.
33. Appel de l’ « échevin » à Christian Derycke pour le rejoindre et clôturer en chanson avec toute l’assistance par le chant « Be qu’in est fir d’êt mouscrono »
