
ACTE I : Le grand maître Roby introduit ce Convent par un mot de bienvenue ET l’éloge de Bernard Wyffels, décédé en janvier 2024
Gentes Dames, nobles Seigneurs, et vous tous amis de Mouscron et de la Confrérie des Baillis,
J’ai grand plaisir à vous revoir ici, en ce lieu qui est et restera à jamais le témoin de l’histoire de tant de faits marquants de notre bonne Ville.
Car ce lieu est aussi celui où, définitivement, espérons-le, chaque année notre Confrérie a et aura l’occasion d’adouber devant vous, quelques personnes qui par leur dévouement et leurs actions remarquables portent bien haut et bien loin la renommée que tant d’autres villes nous envient.
Cependant, si nous sommes heureux et fiers de nous retrouver et fêter les nouveaux promus de notre Convent, trop souvent hélas, il nous faut précéder ce moment heureux et joyeux de la vie de notre confrérie, par le rappel douloureux du décès de l’un de nos membres. Or depuis notre dernier Convent, voilà que la Grande Faucheuse, n’a pas arrêté sa funeste besogne.
C’est ainsi que début de cette année, à peine avions-nous refermé le livre de notre 48ème Convent, nous apprenions le décès d’un membre éminent de notre Confrérie : notre ami Bernard Wyffels, nommé Bailli d’Honneur en 2007 et par la suite, Officier de notre Ordre.
Décédé à l’âge de 83 ans, le 30 janvier dernier, Bernard était le Président de l’Association des commerçants et du Comité des fêtes de Dottignies depuis 1996.
Oserais-je dire qu’il exerçait un métier particulièrement honorable, puisqu’il créa sa propre imprimerie dès 1964 à l’arrière de la droguerie familiale.
Tous ceux qui l’ont bien connu soulignent qu’il était un infatigable et inconditionnel défenseur de la cité de la Main, et ce depuis plus de 53 ans.
Bernard a eu une vie professionnelle, sociale et familiale bien remplie, avec son épouse Marguerite-Marie, sa fille et ses petits-enfants.
A cet homme aux multiples facettes, ne ménageant pas ses efforts pour sa Ville, c’est avec reconnaissance et émotion que nous nous souvenons de lui.
Merci de bien vouloir vous lever pour quelques instants de recueillement en son honneur.
ACTE II Passage de relais entre l’ancien et le nouveau GM
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Gentes dames, nobles Seigneurs,
Qu’il me soit permis d’ouvrir cette 49ème édition de notre Confrérie par quelques vers, inspirés des magnifiques stances de Jean-Jacques Rousseau, (le philosophe, pas le douanier) et que de façon iconoclaste mais bien intentionnée, je me plais à détourner de leur génie pour le sujet particulier dont je viens me confier ici devant vous….
Oui, … je lis sur vos visages ce petit rien d’interrogation, que votre étonnement discret rend à peine perceptible, ce petit 6ème sens, typiquement mouscronnois, qui peut se traduire au mieux par « olàlà, notre GM prend de l’âge », ou au pire : « des hurlus, on en connait, mais un hurlu berlu pareil, faut qu’il se soigne ».
Peut-être d’ailleurs êtes vous déjà sur la bonne voie, ce qui m’encourage à poursuivre en proposant à votre écoute indulgente mais attentive ces quelques vers :
Ce jourd’hui, est un jour de fête
Puisqu’au temps suis assujetti
Car les 15 ans qui me précèdent
Sont un instant prêt à l’oubli
Mais ce qui reste de ces années
Tant de talents passés, à venir
Tous des Baillis, prêts à servir
Fleurs bien écloses ou prêtes à s’ouvrir.
Baillis nouveaux, venez, venez.
Mouscron est là pour vous chérir.
Voilà qui demande un bref instant de réflexion, mais ne vaut guère une plus longue attente, car effectivement, en ce moment solennel de notre 49ème Convent, c’est avec enthousiasme, mais aussi une émotion non feinte, qu’à l’aube de notre 50ème année d’existence, je vous annonce la naissance d’une ère nouvelle pour notre noble Confrérie des Baillis de Mouscron.
Certes, votre humble serviteur mesure l’honneur dont vous l’avez gratifié durant ces 15 années, avec patience, compréhension, amitié, tellement soutenu par vous tous ici présents, mais également porté par ses pairs : plus de 60 membres fidèles, dont bien sûr en premier lieu tous les membres du Conseil des Baillis.
Mais le besoin d’un souffle nouveau me pousse à ce moment de sagesse.
Et qui dit ère nouvelle dit guide nouveau, et sachez-le, braves gens, la tâche aurait pu être plus aisée qu’il n’y parait, car tant d’amis de notre Confrérie ont tout ce qu’il faut pour nous mener vers de nouveaux horizons.
Mais pour nous mener avec force et détermination vers notre nouvelle destinée, un seul avait, dirions-nous, le profil, la stature, l’expérience, la faconde, la fougue, le tempérament, en un mot : le talent pour nous donner pleine confiance dans le nouveau cap, le nouvel élan, qui nous rendra encore plus proches, mais aussi et surtout qui par tous les moyens proclamera urbi et orbi la reconnaissance de notre Ordre auprès de celles et ceux qui œuvrent pour le bien et la renommée de notre bonne ville de Mouscron.
Voilà pourquoi il nous fallait, dans tous les sens du terme : un grand format !
C’est donc avec honneur et fierté que je m’apprête à passer le relais de GM de notre Confrérie, à celui qui sur scène peut nous faire rire ou pleurer, un homme tombé dès sa naissance dans le bain de la culture comme d’autres dans la potion magique ; un homme sur qui depuis déjà de nombreuses années j’ai pu me reposer pour préparer, innover, animer nos différentes activités ; oserais-je dire en un mot : un homme qui a de la gueule et à qui je demande de me rejoindre pour son adoubement comme notre nouveau GM : il s’agit bien sûr de notre ami Christian Debaere.
ACTE III Intronisation de Christian Debaere comme GM de l’Ordre des Baillis
Christian, toi qui es déjà Bailli titulaire du fief des Ramées, fief dont tu garderas la charge, te voilà contraint de veiller en outre sur l’ensemble des fiefs de notre belle entité !
Fasse que, contrairement à certaines habitudes municipales, il en coûte moins qu’il n’en rapporte à tes chères ouailles !
Alors, je te demande maintenant de renouveler ton obédience à la cause qui est la nôtre et qui repose sur notre serment que tu répèteras après moi :
« Je jure fidélité à la Ville de Mouscron…
Je promets de la servir, de l’illustrer et de la défendre…
En tous lieux, en toutes circonstances et de toutes manières ».
Tu lèves la main droite et tu dis « je le jure »
En fonction des pouvoirs qui, jusqu’à cette dernière minute me sont conférés, et en présence de cette noble assemblée: je te reçois, te promeus et t’adoube Grand Maître de l’Ordre des Baillis de Mouscron,…
Ce sceptre , symbole de ton autorité (presque) infaillible, et cette coiffe, symbole de ta grandeur, te sont confiés … sous les applaudissements de la foule de tes sujets en délire.

ACTE IV
1/ Le GM Christian salue le GM « sortant » en lui brossant le portrait.
Merci Roby pour ces belles paroles…
J’espère avoir fait le bon choix en te succédant … il est vrai, comme dirait Lafontaine – Philippe pas Jean de – « la victime est si belle et le crime est si gai »…
J’espère néanmoins ne pas avoir à me dire trop souvent, comme Molière : « Mais que diable allait-il faire dans cette galère ? »
Mais entouré du Conseil et de mes 2 prédécesseurs qui, j’en suis sûr, me soutiendront, qui seront en quelque sorte mes contreforts, oserais-je « mes contre… maîtres ?… », ça devrait aller…
Cela étant dit, chers amis, avant d’attaquer ce 49e convent, je m’en voudrais – et d’ailleurs tout le monde m’en voudrait – de ne pas dire quelques mots sur le grand-maître « sortant »… qui d’ailleurs, vous le constatez, est resté…
D’autant que, comme le disait fort bien Daniel, son prédécesseur, en 2009 lorsque lui-même quittait la fonction :
« Il est vrai qu’on ne donne rien de si bon marché que les compliments, mais dans ce cas, et à son égard, ajoutait-il, je souscris volontiers à la déclaration de Beaumarchais qui affirmait que « Ce n’est faire de mal à personne que de dire du bien de ceux qui le méritent. »
Pour ce faire (dire du bien donc), je me suis un peu penché sur le cas de ce Roby-ci… Non pas sur l’homme en tant que tel mais sur sa façon d’être, sur sa façon de voir les choses… Bref, j’ai cherché d’abord du côté de son nom : Vandaele, de la Vallée… Mouais … bon…
Du côté de son prénom… Peut-être avait-il un prénom prédestiné et j’étais sûr, peut-être comme vous, que Roby était le diminutif de Robert, au même titre que Bob.
Que nenni !
Roby est un prénom, à part entière, si j’ose dire. Roby avec un ou deux B est d’origine anglaise – ça on s’en doutait – et veut dire « printemps ». Ici on les fête le 30 avril ; tandis qu’en Chine, on les roule… Mais ça, c’est une autre histoire…
Ses dérivés sont plutôt Rock ou Rodrick que Robert. Le plus célèbre des Roby étant sans doute Roby Lakatos, un violoniste hongrois.
Oui, hongrois qu’il est célèbre … seulement dans son quartier apparemment…
Ou Robby Rensenbrinck … Ah, voilà le football qui prend encore le pas sur la Culture…
Tout ça est bien beau mais ce qui m’a surtout sauté aux yeux et qui m’a permis de ne plus chercher plus loin, c’est la description du caractère des Roby en général et vous verrez que cela colle très bien avec le nôtre, en particulier…
Ecoutez plutôt :
Roby est une personne créative. Il s’agit d’un individu audacieux et imaginatif, qui cherche de l’inspiration au quotidien. Il est généreux et à l’écoute, ses objectifs seront atteints car il est patient et n’hésite pas à se mettre des défis. Les loisirs créatifs ponctuent la vie de Roby, qui n’aime pas la routine et qui a besoin de faire constamment de nouvelles choses.
Je crois qu’on ne pouvait mieux le décrire et que mes collègues du Conseil des Baillis abonderont dans le même sens.
En un seul mot, Roby, pour le boulot accompli à la tête des Baillis (et celui qu’il reste à faire) : Merci !
2/ Le GM lance la « réflexion » de l’année sur les artistes baillis ou baillis artistes…
Gentes dames, nobles seigneurs,
Il est de coutume que le Grand Maître, en ouvrant le Convent – 49e pour celui-ci – se promène dans notre bonne ville de Mouscron à la recherche de l’une ou l’autre idée originale à développer lors du Convent… Vous vous souvenez sans doute du tour des chapelles de l’an dernier… Seulement je dois vous dire qu’après 48 convents, les idées « originales » ne se trouvent pas sous le pas d’un cheval et j’ai donc plutôt opté pour l’arpentage des rues, ruelles, avenues, autoroutes parfois, de nos archives, à la recherche des artistes qui ont été intronisés baillis, qu’ils soient toujours parmi nous ou hélas disparus…
Eh bien, je ne pensais pas qu’il y en eût autant et je vous propose que nous nous les remémorions ensemble.
Au moment de partir, je laissai sur le côté toutes les venelles de celles et ceux qui, parmi nous, étaient artistes dans l’âme : Francis et Fred occupés sur scène, Daniel qui croque l’un ou l’autre portrait…
Non, je me suis consacré aux Baillis qui avaient été intronisés parce que ARTISTES et je pris donc la tangente, moi qui ne suis pourtant pas fort en math …
La première ruelle « archivée » que j’emprunte est celle de celui qui figure également parmi les créateurs de l’ordre des baillis, Marius Staquet créateur du Théâtre Wallon Mouscronnois, aujourd’hui appelé Cie Marius Staquet en son honneur et dont le Président, Auteur, Interprète, Metteur-en-scène et sans doute Concierge est également bailli titulaire, Christian Derycke pour ne pas le nommer, qui en plus d’avoir un magnifique prénom… est aussi traduit dans tous les parlaches de Wallonie.
Après Marius, un square entièrement dédié aux écrivains. A l’angle, je croise Jules Dermaux, dit Jules du Tchun et ses Garlouzètes puis Clothaire Lericque, l’auteur de notre hymne : Bê qu’in est fir d’êt’ mouscronnos. (Je ne pense pas avoir connu Mouscronnois aussi fier d’être nommé Bailli que Clothaire !)
Au milieu du square, qui maintenant ressemble étrangement à la place de Luingne, un Cleugnotte pur jus: Marcel Christiaens et à côté de lui deux autres poètes, écrivant en Français, ceux-là : Emmanuel Mahieu et Jacques Mercier…
Je m’éloigne un peu et croise la rue Michel Franceus, aujourd’hui Grand Officier de notre ordre, auteur de plusieurs romans et pièces de théâtre mais aussi d’un spectacle imaginé pour l’inauguration des sculptures de la Rénovation urbaine en 1987 et intitulé Légen… de Mouscron qui fut interprété durant 3 jours, pour l’inauguration des fontaines de la Rénovation urbaine, devant un gradin de 700 personnes.
Je me souviens de 2 anecdotes qui ont émaillé ces représentations… Je vous les livre ici…
A l’époque on jouait à la pétanque sur la grand’ place et on avait un peu oublié de couper le kiki des haut-parleurs côté rénovation urbaine, ce qui fait qu’en plein milieu d’un dialogue entre le chef hurlu et le duc d’Albe, on pouvait entendre « Les équipes 448 et 622 sont attendues sur le terrain 84. Il est à signaler que les toilettes de l’hôtel de ville fermeront dans une ½ heure… ».
Ensuite, le 3e jour, le lundi soir : drache nationale en continu depuis le matin. Les gens s’installent néanmoins dans les gradins et, 5 minutes avant de la représentation, on leur annonce qu’on ne pourra pas jouer, qu’il pleut trop … que, si nous les comédiens, on pouvait s’y faire parce que nous n’étions pas tout le temps sous la pluie, par contre, eux allaient être dessous pendant plus d’une heure et que les parapluies n’étaient pas une bonne idée car derrière ceux-ci, personne ne voyait plus rien.
Rien n’y fait : personne ne veut partir.
Et là, je ne sais plus qui trouve la solution… imparable : on prend plusieurs rouleaux de sacs-poubelles (à l’époque ils étaient gratuits) et on découpe les deux coins de plus de 300 sacs… afin que les gens se les mettent sur la tête pour se protéger de la pluie !
On a donc joué devant 700 spectateurs coiffés d’un coin de sac… C’était hallucinant … d’autant que même le salut s’est fait sous la drache ! …
Tiens un panneau : 1997, Légen… de Mouscron, le retour, et ici, c’est le metteur-en-scène que les Baillis mettent à l’honneur : Walter d’Andréa.
Ah, voilà une place réservée aux dessinateurs, il y a là Urbino, un peintre qui a d’ailleurs cédé toute son œuvre à la Ville, Jean-Marc Krings, célèbre auteur de BD et de notre hurlu, bon vivant, que l’on voit un peu partout…
Un photographe également, Luc De Pestel. Luc qui, avec ses amis du photo-club Artec à 25 reprises, pour leur Biennale Reflet Mondial de la Photographie, a sélectionné des milliers de photos venant du monde entier pour n’en garder à chaque fois qu’un millier à exposer … après les avoir toutes encadrées !
Ah, me voilà arrivé au pied du kiosque réservé aux musiciens…
Il y a làJean Daxhelet et Pierre Dekimpe occupés à chanter un Vivat en l’honneurde Jean-Claude Stricanne, grand amoureux des orgues de St Barthélémy.
Tout à côté de l’avenue André Waignien. André qui aurait tant voulu voir interprétée sa Cantate aux Etoiles à Mouscron mais la vie en a décidé autrement.
J’arrive finalement dans l’amphithéâtre où je croise la loge de Jean-Marc Chotteau, directeur de la Virgule, à Tourcoing.
Je quitte le site en empruntant le chemin tortueux du regretté Ronny Coutteure pour aboutir sur une route à 2 fois 4 voix … ah ben oui : celles de Fabian Le Castel.
Ce qui nous fait pas moins de 17 artistes, que nous avons accueillis au sein de notre confrérie… et si vous avez été attentifs, vous aurez remarqué que j’en ai oublié un et de taille … ou de poids… sans doute le plus connu… l’autoroute Raymond Devos, intronisé bailli en 1982…
Ce n’est pas un oubli en fait.
En effet, une fois que j’étais avancé bien loin dans le labyrinthe des archives, je me suis rendu compte d’abord que je m’étais un peu perdu mais, surtout, que je n’avais pas de chute à mon texte…
Eh oui : comment conclure ? Je me suis donc tourné vers le roi de la chute : le père Devos.
Parce que je ne sais pas si vous avez remarqué…
Mais à notre époque, on ne sait plus choir.
S’asseoir, ça oui, on peut mais … choir ?!
On s’imagine que choir c’est déchoir…
Or, choir n’est pas déchoir.
Un homme qui a chu n’est pas déchu … à condition qu’il choie bien.
Sinon il manque de… savoir-choir…
Et comme dirait le maître : où que tu chois, chois bien ! Merci Raymond, j’ai ichi chu !
3/ Introduction par le GM des artistes : Alex Deschamps et Bruno Wielfaert
Première intervention musicale du duo.
Je vois à vos mines .. ébahies (et bâillant peut-être) qu’il est temps d’écouter un peu de musique. Hmm ?
Ça tombe bien, nous en avons ce matin, de la musique, et avec de vrais musiciens dedans.
Les deux amis que nous recevons ce matin ne vous sont pas inconnus : d’un côté, Alex Deschamps que l’on voit plus souvent derrière un micro « chant » ; et de l’autre, Bruno Wielfaert que l’on croise, à la guitare, avec bon nombre de groupes et qui devrait bientôt se retrouver aussi derrière un micro « chant », non ?
Comme les deux compères sont des virtuoses en la matière, nous leur avons demandé de nous concocter 3 morceaux pour des duos de guitares.
Voici le premier, intitulé Black Orpheus…
4/ Intronisation par le GM du nouveau bailli titulaire Guy DOBBELAERE (en lieu et place de Jean-Yves Pollet).
Comme vous le savez sans doute, le Conseil de l’Ordre des Baillis est composé de 13 membres et, depuis ce jour, des deux Grands-Maîtres honoraires.
Jusqu’à présent, le fief d’un bailli titulaire était repris une année après le décès de son détenteur.
Mais, cette année, deux baillis titulaires, l’abbé Jean-Yves Pollet et Claude Depauw, ont, pour des raisons personnelles, décidé de céder leur fief et souhaité accéder à l’honorariat. Leur décision a été respectée, bien entendu, et leur proposition a été acceptée. Dès lors, ces deux fiefs: « Tiercelet de la Barre » et « Jacquemars des Reviaux » doivent être dévolus à deux nouveaux Baillis titulaires…
Pour être bailli titulaire, il faut, en plus des qualités que l’on demande aux baillis d’honneur, être disponible. Tout est là. En effet, le point d’orgue de notre ordre est le convent annuel que nous tenons le 1e dimanche d’octobre, comme aujourd’hui, bien sûr. Une activité qu’il faut préparer : choisir les nouveaux baillis, discuter de qui seront les parrains et marraines, se répartir les tâches pratico-pratiques et bien d’autres préparatifs encore.
Et puis il y a les activités secondaires mais néanmoins importantes : le concert – désormais traditionnel des orchestres des forces armées – le bbq jusqu’il y a peu, la présence lors de fêtes patriotiques ou lors des enterrements, hélas, de nos consœurs et confrères baillis…
Toutes activités qui demandent à la fois d’être disponible tant pour les préparatifs que pour la présence, mais aussi de pouvoir, le cas échéant, retrousser ses manches…
Les deux nouveaux titulaires que je vais vous présenter le sont : disponibles…
Mais avant toutes choses, il faut que je vous dise qu’en 1978, à la place du service militaire, j’ai choisi l’objection de conscience… 20 mois de service civil plutôt que 10 à l’armée…
Alors, si l’on avait dit à l’époque au jeune Néchinois que j’étais que 46 ans plus tard, j’allais, d’une part, devenir Grand Maître des Baillis de Mouscron…
Et que, d’autre part, pour mon premier convent j’allais introniser d’abord un militaire et ensuite un policier !
Oui, j’aurais réagi comme vous. Je ne l’aurais pas cru…
Comme quoi, il ne faut jurer de rien puisque c’est ce que je m’apprête à faire !
Voici ce que mon prédécesseur disait – en substance – du premier futur bailli titulaire lors de son intronisation en 2017…
Oyez braves gens, gentes dames, nobles seigneurs,
Nous avons devant nous rien moins que le commandant militaire de notre belle province de Hainaut, ce qui n’est déjà pas mal. Mais quand vous apprendrez que le lieutenant-colonel Guy Dobbelaere ici présent est mouscronnois pure souche, alors là, vous comprendrez qu’avec de telles références, nous ayons très rapidement sympathisé !
L’écoulement d’un gros sablier, nous dirions aujourd’hui un bon quart d’heure : voilà le temps qu’il nous a fallu pour prendre connaissance attentivement des états de service de l’administrateur militaire ci-devant nous.
Je ne froisserai pas la modestie du gardien de notre sécurité en vous résumant ainsi ses états de service :
Né le 16 février 1966 à Mouscron, Guy Dobbelaere rejoint en 1984, après ses humanités à l’école royale des cadets à Laeken, la 124e promotion de l’école militaire.
A partir de 1992 : Lieutenant d’aviation et bientôt capitaine, il enseigne des matières de haut vol telles que la philosophie sociale et la méthodologie.
1997 : il renforce ses dispositions innées pour les contacts sociaux en décrochant une licence en journalisme et communication. Il devient ainsi tout naturellement l’officier chargé des relations entre l’état-major de la Force aérienne et la presse.
En 2002 c’est le grade de Major d’aviation qu’il attrape au vol, ce qui le conduit en 2009 à faire un crochet par la direction générale « budget et finances ».
Enfin, en 2016 : la direction militaire de la province de Hainaut…ce qui lui permet un retour et l’atterrissage en douceur dans notre bonne ville de Mouscron.
Son attachement à sa Ville et aux Baillis le conduit à demander à ce que le Concert de Garnison auquel il peut prétendre, pour la Province, se donne à Mouscron. C’est ainsi que nous avons reçu, au Centre Culturel, l’Orchestre royal de la Marine il y a deux ans, celui de la force aérienne l’an dernier et nous accueillerons à nouveau la Force navale pour un concert de Noël éblouissant le 20 décembre prochain. Ajoutons à cela qu’il est de toutes nos activités où nous avons besoin de bras et vous comprendrez aisément que nous étions impatients de pouvoir l’introniser aujourd’hui, devant vous, comme bailli titulaire de notre ordre.
Et je dirais, pour conclure sa présentation, qu’un militaire dont le grade fait penser à un dessert composé d’une boule de glace au citron et d’un trait de vodka, ce militaire-là ne peut pas être tout à fait mauvais !
Gentes dames, nobles seigneurs, je vous demande d’accueillir comme il se doit le Colonel Guy Dobbelaere.
Mon cher Guy,
Je te demande maintenant de proclamer ton obédience à la cause qui est la nôtre et qui repose dans notre serment dont tu voudras bien répéter après moi la teneur, en levant la main droite:
« Je jure fidélité à la Ville de Mouscron.
Je promets de la servir, de l’illustrer et de la défendre en tous lieux,
En toutes circonstances et de toutes les manières ».
En présence de cette noble assemblée et par les droits qui me sont conférés, je t’admets, te reçois et t’installe en qualité de Bailli Titulaire du Fief « Tiercelet de la Barre ».
Elévation et remise de la robe de bailli titulaire,
de la médaille et du chapeau. à Guy DOBBELAERE ;
5/ Intronisation par le GM du nouveau bailli titulaire Jean-Michel JOSEPH (en lieu et place de Claude Depauw).
Lorsqu’on cite le nom de notre deuxième futur bailli titulaire, on se demande « Mais à combien sont-ils venus ?!… : Jean-Michel Joseph…
Un peu comme Paul-Emile Victor… Voyez ? On ne sait pas combien mettre de couverts…
En 2018, lors de son adoubement, Roby est plutôt parti sur les uniformes… Voici ce qu’il disait – entre autres choses…
J’ai eu l’honneur d’adouber devant vous ces dernières années quelques mouscronnois pure souche, portant bel uniforme, et qui, toutes armes confondues, sont les garants contemporains de notre sécurité et de celle de notre beau territoire. Il en est ainsi de notre gouverneur de province Thomas Leclercq, du Commandant militaire de notre Province Guy Dobbelaere, sans oublier notre officier de police Françoise Dutrieux, et notre commandant des pompiers Pol Lowagie. Il ne nous manquait plus, comme garde rapprochée, que le grand chef de la police de notre bonne ville de Mouscron…
Et Roby, à l’époque, de rappeler le parcours professionnel de notre promu du jour.
J’aimerais, quant à moi, m’arrêter sur ce qu’il disait à propos du chef de la police lorsqu’il était en civil…
Il disait ceci : …
Excellent bricoleur, il se chargea de tous les travaux d’aménagement de la maison familiale, forçant l’admiration de sa dulcinée (Dominique), mais aussi de Sam et Martin, accompagnant leur maman dans cette nouvelle aventure.
L’année suivante naquit le petit Louis, aujourd’hui âgé de 24 ans…
Depuis lors, dans cette belle famille recomposée qu’il a d’emblée fait sienne, Jean-Michel aime montrer sa place : celle du patriarche en bout de table…
Car, comme il aime à le répéter : la famille c’est sacré.
Avec sa famille, il partage aussi, bien entendu ses meilleurs moments, ses passions : les longs voyages qu’il prépare dans les moindres détails, l’œnologie, et même une collection unique de toutes les voitures dessinées dans les albums de Tintin !
Pour toutes ces qualités, dont nous voudrions profiter aussi et pour son assiduité à toutes les activités de notre ordre, j’ai le plaisir et l’honneur d’accueillir pour son intronisation en tant que bailli titulaire, le commissaire Jean-Michel Joseph !
Mon cher Jean-Michel,
Je te demande, à toi aussi, de proclamer ton obédience à la cause qui est la nôtre en répétant après moi notre serment et en levant la main droite:
« Je jure fidélité à la Ville de Mouscron.
Je promets de la servir, de l’illustrer et de la défendre en tous lieux,
En toutes circonstances et de toutes manières ».
En présence de cette noble assemblée et par les droits qui me sont conférés, je t’admets, te reçois et t’installe en qualité de Bailli Titulaire du Fief « Jaquemars des Reviaux».
Elévation et remise de la robe de bailli titulaire,
de la médaille et du chapeau. à Jean-Michel JOSEPH ;
6/ le GM annonce le 2e morceau du duo.
S’il est vrai que la musique adoucit les mœurs, j’espère que le morceau proposé maintenant par notre duo enchantera également vos délicates et nobles oreilles… Il s’intitule There will be never another you… Ces deux-là savent trouver les mots…
Deuxième intervention musicale du duo.
7/ Rappel par le GM de la procédure de présentation par parrainage des nouveaux baillis, et appel de Sandrine DESRUMAUX pour l’asbl les P’tits Gins et de sa marraine.
Si vous êtes fidèles à notre rendez-vous annuel, vous savez que nous avons pris l’habitude de demander à une ou un bailli titulaire de présenter les nouvelles et nouveaux baillis, de les parrainer en quelque sorte.
Nous ne dérogeons pas à la règle et invitons Carine à nous faire l’éloge de notre première invitée, à la marrainer donc…
Avec son sourire et sa gentillesse naturelle, elle ne fait rien à moitié, et quand elle s’engage elle met la barre très haut. Elle se poste sur tous les fronts de l’aide aux plus démunis.
Infirmière de formation et aujourd’hui professeure à la Haute Ecole de Tournai, elle adore son métier et ses élèves qu’elle vouvoie pour les mettre sur un pied d’égalité. Sa rigueur lui permet d’être d’une efficacité sans pareille quand il s’agit d’organiser de grandes tablées autour de sa famille et de ses amis.
Levée très tôt, elle démarre au quart de tour, ce qui ne l’empêche pas, le soir venu, de faire la fête jusqu’à pas d’heure.
Elle a toujours été très sensible à la petite enfance et a très vite compris que si les dons des multiples associations mouscronnoises affluaient du côté des adultes, les plus jeunes, eux, ne profitaient que très peu de l’aide apportée à leurs parents.
Aussi dès 2015 s’est-elle tournée vers ceux qui ne choisissent pas leurs conditions de vie. Avec son mari, Bernard et un couple d’amis, ils ont porté leur regard bienveillant sur une précarité méconnue, celle des enfants de 0 à 6 ans. Ainsi est née l’asbl « les p’tits gins ».
Les « ptits gins » ce sont, littéralement, les petites gens, ceux qu’on oublie, les plus petits, les enfants de parents défavorisés, ceux qui feront la société de demain et qui méritent de grandir dans un minimum de confort.
Pourtant les parents tentent de faire au mieux mais comment joindre les deux bouts et assurer une croissance normale aux enfants quand le 18 du mois, il reste dans le portefeuille des mamans 10, 15 € maximum.
Au sein de l’Asbl, les membres actifs ont souvent fait ce triste constat : les familles précarisées doivent d’abord assurer les premières nécessités à leur survie et les enfants passent au second plan.
C’est donc tout naturellement que « les p’tits gins » se sont tournés vers eux pour les protéger des coups durs encaissés par les parents.
L’aide apportée par l’association consiste essentiellement à amener vers les enfants des produits de première nécessité : lait maternisé, couches, urgences pharmaceutique, produits d’hygiène. La distribution a lieu une fois par mois au local de la rue des étudiants et les files d’attente grandissent de mois en mois.
Heureusement, les membres de l’association sont des personnes très sociables, engagées et sympathiques et le couple fondateur peut compter sur la bonne humeur et l’efficacité de ses deux enfants, Antoine et Camille et de son vaste réseau d’amis.
Pratiquement, plusieurs temps forts alimentent les caisses. Grâce au « noyau dur » de l’asbl, l’opération « tartiflettes » rencontre un succès fulgurant, source de stress (parfois..) au QG de la maison familiale, rue des Brasseurs où tous s’activent pour fabriquer et livrer en temps et en heure le millier de tartiflettes commandées.
En plus d’un apéro organisé en novembre, plusieurs services clubs se mobilisent pour la bonne cause. L’Asbl peut aussi compter sur ses fidèles amies du Lion’s Castellerie ainsi que sur les joyeux drilles du Rotary Val d’Espierres.
Citons également parmi les généreux donateurs le Kiwanis, l’Innerwheel Mouscron Comines, jusqu’au club de motards, de scrabble,… et la journaliste Carine Bresse qui n’a jamais manqué une occasion de soutenir l’association et d’encourager la récolte de fonds via l’opération Viva for Life.
Le réseau des sympathisants ne cesse de s’élargir ! Comment pourrait-il en être autrement quand on connaît la détermination et le charisme de celle qui a sensibilisé toute une équipe à la cause des enfants démunis.
Aussi, c’est avec un réel plaisir que nous accueillons Sandrine Desrumaux parmi les baillis de Mouscron.
8/ Intronisation par le GM de Sandrine DESRUMAUX comme nouvelle Baillie d’Honneur (remise diplôme, médaille et étole)
Chère Sandrine,
Pour services rendus à la Ville de Mouscron et par la grâce des pouvoirs qui me sont conférés, je t’intronise Baillie d’honneur et Chevalier de l’Ordre des Baillis de Mouscron.
Je t’admets, te reçois et t’installe en qualité de Chevalier de l’Ordre des Baillis de Mouscron.
9/ Appel par le GM de Myriam LORIDON pour l’antenne Parkinson de Mouscron et de son parrain. (remise diplôme, médaille et étole)
J’invite maintenant Jean-François, le parrain de notre 2e invitée du jour… à qui je cède la parole.
Elle a baigné dès la petite enfance dans le social, le service à l’autre.
Aînée d’une fratrie de cinq auxquels se sont joints 2 enfants du juge, elle a toujours assuré le rôle de la grande sœur bienveillante et responsable.
Signe précurseur de son dynamisme : alors qu’elle était toute jeune et à la stupéfaction de ses parents, notre future bailllie somnambule se levait la nuit pour … passer l’aspirateur dans la maison !
Etudiante brillante mais ne voulant pas grever le budget-études de la grande famille, elle renonce aux études de médecine pour celles d’infirmière à Jeanne d’Arc.
Elle débute sa carrière aux soins intensifs au Refuge, puis aux urgences et enfin en psychiatrie dont elle devient chef de service avec les docteurs Delberghe, Delbecque et Willems.
Maman de 2 jeunes enfants, Pierre et Valentin, elle reprend des études à l’âge de 40 ans.
Sans interrompre sa carrière mais en jonglant avec les récupérations d’heures prestées les week-ends , elle suit les cours et décroche une licence en sciences hospitalières et en gériatrie à l’Université Catholique de Louvain, études de 4 ans qu’elle réalise en 2 ans seulement.
Par son métier en neurologie, elle est confrontée et sensibilisée à la maladie de Parkinson, pathologie neurodégénérative la plus répandue après l’Alzheimer. Elle touche en effet plus de 80.000 personnes déclarées en Belgique et connaît une progression exponentielle.
Parkinson n’est plus une maladie de vieux mais touche de plus en plus de personnes entre 30 et 45 ans.
A la demande du docteur Delberghe, elle fonde en 1998 l’antenne de l’Association Parkinson pour le Hainaut Occidental, association qui apporte soutien et aide aux Parkinsoniens mais aussi aux accompagnants naturels que sont les conjoints ou enfants.
Notre future baillie parcourt la Wallonie Picarde de long en large, de Ath à Warneton pour rencontrer les personnes atteintes et leur famille, à leur domicile, afin de leur expliquer la maladie, leur expliquer qu’ils ne sont pas seuls.
Elle leur propose également une panoplie d’activités afin de leur préserver une vie sociale.
Ces activités vont de réunions, conférences, visites de musées, de parc d’attraction, à des banquets et même un voyage de 3 jours en Baie de Somme.
Pour financer tout ça, l’association réalise son budget avec des bouts de ficelle et multiplie les actions pour récolter des fonds : vente de pâtés au marché de Noël des Glycines, pâtés préparés par notre future baillie (130 kg l’année passée), préparation et vente d’Irish coffee à la Balade de Ronceval du Rotary Val d’Espierres, etc. etc .
Ajoutez à cela qu’elle est membre du Lions Club Castellerie où là aussi, elle fait du social, qu’elle s’occupe du Relais pour la Vie et d’Octobre Rose, qu’elle est cofondatrice et membre du club d’œnologie de Mouscron ; vous l’aurez compris, elle est infatigable.
Elle aime l’histoire de France et de Belgique, elle adore visiter des châteaux, elle aime le bon vin et les bonnes tables mais le sommet du bonheur pour elle, c’est son petit-fils Louis , 4 ans, son dieu, son soleil.
Aux personnes qui la connaissent, qui la côtoient, j’ai demandé de la définir en 2 mots : les mots qui reviennent systématiquement sont « généreuse » et « bienveillante ».
Sous des dehors qui peuvent paraître autoritaires se cache un cœur en or, une personne magnifique.
Alors oui, Myriam Loridon, Mimi par les proches, mérite très largement d’être mise à l’honneur aujourd’hui et vos applaudissements.
Chère Myriam,
Pour services rendus à la Ville de Mouscron et par la grâce des pouvoirs qui me sont conférés, je t’intronise Baillie d’honneur et Chevalier de l’Ordre des Baillis de Mouscron.
Je t’admets, te reçois et t’installe en qualité de Chevalier de l’Ordre des Baillis de Mouscron.
10/ Appel de Anthony THUES pour les Dauphins mouscronnois et de son parrain. (remise diplôme, médaille et étole)
J’invite à présent un Bailli ayant une certaine aquaticité, je dirais même une subaquaticité certaine… à me rejoindre pour nous faire l’éloge de son filleul…
Grand Maître, la personne qu’il m’échoit de présenter est un récidiviste que je ne qualifierai point de dangereux mais de … talentueux.
En effet, il fit son apparition en cette salle lors du convent de 2002. A l’époque, officiant, le Grand Maître Daniel Salomon ne tarissait pas d’éloges à l’encontre d’un jeune talent de 19 ans.
Ce sportif s’était illustré chez le Royal Dauphins Mouscronnois au sein duquel il fit toutes ses classes dans la section water-polo. Son palmarès impressionnait dans la catégorie juniors mais également chez les seniors qu’il a rejoint durant la saison 2000-2001. Cette saison-là, notre poloïste obtint avec son club le titre de vice-champion de Belgique en juniors mais aussi le titre de champion de Belgique et vainqueur de la coupe de Belgique avec l’équipe seniors.
Il va de soi qu’un tel joueur se devait de figurer en équipe nationale et Anthony participa successivement à trois championnats d’Europe juniors à Hagen, Bari et Naples. Eh bien Grand Maître honoraire clairvoyant, vous aviez eu le nez fin car le jeune talent de l’époque n’allait pas en rester là et il continua à faire honneur à Mouscron. Depuis ce convent de 2002, notre junior, devenu homme, est le joueur le plus titré de l’histoire du water-polo belge : 10 x champion de Belgique, 6x vainqueur de la coupe de Belgique et 5x vainqueur de Super Coupe de Belgique. Ajoutons à cela 7 participations à la Coupe d’Europe des clubs champions et Coupe des Vainqueurs de coupe qui lui permirent d’évoluer avec brio dans les piscines d’Odense, Naples, Madrid, Mouscron, Barcelone, Nice, Moscou.
Après cette impressionnante énumération Grand Maître, puisque j’ai la possession du ballon, heu… de la parole, je demande un temps mort pour reprendre mon souffle.
– Accordé, mais pas plus de 5 secondes.
– Le règlement prévoit une minute.
– Reprenez immédiatement la parole ou je vous exclus pendant 20 secondes.
– Un tyran ce nouveau Grand Maître !
Mais comment se fait-il que notre homme soit devenu un champion de water-polo d’exception ?
En fait, le père, jadis joueur puis dirigeant des Dauphins, l’avait conçu à son image, rien de plus facile lorsqu’on exerce au service imagerie du CHM. Il avait fait fort puisque son épouse avait mis au monde des triplés monozygotes dont malheureusement l’un est décédé à la naissance. Sans cette funeste issue, Françoise, la maman, aurait pu coacher trois joueurs : un droitier : Athony, un gaucher : Christophe et le dernier sans doute ambidextre aurait fait un brillant gardien de but détournant les envois d’où qu’ils viennent.
Lorsqu’Anthony a intégré l’équipe première tout jeune car déjà performant pour jouer les coupes européennes à l’époque, ses coéquipiers l’appelaient « la crevette » tant il était encore frêle et mince. Cependant, il montrait immédiatement ses capacités à se défaire du marquage de ses adversaires au gabarit plus imposant, voire impressionnant pour filer vers le but et ajuster un tir sec qui faisait mouche. Ainsi, Anthony est devenu un pilier important de l’équipe. Sa rapidité, sa volonté, son tir précis et puissant en faisaient un joueur redoutable et redouté.
Lorsque le profane assiste pour la première fois à un match de water-polo, il l’assimile à un match de handball sur un plan d’eau. Tout comme au hand, les joueurs ne cessent de traverser le terrain d’une cage à l’autre, mais en étant immergés. Un match dure 32 minutes, divisées en quatre quart-temps. Les pratiquants ne cessent de nager et parcourent jusqu’à 5 kilomètres par match.
De l’avis de médecins du sport, le water-polo s’impose comme la discipline olympique la plus éprouvante physiquement car elle allie : la vitesse, l’endurance, la force, l’agilité, l’engagement physique et la technicité. Ce que le profane ignore c’est le jeu caché sous l’eau, techniquement illégal certes, mais les joueurs retiennent, saisissent, tirent et même occasionnellement frappent l’équipe adverse sous l’eau d’où la nécessité de porter un maillot de bain résistant sous peine de devenir indécent.
Que ce soit avec les Dauphins, le Cercle des Nageurs Tournaisiens, les Enfants de Neptune de Tourcoing, l’équipe nationale belge avec de multiples participations aux championnats d’Europe et du Monde, Anthony s’est illustré brillamment par son explosivité dans le domaine du sport de haut niveau.
Sur le plan professionnel, il n’est pas en reste. Après des études universitaires à la Kulak de Courtrai et à l’université de Gand, il détient une licence en Sciences Economiques Appliquées. Celle-ci lui permit d’être engagé dans différentes entreprises de la région dans lesquelles il a acquis l’expérience nécessaire afin de créer, avec un partenaire, sa propre entreprise . Il assure donc la cogérance de la Société STAT établie à Mouscron qui traite la ventilation, la climatisation , la protection solaire ainsi que les problèmes de surchauffe de bâtiments en été.
La baignoire de la place de l’Ours est vide. Ponctuellement des œuvres d’art ont remplacé les nageurs d’un temps révolu. Ce fut le berceau des Dauphins mouscronnois où décibels et poloïstes se déchaînaient lors des matchs du samedi soir. De nos jours, l’IEG a rempli d’eau le bassin d’une infrastructure plus récente et en cours d’évolution qui répond, non seulement aux besoin de la population, mais également aux clubs sportifs qui se meuvent dans l’élément liquide. Pour que progressent les poloïstes il leur fallait cet outil adapté. Grâce à celui-ci, ils continuent à performer. Ne sombrons pas dans la banalisation mais je vous rappelle que lors de la saison 2022-2023 et 2023-2024 les Dauphins furent comme en 2002 champions et détendeur de la coupe Mais cette fois-ci, Anthony n’a pas noué son bonnet mais c’est en tant que directeur manager qu’il a pu brandir ces différents trophées auxquels on doit associer une quart de finale de coupe d’Europe.
Grand Maître, le chrono indique 30 secondes pour tirer au but, enfin… je veux dire pour conclure, aussi vous demanderai-je d’accepter, sans tarder, Anthony dans notre ordre avant que ne retentisse le sifflet final.
(le grand maître siffle la fin du match)
– Je demande à Anthony Thues de venir me rejoindre.
Cher Anthony,
Pour services rendus à la Ville de Mouscron et par la grâce des pouvoirs qui me sont conférés, je t’intronise Bailli d’honneur et Chevalier de l’Ordre des Baillis de Mouscron.
Je t’admets, te reçois et t’installe en qualité de Chevalier de l’Ordre des Baillis de Mouscron.
11/ le GM annonce le 3e morceau du duo.
Avant même que vous ne scandiez « une autre, une autre », nous vous avons devancé et demandé à Bruno et Alex de nous interpréter un 3e morceau… Solsberry Hill… Messieurs…
Troisième intervention musicale du duo.
12/ Rappel par le GM de l’habituelle mise à l’honneur de jeunes talents
Appel de Matthieu LONCKE et de Daniel qui en fait son éloge. Remise du chèque, du diplôme et de la médaille ( ?)
Chaque année, les Baillis tiennent à mettre à l’honneur un jeune talent – comme Anthony il y a quelques années. Cette année n’échappera pas, fort heureusement, à la tradition car comme le disait Françoise Sagan : « la jeunesse est finalement la seule génération raisonnable »…
Nous allons peut-être le prouver cette année encore en écoutant le grand maître honoraire Daniel, dresser le portrait du jeune talent que nous avons décidé de mettre à l’honneur cette année.
Daniel, c’est à toi…
Cher Grand Maître, Mesdames et Messieurs les Baillis,
Mesdames, Messieurs,
Il nous arrive de rencontrer une connaissance ou un ami qui, tout-à-coup est devenu rayonnant, qui irradie d’un bonheur de vivre. Souvent, cet état est dû au fait que la personne est tombée amoureuse ou qu’elle a été l’objet d’un appel divin. C’est ce qu’a vécu le papa du jeune Matthieu Loncke avec son fils âgé alors de 12 ans, à l’issue d’une fête de famille. Ce papa a en effet retrouvé son fils le soir vraiment rayonnant, nimbé d’un halo de lumière céleste. Non, Matthieu n’était pas tombé amoureux et n’avait pas fait l’objet d’un appel divin mais, ce jour-là, le jeune Matthieu avait découvert le jeu d’échecs.
Un grand joueur d’échecs parle très bien de ce choc ; il dit : « Lorsqu’on joue pour la première fois aux échecs, on est comme un malade en incubation. On se balade sans savoir que l’on est déjà infecté. Mais même si le sujet semble sain, il a attrapé le virus et celui-ci est déjà en train de faire son effet. »
C’est exactement ce qui est arrivé au jeune Matthieu puisque cette découverte ne fut pas pour lui un amour fugace, mais une véritable passion à laquelle, depuis, il se voue à corps et intelligence perdus.
Mais qu’est-ce que ce jeu d’échecs peut bien avoir de magique pour enclencher de telles passions, ce qui n’arrive pas avec le jeu des 1000 bornes ou avec la belote … ?
Dans son dernier court roman intitulé « Le joueur d’échecs », l’écrivain autrichien Stefan Zweig parle très bien de ce jeu … qui n’est d’ailleurs peut-être pas vraiment un jeu. Il en dit : » Ce jeu royal est le seul entre tous les jeux inventés par l’homme qui échappe souverainement à la tyrannie du hasard, le seul où l’on ne doit sa victoire qu’à son intelligence ou plutôt à une certaine forme d’intelligence. » Et Zweig continue en écrivant : »C’est un jeu unique, qui appartient à tous les peuples et à tous les temps et dont personne ne sait quel dieu en fit don à la terre pour tuer l’ennui, pour aiguiser l’esprit et stimuler l’âme. »
C’est vrai, on ne connaît pas l’origine exacte de ce jeu vieux quand même de plus de 1500 ans. On pense que les échecs sont nés d’un jeu indien, le chaturanga, avant les années 600 de notre ère. Transmis aux Perses puis aux Arabes, il a atteint l’Europe au XVIème siècle et s’est peu à peu transformé en la version que l’on connaît aujourd’hui. De nombreuses fables et légendes bien entendu s’inscrivent dans la fabuleuse histoire du jeu d’échecs. Une de ces fables, au hasard, ou presque, raconte que le roi Salomon joua aux échecs pour éblouir la Reine de Saba. Mais c’est une légende … … quoique …
C’est dans cette belle et longue histoire du jeu d’échecs que le jeune Matthieu s’inscrit, brillamment d’ailleurs. Après l’émerveillement de sa découverte, Matthieu a reçu de son papa une initiation au jeu plus poussée mais, très vite, assimilant tout avec une déconcertante facilité, Matthieu n’a plus laissé à son papa la moindre chance de le battre ! Il lui fallait, pour progresser, s’ouvrir à d’autres horizons. Matthieu s’est alors inscrit au club d’échecs de Mouscron où de dévoués instructeurs expérimentés lui ont enseigné les subtilités de ce jeu.
Très vite, le gambit du roi, la défense sicilienne, l’ouverture d4 d5, le coup du berger et la position de Philidor n’eurent plus de secrets pour lui. Ses progrès furent tels qu’il lui fallut très vite élargir son champ de joueur, dans d’autres clubs, pour trouver des adversaires à son niveau. Après des passages dans les clubs de Tournai et de Baisieux, c’est à Boulogne-sur-Mer, évoluant en division nationale 1 en France qu’il s’est affilié et au club de Wavre, à leur invitation, pour le versant belge.
Mais le club de Mouscron reste son club de cœur et il y retourne d’ailleurs régulièrement, notamment pour y jouer des parties simultanées, face à une quinzaine de joueurs.
Sa passion pour les échecs l’amène évidemment à participer à de nombreux tournois à travers le monde. Il parcourt ainsi la Belgique, a participé deux fois à l’open de Reykjavik en Islande et au championnat du monde des moins de 20 ans à Mexico en 2023.Lors d’un tournoi au Cap d’Agde, Matthieu a pu accrocher à sa ceinture le scalp d’une grande pointure ukrainienne aux échecs. Matthieu a été champion de Belgique francophone en U20 et champion de Belgique de parties rapides en 2022. Il est aussi diplômé comme « coach national » par la Fédération internationale des échecs. Je ne vous parle pas de son score ELO , qui classe les joueurs selon leurs succès dans des tournois, car ce score vous ferait toutes et tous pâlir d’envie. L’ambition de Matthieu est de devenir Grand Maître.
…
Oh, rassurez-vous Grand Maître Christian, il ne prépare pas de putsch, ce n’est pas GM des Baillis qu’il veut devenir mais GM dans le domaine des échecs bien entendu. Et à mon avis, il est bien parti pour y parvenir .. !
Après une année sabbatique consacrée entièrement à l’exercice de sa passion, Matthieu suit désormais une formation en langues modernes à Louvain-la-Neuve. Avec la détermination qu’on lui connaît, je ne crois pas qu’il doive, dans ces études, craindre … l’échec !
Mmes, MM, les Baillis sont heureux et fiers de mettre à l’honneur Matthieu Loncke, ce jeune homme brillant qui peut servir d’exemple à suivre et qui porte brillamment et au loin la réputation de notre ville de Mouscron. Nous l’invitons donc à se présenter devant notre GM, non pas pour entamer une partie, mais pour recevoir différents témoignages de notre admiration et nos encouragements, et ce sous les vibrants applaudissements de l’assemblée.
En l’an de grâce 2024, ce jourd’hui 6 octobre, moi, Grand Maître et Bailli titulaire avec charge du Fief des Ramées, suis heureux et fier de mettre à l’honneur Matthieu Loncke.
Cette mise à l’honneur par l’Ordre des Baillis de Mouscron est un témoignage de leur gratitude envers Matthieu, qui porte bien haut la renommée de notre bonne ville.
A cette occasion, j’ai le plaisir de lui remettre ce diplôme et ce chèque de 250€.
Remise de chèque, médaille et diplôme par le GM à Matthieu LONCKE.
13. Remerciement par le GM et envoi final
Voilà, c’est ici que nous refermons l’album de nos héros de ce 49ème Convent. J’espère ne pas avoir été trop long (en tout cas pas plus que mon prédécesseur)…
Permettez-moi, gentes dames, nobles seigneurs, de perpétuer une tradition que Roby et Daniel installèrent et à laquelle je ne peux qu’adhérer : c’est de clore ce Convent avec quelques mots de remerciements exprimés en vers.
Pour ce faire, je me suis inspiré de la Complainte amoureuse d’Alphonse Allais qu’il a écrite essentiellement au passé simple et à tous les subjonctifs qui en découlent… malgré les risques encourus…
Dès l’instant que nous vous vîmes,
Chers amis, vous nous plûtes ;
De l’amour qu’en vos yeux nous prîmes,
Sur-le-champ vous vous aperçûtes ;
Et avec quel enthousiasme vous reçûtes
Les airs que nos amis, pour vous, prirent !
Combien rendîtes-vous de soupirs !
De quelle patience vous fûtes !
Et quel profond respect vous eûtes
Pour les baillis et talent que nous vous présentâmes!
Des textes des parrains et marraines vous vous délectâtes : et dans votre sagesse vous sûtes
Apprécier ce qui fut dit.
Et je ne sais comment vous pûtes
Derrière mes maladresses voir ce que j’y mis.
A mon tour faudrait-il que je vous remerciasse
Que mes deux grands-maîtres-gardiens
j’embrassasse
Qu’à la ville de Mouscron et à sa bourgmestre nous adressâmes
Nos remerciements pour nous avoir donné le temps d’un dimanche, de cet écrin, le sésame
Que nos remerciements à toutes celles et ceux qui rendirent possible ce rendez-vous, aussi, allassent
Que discrètement, maintenant, l’autre Christian … j’invitasse
A lancer notre chant de ralliement
Avant de partager le verre de l’amitié
Et pour éviter, surtout, que je ne vous agaçasse
Et que vous ne m’assassinassiez !
14. Chant final.
« Bé qu’in est fir d’êt’mouscronnos.
Bé! Qu’in est fir d’êt Mouscronnos
Pus hiards que nous aut’s, y n’ d’a pos!
In peut faire eul tour de la terre.
Ch’est bin Mouscron qu’tertous préfère!
Mouscron, qu’in vot si volintis
Qu’int n’tchang’rot pos, même pou’ Paris
Y’a pos in est heureux comme des pichons dins l’eau.
Bé! Qu’n est fir d’êt Mouscronnos’ Oh! Oh! Oh!
15/ Verre de l’amitié.
A notre santé !
Roby Vandaele – Christian Debaere
6/10/2024
