Texte du Convent 2019, par le GM Roby Vandaele

Convent des baillis 6/10/2019

1.Le GM  rend hommage à Réal Dujardin, disparu le 20 avril 2019

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Gentes dames, nobles Seigneurs,

Bien que notre Confrérie de l’Ordre des Baillis de Mouscron soit, faut-il le rappeler, d’obédience parfaitement laïque, il est certain que ce lieu, qui fleure encore bon la myrrhe et l’encens, doit nous inciter à entamer ce Convent comme une cérémonie, oserions-nous dire, mais juste pour la métaphore, comme une grand-messe, dont il échait à votre dévoué serviteur d’en organiser le déroulé.

Ainsi donc pratiquant  encore pour un instant la langue liturgique, nous vivons en ce lieu un moment complètement « mutatus mutandis », locution latine précisant que ce qui devait être changé a été changé, et que donc toute confusion dans nos tenues et récits avec l’histoire de ce lieu n’est que purement fortuite, quoi que !

Gentes dames, nobles seigneurs,

Chaque année, nous espérons que notre Ordre accueille de nouveaux membres, certes, mais surtout n’ait pas à s’attrister de la disparition de l’un des siens.

Et cette année, cet espoir était sur le point de se concrétiser, quand nous apprenions le décès de deux éminents membres de notre Confrérie : notre grand ami Réal Dujardin, bailli fondateur et titulaire de notre Ordre, et notre seul bailli titulaire honoraire centenaire : Pierre Mullie.

C’est donc avec tristesse, mais aussi une nostalgie pleine de tendresse qu’avant même que d’entamer ce Convent, qui se veut et se doit d’être un événement heureux et haut en couleurs de notre vie mouscronnoise, il nous tient particulièrement à cœur à nous baillis, de leur rendre ici un  hommage tout particulier.

Personnage haut en couleur, surtout quand il s’agit de celles de sa ville.. et de son club de foot dont il était grand supporter, Réal était avant tout un infatigable entrepreneur.

Impossible de passer rue de Menin sans être accroché par cette énorme enseigne qui rappelle à chacun combien le propriétaire des lieux, c’est lui, Réal Dujardin, et ce depuis de nombreuses décennies, au point que bon nombre de mouscronnois verraient d’un bon œil que cette place commerciale porte définitivement son nom !

Les anciens se souviennent de son remarquable parcours professionnel :

Ayant débuté sa carrière avec la boucherie familiale, il a progressivement développé ses activités de distribution de gros matériel pour professionnels de la boucherie, et au fil du temps et à travers 3 générations successives, est devenu leader incontesté de ce métier dans lequel, grâce à sa compétence, mais aussi à son sens inné du contact humain, il ne comptait que des amis.

C’est d’ailleurs avec ce sens de l’amitié, qu’avec sa chère épouse Yolande et ses enfants, il a mis sur pieds d’innombrables activités locales.

Son dynamisme et sa bonne humeur faisaient mouche auprès  des mouscronnois, comme peuvent en témoigner les commerçants de la rue de Menin qui savent bien ce qu’ils doivent à « Pépé Réal ».

Dans notre Confrérie, Réal était Bailli titulaire depuis la fondation de notre Ordre en 1975, et à ce titre, avait la charge, toute symbolique, du fief appelé « fief de la Poullerie ».

Le fan de Louis de Funès et de Tino Rossi,  s’en est allé continuer de faire la fête là-haut, veillant amoureusement sur tout ce petit monde qui lui doit tant, et dont les baillis faisaient partie.

Comme un dernier pied de nez à la maladie, Réal nous a quittés, mais pas avant d’avoir fêté son 92ème anniversaire, quelques jours auparavant.

De lui aussi, on pourra dire que l’histoire de Mouscron des 70 dernières années ne peut se relire sans y retrouver la marque indélébile qu’il a laissée.

En souvenir et en hommage à Monsieur Réal Dujardin,  levons-nous quelques instants.

2. Sonnerie courte

3. Hommage à Pierre Mullie et remise de médaille à titre Posthume à son fils

Et comme s’ils s’en étaient entretenus, c’est aussi quelques jours après son anniversaire,  que notre cher ami Pierre Mullie s’en est allé. Non pas cette fois après 92 années, mais bien 100 années d’une vie bien remplie.

Peut-être faut-il en déduire que porter la toge des baillis est gage de longévité… Voilà donc un message qui devrait combler d’espoir tous mes confrères… en espérant qu’il en va de même bien sûr pour leurs conjoints ..!

 Mesdames et Messieurs, Chère famille ici présente,

Pierre Mullie était une des grandes figures de la communauté du Grand Mouscron.

Connu comme pharmacien de référence, il fut bourgmestre d’Herseaux durant 17 ans, de 1959 à 1976.

Il connaissait pratiquement tous les Herseautois par leur nom.

Bien connu pour sa gestion rigoureuse, il l’était aussi pour ses choix d’investissements importants dans sa commune, tel le premier hall sportif de la région, érigé au boulevard des Ecoles.

IL fut aussi fondateur du Comité des Loisirs du 3ème âge, où il aimait partager un bon verre de vin rouge avec les aînés lors des différentes manifestations.

Après la fusion des communes, Pierre Mullie devint premier Echevin à Mouscron, chargé de la culture, fonction qu’il exerça jusqu’à ce qu’il ait atteint 65 ans, limite d’âge imposée. Il avait aussi, avec compétence, présidé le Conseil des Beaux-arts de Mouscron.

Pour lui rendre hommage, le home du CPAS d’Herseaux porte son nom. Il en était très fier.

Au vu de ce parcours, c’est donc très justement qu’il fut intronisé dans l’Ordre des Baillis en 1988 et il devint titulaire du fief de la Castellenie en 1993, succédant au Commissaire d’arrondissement André Dujardin.

Pierre Mullie était très attaché à l’Ordre des Baillis et en était un fort agréable compagnon de route. C’est avec beaucoup d’humilité et de lucidité que, touché par des problèmes de mobilité, il décida de céder son fief en 2014. L’Ordre lui confia dès lors fort justement le titre de « Bailli titulaire honoraire ».

Avec ses enfants, nous avions convenu que dès après son centenaire le 4 août dernier, nous lui rendrions publiquement hommage.

Ce devait être le 31 août, lors de notre BBQ annuel au château des Comtes. Pierre nous a quittés 2 jours avant.

Nous avons dès lors décidé avec son épouse et ses enfants, de leur remettre en ce moment solennel de notre Convent, la médaille que nous souhaitions lui remettre à l’occasion de ses cent ans.

Oh, pas la médaille de l’Ordre de Léopold, il l’avait déjà, ni celle de l’Ordre de la Couronne, ni celle de la Résistance, … il les avait déjà toutes ! Mais celle que nous lui décernons à titre posthume est à la fois aussi noble et sincère, puisque c’est celle du témoignage d’amitié et de reconnaissance de l’Ordre des Baillis de Mouscron envers un centenaire bien de chez nous, Pierre Mullie, l’un de ses plus fidèles et plus prestigieux représentants.

Pendant que je remets cette médaille à son fils Christian-Pierre, je vous remercie de vous lever à nouveau quelques instants.

4. Sonnerie courte

5. Le GM fait son discours de bienvenue.

Gentes dames, nobles seigneurs,

Bien sûr, cette année encore, c’est avec joie que nous vous accueillons dans ce lieu, devenu, par la grâce des finances de notre bonne ville de Mouscron, lieu de rencontres culturelles, et donc passé de lieu sacré par Dieu, à pardieu quel sacré lieu !

Conséquemment, il nous revient d’y apporter toute la solennité que les heureux élus sont bien en droit d’attendre,  puisqu’il sera dit que l’histoire de ce lieu s’enrichira à jamais du souvenir de l’élévation aux grades supérieurs des uns et à l’intronisation des autres, en l’occurrence ceux  de cette cuvée particulièrement riche de l’an de grâce 2019,

C’est donc en cette dix-neuvième année de notre 21ème siècle, devant vous tous,  assistance aussi fournie que distinguée, que j’ai mission de présider au cérémonial de ce 45ème Convent.

45 ans que votre présence témoigne de votre attachement à Mouscron et à ceux qui, bien humblement, s’efforcent d’en souligner les valeurs, à travers les honneurs que nous rendons ici même annuellement à quelques personnes qui,  par leur  réputation, leurs talents,  leurs qualités de cœur, leur bonne humeur défendent notre bonne Ville et son patrimoine, jusqu’aux confins de la terre.

Mais avant que d’en discourir il plaira certainement à cette noble assistance de partager une première pause musicale, qui se doit d’être présentée avec verve et talent. Et pour ce faire, qui parmi nous peut le mieux manier la légèreté de la plume tout en donnant force au poids des mots, si ce n’est notre GM honoraire Daniel Salomon, à qui je m’empresse de céder la parole.

6. Daniel Salomon présente la première animation musicale

Nobles Seigneurs et gentes Dames,

Théophile Gauthier a dit : »La musique est le plus coûteux des bruits ! » mais c’était là une réflexion facétieuse car tous les grands esprits qui ont parlé de la musique en ont vanté les mérites. Chacun connaît le proverbe qui affirme avec raison que « La musique adoucit les mœurs ».Cervantes, dans Don Quichotte, fait dire : »Où il y a de la musique, il ne peut rien y avoir de diabolique ».

Alors, j’ose paraphraser Nietzsche qui prétend que « Sans la musique, la vie serait une erreur » pour vous dire aujourd’hui : « Sans musique, un convent des Baillis de Mouscron serait une erreur ».

Pour nous amener cette dimension musicale, nous avons sollicité Catherine et son compagnon Bastien qui, depuis  4 ans, ont eu envie de faire sonner ensemble leurs deux instruments plutôt inattendus en duo, une guitare et un trombone. Ce duo mouscronnois se présente sous le nom de « The SAoulmates » qu’on pourrait traduire par « Les âmes sœurs » mais ils ont donné à leur nom  une orthographe assez singulière dont je vous dirai un mot plus tard.

Après une année durant laquelle le duo a surtout joué des reprises, ils ont décidé de s’attaquer à l’écriture de leurs propres compositions. Des chansons en anglais d’abord ont vu le jour mais si le public était enjoué par les mélodies, il connaissait une certaine frustration de ne pas en comprendre toutes les paroles. Catherine et Bastien ont dès lors été amenés à envisager leurs textes en français et, comme par magie, leurs textes ont alors pris une connotation drôle et typiquement belge. Vous pourrez vous en rendre compte dans cette première intervention qui évoque, de manière drôle et impertinente, une préoccupation de minceur et même de maigreur érigée en diktat par des ayatollahs de la mode. La preuve en est dans la multitude de publicités portant sur les mérites de régimes qui vous font perdre des kilos dès la première semaine, soi-disant même gratuite.

Nos deux comparses prennent évidemment, en musique, le contre-pied de cette ascèse et vous proposent donc une ode au tiraillement entre l’envie d’un ventre plat et l’amour des bonnes choses dans une chanson qu’ils ont intitulée « La valse du saucisson » !!

7. Première animation musicale

8. Intronisation par le GM de Brigitte Aubert comme baillie titulaire

Il vous arrive sans doute comme à moi-même, de vous demander ce qui peut bien pousser une personne intelligente, pleine de charisme et de bonne foi à vouloir mordicus embrasser une carrière où les embûches,  chausse-trappes et  mauvaise-foi font quasi partie du quotidien.

Sauf à avoir vocation de redresseur de torts dopé d’idéalisme, difficile de se l’imaginer. Et ici, par expérience personnelle, je peux citer nombre de métiers donnant crédit à cette vision des choses.

Mais faute d’en faire partie, et à en croire ceux qui l’embrassent à tous les échelons (si j’ose dire), un seul métier, une seule carrière semble échapper à toute compromission, là où tout est zen, amour et altruisme : je parle bien sûr vous l’aurez compris, de la carrière politique, non pas au niveau fédéral où tout baigne entre les huiles, mais au niveau local, et pourquoi le taire plus longtemps, dans notre bonne ville de Mouscron.

Déjà au 12ème siècle, au temps de Philippe II, septième roi des Capétiens, les Baillis étaient des commissaires royaux, responsables par délégation royale de : rendre la justice – percevoir l’impôt – et recevoir les plaintes du peuple ..

Au fond, à vrai dire rien n’a vraiment changé : qu’il s’agisse du tribunal de police, des innombrables taxes communales ou .. des plaintes des concitoyens, voilà des attributions et délégations restées cruellement d’actualité.

Et qui d’autre que la bourgmestre pour en être le premier garant dans notre bonne commune, à côté de moult autres responsabilités, faut-il le souligner !

Alors même si notre Ordre est totalement apolitique, il est néanmoins doué d’une grande largesse d’esprit (esprit, es-tu encore là ?..)

Et c’est ainsi que, par exception, notre choix s’est porté sur Madame Brigitte Aubert ici présente, bourgmestre de notre bonne ville depuis près d’un an déjà, et de ce fait « primus inter pares », (latinisme cette fois encore utilisé dans le langage courant), qui après une année éprouvante chez les Baillis comme baillie d’honneur, gravit les marches de la notoriété locale, d’un seul petit pas pour elle, mais d’un grand pas pour l’humanité (comme disait Armstrong, pas Luis, l’autre).

Alors, madame la bourgmestre, chère Brigitte, inutile de revenir sur tes nombreuses qualités et ton seul défaut, (ben oui, même en politique..),  chacun ayant encore bien en mémoire l’éloge qui t’en a été fait l’an dernier.

Mais il nous importe à nous les Baillis de simplement te dire tout l’honneur et l’émotion que chacun de nous ressent en ce moment où tu prends le relais d’Alfred Gadenne comme Baillie titulaire du fief dit « Hostel des Haies » et dont, symboliquement, par ton intronisation, tu reprends la charge.

9. Sonnerie courte

10. Elévation et remise de la toge, et de la médaille à Brigitte Aubert

En l’an de grâce 2019, ce jour d’hui 6 octobre,

Ici devant vous noble assemblée,

J’ai l’honneur d’introniser madame la bourgmestre Brigitte Aubert,

Baillie titulaire de l’Ordre des Baillis de Mouscron, ayant en charge symbolique le fief dit « Hostel des Haies ».

Eu égard à ses mérites et services rendus à la ville de Mouscron.

Chère Brigitte,

Je te demande maintenant de proclamer ton obédience à la cause qui est la nôtre et qui repose dans notre serment dont tu voudras bien répéter après moi la teneur, en levant la main droite:

« Je jure fidélité à la Ville de Mouscron.

« Je promets de la servir, de l’illustrer et de la défendre en tous lieux,

«  en toutes circonstances et de toutes manières ».

En présence de notre assemblée, et par les droits qui me sont conférés, je t’admets, te reçois et t’installe en qualité de Baillie Titulaire du Fief « Hostel des Haies ».

11. Sonnerie courte

12. Intronisation par le GM de Christian Debaere comme bailli titulaire

Gentes dames, nobles seigneurs,

Dans son livre sur l’histoire de Mouscron, Jules Debaes prétend que s’il est vrai que les Baillis se présentaient au 12ème siècle comme des gens de confiance  prélevant l’impôt au profit du roi, comme nous venons de l’évoquer,  il semble qu’au fil des siècles ils oubliaient de lui en remettre la recette.

Ainsi Jules Debaes affirme que progressivement, les Baillis se sont enrichis de façon…  peu catholique, dirions-nous ici-même, … mutatis mutandis ..

Ce serait Charles IX qui au 16ème siècle allait mettre le holà à cette situation, créant in fine 2 catégories de Baillis : d’un côté les Baillis ne faisant pas grand-chose, appelés « baillis d’honneur » et portant robe courte ; et de l’autre côté « les petits baillis » assurant effectivement la surveillance royale dans les seigneuries, et portant robe longue.

Donc finalement, à l’époque,  plus la robe était longue, plus on était haut dans la hiérarchie !

Mais heureusement, et c’est toujours l’historien Jules Debaes qui l’affirme, l’existence de l’actuel Ordre des Baillis, comme celle d’ailleurs des Hurlus, est née en 1975 uniquement par souci d’un renouveau dans l’animation folklorique de notre bonne Ville, sans aucun lien historique avec la période de l’Ancien Régime.

Dont acte ! Et pour nous ici donc, robe longue ou courte n’est qu’une question de mode, et comme vous le constaterez  à l’instant, la robe longue sied parfaitement au beau sexe comme à l’autre.

Alors justement, à  propos de l’autre, il est temps de nous tourner vers l’un de nos membres les plus actifs, bien masculin celui-là, que  nous avons hâte, et lui aussi, d’honorer dignement pour tant de bienfaits prodigués, hâte de le vêtir de ses nouveaux atours, et hâte d’en juger de visu l’élégance du porté ..

Mais de qui s’agit-il ?

Animateur-directeur du centre culturel de Mouscron, il a fait de son métier, la mise en scène et l’organisation événementielle une vocation, une passion.

Impossible de retracer les 25 ans de carrière au cours desquelles il s’est donné corps et âme pour le plus grand bonheur de ses nombreux publics répartis aux 4 coins de la Wallonie.

Ses pairs l’ont d’ailleurs bien compris en le nommant président de l’association ASSPROPRO, avec 2S,2P,2R, et 2 O,  qui n’est donc pas une concurrente de Dafalgan, même si sa définition aurait de quoi donner le tournis,  puisque comme son nom l’indique : « l’Association des Programmateurs Professionnels a pour objectif d’organiser et promouvoir les tournées de spectacles vivants, avec à son actif rien que sur l’année 2018 : l’organisation de 10 tournées de spectacles divers ; 131 représentations ; sans compter les missions internationales et les 22 mandats dans divers jurys. »

Mais ce que notre futur bailli titulaire aime par-dessus tout, c’est la scène, et dans ce domaine son auteur préféré reste indéfectiblement Molière.

De Molière il connait la moindre virgule, et de la Virgule – « centre transfrontalier de création  théâtrale » – … il a chaussé chaque molière…

Sa stature laisse sans voix et sa voix laisserait le crieur grec stentor bouche bée.

A la fin, on ne sait plus s’il est réellement médecin malgré lui, tant il nous fait du bien, ou empêtré dans les fourberies de Scapin, tant il est malicieux, car, comme Molière dirait de lui :

« A vous dire la vérité, il y a peu de choses qui lui soient impossibles, quand il s’en veut mêler. Il a sans doute reçu du Ciel un génie assez beau pour toutes les fabriques de ces gentillesses d’esprit, de ces galanteries ingénieuses, à qui le vulgaire ignorant donne le nom de fourberies; et on puit dire sans vanité qu’on n’a guère vu d’homme qui fût plus habile ouvrier de ressorts et d’intrigues, qui ait acquis plus de gloire que lui dans ce noble métier ».

Alors pour cet homme pétri de culture et bon comme le pain, il est temps de revêtir la tenue confectionnée dans le plus noble des tissus, celui-là même qui fut tissé chez Vanoutryve, usine aujourd’hui à l’abandon, mais devenue par ailleurs théâtre improbable de l’évocation 14-18, grâce à l’audace créatrice de notre héros de ce jour,

Bien sûr c’est lui, le magicien de la mise en scène,  notre ami … Christian Debaere !

13. Sonnerie courte

14. Elévation et remise de la toge, et de la médaille à Christian Debaere

En l’an de grâce 2019, ce jour d’hui 6 octobre,

Ici devant vous noble assemblée,

J’ai l’honneur d’introniser monsieur Christian Debaere,

Bailli titulaire de l’Ordre des Baillis de Mouscron, ayant en charge symbolique le fief dit « fief des Ramées ».

Eu égard à ses mérites et services rendus à la ville de Mouscron.

Cher Christian, Je te demande maintenant de proclamer, mais pas trop fort stp,  ton obédience à la cause qui est la nôtre et dont tu voudras bien répéter après moi la teneur, en levant la main droite:

« Je jure fidélité à la Ville de Mouscron.

« Je promets de la servir, de l’illustrer et de la défendre en tous lieux,

«  en toutes circonstances et de toutes manières ».

En présence de notre assemblée, et par les droits qui me sont conférés, je t’admets, te reçois et t’installe en qualité de Bailli Titulaire du fief  dit «Fief des Ramées ».

15. Sonnerie courte

16. Daniel Salomon présente la deuxième animation musicale

Cette année, le duo s’est déjà produit dans une dizaine de concerts dans des lieux où il fait bon vivre, où l’on boit du bon vin, de la bonne bière et surtout dans une ambiance sympathique et bon enfant. Parce que leurs chansons, comme ils disent, c’est avant tout de l’amitié et l’expression d’un bonheur simple.

Alors, pas étonnant qu’ils aient mis en musique un texte qui parle de l’argent, qui peut bien entendu fournir des conditions de vie confortables mais qui ne garantit absolument pas l’accès au bonheur.

Catherine et Bastien en sont convaincus et, sur un texte intitulé « Simple life – La vie simple », ils chantent joyeusement que « Les vrais plaisirs de la vie sont de ceux qui n’ont pas de prix .

17. Deuxième animation musicale

18.Intronisation par le GM d’Alexandre Vandermeersch au grade d’Officier

Historiquement, ce sont  les fêtes et traditions religieuses qui ont le plus marqué les esprits, et ont traversé les époques avec plus ou moins de ferveur.

Pas moins de 7 pèlerinages et processions réunissaient les foules dès le 16ème siècle dans nos régions.

Qui ne pourrait comprendre que c’est l’horreur des guerres qui incitait les populations à se réfugier dans l’espoir, celui de vie meilleure, et de s’en  exprimer solidairement avec ferveur.

Gentes dames, nobles seigneurs,

Tradition religieuse ou folklore,  quel qu’en soit le motif, une ville a besoin de manifestations de foule pour témoigner de son existence et de son dynamisme.

Mutatis mutandis … Le monde change, mais ce besoin reste.

N’en déplaise à certains, l’union fait la force, et l’union peut aussi, pourquoi pas, faire des miracles.

Aujourd’hui, certes, nos concitoyens excellent (si j’ose dire) dans de nombreuses disciplines sportives, mais il nous plait ici de souligner que les œuvres sociales sont elles aussi capables de sensibiliser et dynamiser les foules dans notre ville.

Et c’est notamment au WE de la Pentecôte qu’il faut chercher une ferveur populaire nouvelle, à laquelle notre cité est d’année en année plus attachée.

Et sans être une fête à connotation religieuse, on peut  pourtant parler d’un véritable miracle tant ce 15ème WE contre la mucoviscidose, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit, a une nouvelle fois, attiré plus de 2.000  participants, et récolté plus de 100.000 € !

Devenu en 15 ans l’un des plus importants événements de la vie associative mouscronnoise, le WE de la Muco propose bon nombre d’activités dont les profits permettent de poursuivre d’année en année 2 objectifs qu’il reste important de rappeler :

-) informer le public sur la maladie, les traitements, les espoirs ;

-) financer les frais d’avant et après transplantation des patients.

Pour atteindre telle performance, il fallait à la tête un homme fort, généreux, et pour tout dire : fort généreux, et cet homme c’est depuis 15 ans déjà, Alexandre Vandermeersch, ici présent, qui avec le soutien sans faille de son épouse Nathalie a porté ce projet, dont le flambeau ne peut s’éteindre, …et dont un vent favorable nous apprend qu’il sera dorénavant repris par leur fils Thomas.

Gentes Dames, nobles Seigneurs,

Voilà 15 années, qu’entouré d’une pléiade de bénévoles, notre ami Alexandre Vandermeersch et son épouse Nathalie se donnent corps et âme, non pas pour apitoyer leurs concitoyens sur le sort difficile de leur enfant Clémence atteinte depuis sa naissance de cette méchante maladie, mais pour faire prendre conscience, dans la joie de vivre, des besoins immenses nécessaires pour que la recherche arrive enfin à l’éradiquer.

C’est donc non seulement pour le remercier de sa fidélité à notre Confrérie, mais surtout pour féliciter une famille aussi courageuse que sympathique, que notre Ordre est fier et heureux de porter Alexandre au grade d’Officier.

19. Sonnerie courte

20. Elévation et remise  de la médaille à Alexandre Vandermeersch

« Pour services rendus à la Ville de Mouscron, et pour témoignage d’une indéfectible fidélité à notre Ordre, par la grâce des pouvoirs qui me sont conférés, Alexandre, je t’élève au grade d’Officier de l’Ordre des Baillis de Mouscron.

Je t’admets, je te reçois, et t’installe en qualité d’Officier de l’Ordre des baillis e Mouscron ».

21. Sonnerie courte

22. Exposé du GM sur la nouvelle procédure de présentation par parrainage des nouveaux baillis

Gentes Dames, nobles seigneurs, gentilles damoiselles et damoiseaux,

Si une fois l’an, nous, GM de l’Ordre des Baillis de Mouscron, procédons à l’adoubement de nouveaux membres, c’est en respect d’une tradition multiséculaire et des valeurs qui s’y attachent, lesquelles font état de mérites de la personne élue.

Pour ce faire, votre serviteur est armé, non pas d’une épée, comme le voudrait la tradition, mais d’un symbole de commandement bien plus pacifique, à savoir un un bras,  sculpté surmonté d’une main et dont la position des doigts,

a pu avoir au cours de l’histoire plusieurs significations…. les plus récentes étant, je l’avoue, sujettes à équivoque..

Mais, « mutatis-mutandis », la plus ancienne de ces significations est une nouvelle fois toute religieuse, nature divine et humaine pour les doigts levés, et symbole de trinité pour les 3 doigts repliés.

Pour ce qui est des significations plus récentes, j’opterai pour celle liée au V de la victoire  de 1945 affiché par Winston Churchill, lettre qui a l’avantage de se comprendre aussi bien en anglais : victory, qu’en français Victoire ou même  interprété en néerlandais sous le vocable Vrijheid.

Certains diront qu’il est heureux que ces mots ne commençaient pas par un Z, ce qui aurait été beaucoup plus compliqué à faire avec une seule main ..

Bref, mutatis mutandis, c’est par ce bras que le GM transmet et continuera de transmettre officiellement le titre de Bailli à nos nouveaux élus.

Mais si l’adoubement ne peut se faire que muni du sacre ainsi décrit, rien ne dit dans la tradition qu’il appartient au seul GM de présenter et de faire l’éloge du nouveau membre de notre Confrérie.

C’est fort de ce constat qu’il nous est venu l’idée de confier cet agréable exercice à l’un ou l’autre de nos éminents baillis titulaires, sortes de parrains, qui par proximité amicale, professionnelle, sociale ou tout à la fois, donneront à cet éloge tout son poids d’émotion et de vérité, et même de la pointe d’humour à saupoudrer bien entendu avec tact et modération.

Mais avant que de découvrir cette nouvelle mise en scène qui sera tout naturellement orchestrée par notre désormais bailli titulaire Christian Debaere, je passe la parole à Daniel Salomon pour nous présenter la 3ème animation musicale.

23. Sonnerie courte

24. Daniel Salomon présente la troisième animation musicale

Je vous disais que ce duo de musiciens a pris pour nom « The SAoulmates » mais avec une orthographe singulière. En effet, au lieu de « soul » S O U L qui signifie donc « âme », ils écrivent « Saoul » S A O U L … ce qui démontre s’il le fallait et si vous n’en étiez pas encore convaincus, que ces deux comparses sont de bons vivants, bien fêtards !

Mais leur bonne humeur nous réjouit. Eux voient toujours le « verre à moitié plein » plutôt que « à moitié vide ». Dans la chanson un peu surréaliste qu’ils vont nous interpréter maintenant, en bons Belges et fiers de l’être, devant des situations gênantes ou des évènements inquiétants, ils nous disent « Pas grave, viens boire une bière ! »

25. Troisième animation musicale

26. Introduction par Christian Debaere du premier parrain : Francis Nenin chargé de faire l’éloge de Ronald LOOF

27. Présentation et éloge par Francis Nenin de Ronald LOOF

Grand Maître,

Chers membres de notre honorable confrérie,

Mesdames et Messieurs,

L’homme qu’il m’appartient de vous présenter est un mouscronnois pure souche puisqu’il a vu le jour et vécu les suivants en un endroit appelé « La Planche ».

Mais quel est donc cet endroit et d’où provient cette appellation ?

Eh bien, comme nombre de lieux chers aux mouscronnois, il provient d’une enseigne d’estaminet-épicerie sis au bas de la rue du Labyrinthe dont la propriétaire s’appelait Zoé de son prénom et de la Planche de son nom. Diantre ! Du sang bleu à la frontière ? Non point mais une commerçante qui, contrairement à son nom était bien fournie et qui, derrière le comptoir, servait les « Bleus d’outre Riez » car, à l’arrière de la bâtisse, une passerelle quelque peu précaire enjambait le ruisseau frontière permettant un passage discret entre le Royaume de Belgique et la République française tout en favorisant le troc : « T’as ène zike de toubac contre éne goutte de g’nèfe ?

Mais laissons-là l’étymologie. « La Planche » ne serait-il pas un hameau du quartier du Tuquet ?

La question posée à mon interlocuteur a provoqué de sa part une réaction aussi vive qu’indignée.

« La Planche », me souffle-t-il, est un quartier à part entière qui possède une place et non des moindres : celle de la Liberté ainsi que deux avenues : de la Bourgogne et Jean Jaurès. Autrefois, trois cafés accueillaient les habitants : « La Roue Volante », « La Bleuze Tartine » et le « Terminus ». Il y avait une ducasse avec une fête foraine traversée par les coureurs cyclistes du « Grand Prix Gustave Bekaert », le plafonnier de la rue Alfred Henno. De plus, une voie vicinale desservait l’endroit par l’intermédiaire du « Tram del Planch ».     

Je le tempère et lui rétorque : « Certes, mais point de clocher » !

_ Que si ! Le quartier en possède un mais il a une particularité. Il ne sonne pas l’appel aux offices religieux mais règle les débuts et fins de cours et de récréation. C’est celui de l’école communale que j’ai fréquentée. Mes études secondaires furent entreprises à l’Athénée Royal mais furent interrompues à l’âge de 16 ans suite à un différend avec mon père qui avait, à ma demande mais à mon insu, reçu une documentation complète envisageant mon entrée à l’Ecole Royale des Cadets.

_ Pourquoi cet attrait vers une carrière militaire ? Le prestige de l’uniforme ? Le commandement ?

_ Non pas, mais l’enseignement, la pension, l’habillement, le transport étaient gratuits. Mon père étant le seul pourvoyeur aux revenus du ménage, j’avais cru bien faire.

_ Pourquoi ce refus paternel ?

_ Mon père Marcel ne voulait plus de militaires dans la famille, elle qui avait servi la Patrie tant en 14-18 qu’en 40-45 et il n’était pas question que je serve de chair à canon comme mes aïeux ! Durant la dernière guerre, mon père avait traversé la France à vélo en compagnie de plusieurs copains du même âge afin d’échapper au STO (service allemand du travail obligatoire). Il a rempli ses obligations militaires à la Royal Air Force « at ground ». Il cintrait des tôles pour la réparation des avions. Par la suite, il est devenu tôlier-carrossier et son expérience en ce domaine lui a permis d’ouvrir la section « carrosserie » de l’Item en qualité de maître d’apprentissage. Je me suis donc retrouvé avec lui en carrosserie automobile, métier auquel il espérait m’intéresser en vue de pouvoir un jour ouvrir un atelier familial.

_ Le vœu du père a-t-il été exaucé ?

_ Non, j’ai poursuivi mes études à l’ITEM au cours du soir dans la section secrétariat et langues et ce jusqu’à mon service militaire avec la recommandation paternelle de ne point m’engager.

_ Dans quelle Force as-tu accompli ton service ?

_ Dans la Force Navale où j’ai suivi une formation d’opérateur téléscripteur. C’est au cours de mon service qu’arrivera un évènement qui engagera mon parcours de vie : un accident de voiture, de nuit, en plein brouillard d’octobre 1965. Mon copain de chambrée, conducteur, avait malheureusement quitté la route et dévié dans un cimetière britannique de Flandre. La gendarmerie, appelée, ne pouvait pas constater vu le statut d’extra territorialité du site.

_ Vous n’étiez donc plus en Belgique ? Effectivement. L’autorité informa le service des sépultures britanniques à Ypres, ce qui nous amena à nous retrouver sur place, dans la nécropole, le lendemain, pour récupérer le véhicule et constater les dommages.

_ Les dégâts ne devaient pas être conséquents.

_ Quand même : double ornière d’une dizaine de mètres dans un tapis détrempé de gazon anglais, deux stèles endommagées. Estimation des dégâts : 15 000 francs !

Je vous entends Grand Maître : « Un profanateur de tombes n’a pas sa place chez les Baillis.

_ Ne vous fâchez point Grand Maître et laissez- moi poursuivre. Le jour du constat, ce jeune milicien mouscronnois a pris conscience des dégâts humains qu’avaient provoqués les deux guerres mondiales en parcourant les tombes. Les stèles renseignaient le nom des victimes, leur unité et leur âge : de 16 à 40 ans. Ce fut une révélation et il venait de saisir toute la portée des paroles de son père. S’émouvoir ne suffit pas, il va dans la foulée s’affilier à la « Royal British Legion Ypres Branch » une organisation mutuelle et d’entraide aux combattants et veuves de guerre britanniques, présidée par le Superintendent de la Commonwealth War Graves Commission Ypres Area. Son dévouement sans faille au sein de cette organisation lui a valu le 10 novembre 2016 d’être présenté à sa Majesté la Reine d’Angleterre à l’Albert Hall Palace dans le cadre de la parade du 11 novembre ce qui m’évitera d’énumérer plus longuement les mérites du repenti.

Je vous entends Grand Maître : « Il a donc fait allégeance aux Britanniques mais a-t-il été dévoué à sa ville et à ses concitoyens ? »

J’y viens. Il postule un emploi d’agent à la police communale de Mouscron. Le voilà donc arborant un uniforme au grand dam de son père qui désapprouve son choix mais la recrue est devenue majeure.

Premier jour et déjà première intervention. Tout fringant, il descend la rue de Tourcoing à pied, lorsqu’arrivant place de l’Ours, il voit déboucher de la rue du Christ une Simca 1000 qui vient s’arrêter à hauteur du magasin « Unic », juste à l’aplomb d’un signal de stationnement interdit. Il n’intervient pas, la passagère débarque. Mais le conducteur sort à son tour du véhicule et verrouille sa portière en lançant : « à t’à l’heur chérie, chez Louis ». Epié par les badauds qui attendaient avec curiosité la réaction du représentant de l’ordre, il s’approche du chauffeur vêtu d’une salopette d’ouvrier et lui fait remarquer la présence du signal routier et lui dit : « Eh ben min couss’, si e’ panneau i tché, te vas avoir des frais à t’votur ! » L’individu lui rétorque tout de go : « Y é six heures dich. J’suposs que t’as fini à 6 heures… Vas t’in boire eut pinte et … laisse tin monte trintchil» ! Le policier lui rétorque : « Donnez-moi votre carte d’identité et dégagez votre voiture de là ! ». L’immatriculation relevée, il regagne le commissariat avec le document et demande conseil à un ancien.  D’emblée, il lui répond qu’il n’a pas à démunir un usager de sa carte d’identité et voilà notre homme en défaut… par ignorance.

Eh oui, les jeunes policiers à cette époque n’avaient aucune formation de base, ignoraient les procédures et étaient exposés à des situations de ce genre. Les nouveaux engagés à l’essai devaient apprendre sur le tas, le statut administratif faisant fi d’une formation élémentaire des « bleus ».

Cette situation n’est pas du goût de notre homme qui œuvrera patiemment à la création d’un Centre d’Entrainement en Hainaut occidental. Les cours provinciaux de Police permettront l’obtention de brevets d’officier de police et les Mouscronnois feront tous partis des lauréats et évolueront dans leur carrière à des grades divers. De même, il en appellera ponctuellement   à l’Autorité communale afin que le corps de police puisse bénéficier d’un équipement de qualité. Notre policier terminera son parcours en tant qu’inspecteur principal.

1974-1975. Pas moins de huit Statuts de Reconnaissance Nationale pour les victimes de guerre (militaires et civiles) sont votés au Parlement. Ils permettent le remboursement intégral des soins de santé. Mouscron compte près de huit cents statutaires potentiels. Des dossiers étayés d’un « certificat de bonne vie et mœurs » doivent être établis. Le service communal de la milice est débordé. Des permanences sont alors assurées dans les locaux des combattants et victimes de guerre afin d’aider ces derniers à compléter leur dossier. Deux policiers, Marcel Viane, alors secrétaire de l’Entente des Groupements Patriotiques et notre homme se portent volontaires pour apporter leur aide, d’autant plus que les certificats de bonne vie et mœurs ne peuvent être délivrés que par la police qui est gardienne du casier judiciaire. L’opération dure près d’un an et par la force des choses, il se voit investi du titre de secrétaire-adjoint de l’Entente Patriotique du Grand Mouscron. Au décès de Marcel, en 1991, il devient officiellement secrétaire-coordinateur de l’Entente Patriotique de l’entité mouscronnoise, fonctionnant dans l’ombre du Bourgmestre ayant l’organisation des cérémonies commémoratives officielles dans ses attributions. Ce secrétariat a toujours été assuré bénévolement par un cadre du personnel communal que ce soit de la milice ou de la police. On peut donc voir évoluer le secrétaire dans l’ordonnancement rigoureux des cérémonies commémoratives face aux monuments et stèles rappelant le sacrifice d’hommes ayant lutter pour le maintien de nos libertés.

Si l’on excepte l’inauguration le 13 mai 1923 du monument aux morts de la Grand ’Place, l’une des plus remarquable fut certainement, mémoire de mouscronnois, l’inauguration de la plaque commémorative de l’accrochage du Risquons-Tout le 5 mai 1980 qui avait rassemblé mille personnes. Dix ans plus tard, au même endroit, on déposait, grâce au concours d’un engin de levage prêté par notre regretté Grand Maître honoraire Luc Vanoverschelde, un Bren-Carrier sur le socle prévu à cet effet.

Baudelaire affirmait que le rôle du sculpteur consiste à raconter dans un langage muet les pompeuses légendes de la gloire, de la guerre, de la science et du martyr. Ronald Loof a, quant à lui, contribué et contribue encore à perpétuer le devoir de mémoire sur les terres mouscronnoises et autres… Un rôle majeur qui, je le sais, lui tient particulièrement à cœur et qu’il convient de saluer.

Aussi, Grand Maître, je vous prie de bien vouloir accueillir en notre Ordre Ronald Loof.

28. Sonnerie courte

29. Intronisation par le GM de Ronal LOOF comme Bailli d’Honneur

« Cher Ronald, Pour services rendus à la Ville de Mouscron, par la grâce des pouvoirs qui me sont conférés, je t’intronise Bailli d’Honneur de l’Ordre des Baillis de Mouscron ».

« Je t’admets te reçois et t’installe en qualité de Bailli,  Chevalier de la Confrérie des Baillis de Mouscron ».

30. Sonnerie courte

31. Introduction par Christian Debaere du deuxième parrain : Christian Derycke chargé de faire l’éloge de Jean CLAUDE

32. Présentation et éloge par Christian Derycke de Jean CLAUDE

La croix est un signe très présent dans notre vie…Dans le domaine religieux bien sûr où elle désigne une potence, un gibet, …la mort.. mais aussi dans de nombreux autres domaines profanes ceux-là où la croix prend une toute autre

signification .

En mathématique : les signes d’additions, de multiplication, la preuve par neuf…Les panneaux routiers, symboles de priorité…sur la rose des vents, pour les points cardinaux….Quand vous remplissez un sondage ou vous cochez votre choix avec …une croix…

Certaines croix laissent aussi de pénibles souvenirs…

Les croix varient aussi en couleur : la croix jaune et blanche, la croix verte des pharmacies, la croix rouge..

Loin de moi l’idée de vous donner un exposé sur la symbologie ( j’ai bien dû chercher pour le trouver celui là)..mais c’est tout simplement pour vous faire entrer dans la vie de celui que j’ai l’honneur de vous présenter comme nouveau bailli d’honneur.

Son nom est déjà ambigu…compliqué…car il est formé de deux prénoms : Jean Claude…Jean-Claude ? non non ce n’est pas un prénom composé…Jean c’est son prénom…Claude son nom de famille… C’est dire déjà la complexité du personnage.

Jean Claude fils de monsieur Albert Claude et de madame Claude…oui, enfin, non…mais si Madame Claude, la femme de monsieur Claude (oui, j’aurais pas dû la placer celle-là)

Alors, reprenons mes symboles : les signes mathématiques…

Le papa de Jean…Albert Claude. instituteur chez les frères maristes lui a laissé encore aujourd’hui des souvenirs de sévérité, d’autorité qui n’ont pas servi à grand chose…Car notre ami Jean est malgré tout devenu, un sacré gaillard !

Les maths lui ont en tout cas été très utiles dans sa vie professionnelle puisqu’après ses études secondaires techniques commerciales, et un graduat en comptabilité, et après son passage sous les drapeaux à la marine nationale…d’où probablement son aversion pour…l’eau…Donc après ses études et son service militaire, il entra aux assurances fédérales à Bruxelles où il fit toute sa carrière.

De là sûrement la grande  » assurance » qu’on ressent chez lui quand on le connaît.

Car l’ami Jean a bien des cordes à son arc, je devrais plutôt dire plusieurs rayons à sa roue de vélo puisqu’il est trésorier et membre plus qu’actif du Cyclo Club de Mouscron. Adepte de la pédale…enfin, je veux dire cycliste accompli, il s’investit également dans le passage des brevets cyclistes pour les enfants des écoles primaires…on en arrive aux signaux routiers…Un recrutement déguisé de futurs membres de son club !…Ce qui l’arrange surtout, c’est qu’après les kilomètres transpiré sur la bécane, les cyclistes ne boivent pas d’eau…Jean aime l’eau monacale…grand amateur et connaisseur d’Orval, nectar qu’il consomme…même parfois sans modération mais avec délectation…Ce qui explique sans doute la pénurie de stock dans nos régions….Jean épuise les stocks…Les moines ne savent plus suivre…Les pères brasseurs voient rouge…Rouge…Comme la croix rouge…Jean est depuis plus de quinze ans président de l’amicale des donneurs de sang de Mouscron et également vice président de la maison croix rouge de Mouscron après en avoir assurer la présidence pendant 4 ans.

Lui-même est un grand donneur…je vous rassure de suite, il boit l’Orval après le don…

Le don…Donner…Voilà un verbe qui est très présent dans l’esprit de Jean. Car il aime apporter son aide à ceux…à ceux qui portent une croix, à ceux qui sont en difficulté. Membre actif de l’ASBL Rose, Association qui lutte contre l’ichtyose, maladie génétique de la peau dont une de ses nièces est atteinte Jean organise des marches parrainées, lance des défis pour récolter des fonds pour cette association.

Car s’il roule, Jean marche aussi, il marche beaucoup et il sait vous faire marcher…

Fouteûs d’gins, toudis d’bonne humeur, toudis plein d’humour, ch’ést én homme qui mérite intièr’mint d’intégrer not’ assimblée des baillis…pasque

Ch’ést é vré mouscronnôs

Qui ést fin fir de l’ête

Qui a é tcheur tell’mint gros

Qu’i donne à tue tête

In ést bénèche d’atcheuillir

En homme qui pinse surtout aux s’autes

Et j’vous d’minde d’applaudir

E grand monsi, Jean Claud’

33. Sonnerie courte

34. Intronisation par le GM de Jean CLAUDE comme Bailli d’Honneur

« Cher Jean, Pour services rendus à la Ville de Mouscron, par la grâce des pouvoirs qui me sont conférés, je t’intronise Bailli d’Honneur de l’Ordre des Baillis de Mouscron ».   « Je t’admets te reçois et t’installe en qualité de Bailli,  Chevalier de la Confrérie des Baillis de Mouscron ».

35. Sonnerie courte

36. Remerciement par le GM et envoi final

Voilà, c’est ici que nous fermons l’album de nos héros de ce 45ème Convent.

Et permettez-moi, gentes dames, nobles seigneurs, d’adresser mes plus sincères remerciements à tous ceux qui ont rendu possible cette 45ème édition de notre Convent, et ils se reconnaîtront aisément. Le défi d’organisation dans ce nouveau lieu était de taille.

Mes remerciements également aux auteurs de l’animation musicale de cette édition très particulière : le duo musical les « saoul Mates » et  notre ami Jean-Claude Stricanne qui nous a sauvé les dernières envolées du clavier des grandes orgues avant leur renvoi vers une autre vie religieuse.

Merci aussi à nos autorités communales d’avoir pris la décision de racheter ce lieu où tant de souvenirs de milliers de mouscronnois restent gravés, et d’avoir ainsi veillé à ce que les Baillis, pauvres SDF, càd, sans domaine fixe, aient trouvé Refuge, tout en n’espérant d’ailleurs aucun ultime transfert au lieu du même nom, rue du Couvent, et non du Convent, .. on n’est jamais trop précis.

Enfin avant que d’en chanter et de trinquer en leur honneur, félicitons encore nos heureux élus de ce 45ème Convent en leur adressant un tonnerre d’applaudissements

37. Appel du GM à Christian Derycke pour clôturer ce Convent avec toute l’assistance par un vibrant « Bé qu’in est fir d’êt mouscrono »

Remerciements :

Pour la première fois, le GM a pu compter sur la très précieuse collaboration de Daniel Salomon pour la présentation musicale, Christian Debaere pour la présentation des « parrains », Francis Nenin pour l’éloge de Ronald Loof et Christian Derycke pour l’éloge de Jean Claude.

Merci aussi à Jean-Claude Stricanne pour les enregistrements aux grandes orgues des Pères Bernabites (juste avant déménagement !),  à Christian Debaere pour la mise en scène, et aux autre baillis titulaires pour leur précieuse contribution à l’organisation de ce 45ème Convent.